Coronavirus : Internet infesté par les arnaques et les fake news

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Certains vendeurs tiers sur Amazon profitent de la paranoïa pour vendre des produits bien au-delà de leur prix habituel.
Certains vendeurs tiers sur Amazon profitent de la paranoïa pour vendre des produits bien au-delà de leur prix habituel. (Crédits : DR)
Publicités frauduleuses pour des remèdes miracles, masques et gels désinfectants vendus à des prix exorbitants sur les marketplaces, fake news et théories du complot… La peur du virus Covid-19 entraîne une épidémie d’arnaques sur la Toile. Facebook, Twitter, Amazon, Le Bon Coin ou encore Google tentent -sans grand succès- d’endiguer le phénomène.

156 euros le bidon de 5L d'un gel désinfectant qui coûte d'ordinaire une trentaine d'euros. 370 euros le sachet de 10 masques de protection jetables, soit 37 euros le masque, alors que le prix « normal » se situe plutôt autour de 5 euros l'unité. Sur la marketplace d'Amazon, certains vendeurs n'hésitent pas à profiter de l'épidémie de coronavirus pour proposer des produits à des prix indécents, comptant sur la crédulité d'acheteurs paniqués.

Le Bon Coin arnaque coronavirus

[Exemple d'une arnaque -probablement ironique ?- sur Le Bon Coin]

Vaccins miracles et masques de protection soi-disant 100% efficaces

Le même opportunisme s'étale sur la plupart des marketplaces, à commencer par Le Bon Coin et Facebook. Contrairement à Amazon, ces plateformes sont ouvertes aux particuliers. On y trouve donc encore plus de « perles », comme ce masque « 100% fait main » composé en réalité d'un simple mouchoir en papier relié à des élastiques par des trombones et vendu 250 euros, ou cet internaute de Besançon qui demande 100 euros pour quelques tiges de forsythia « idéales pour l'extraction d'une huile essentielle appropriée contre le coronavirus ».

Certaines de ces arnaques sont même amplifiées par des publicités frauduleuses. Sur Facebook, Twitter ou Instagram, les annonces ventant des remèdes miracles qui n'existent pas, comme des « vaccins anti-coronavirus » ou des masques « efficaces à 100% », pullulent. Face au phénomène, le réseau social a enfin réagi fin février, en chassant toute publicité « qui fait référence au coronavirus pour créer une panique ou laisser entendre que ses produits constituent un remède ou empêchent les contaminations ». De son côté, d'après le magazine Wired, Amazon s'est lancé dans une grande opération de nettoyage pour supprimer les articles au marketing mensonger et vendus trop cher. Pas très efficace, comme en témoigne une simple recherche sur la plateforme :

Arnaque Amazon

[Sur Amazon, des vendeurs tiers proposent des masques de protection aux prix exorbitants]

Epidémie de fake news

L'autre gros problème auquel sont confrontées les plateformes sur Internet est l'épidémie de fake news autour du Covid-19. Sur Facebook particulièrement, les théories du complot et autre fausses nouvelles sur l'origine du virus, sa prolifération en France et dans le monde, et les remèdes pour s'en prémunir et le guérir, sont devenues très virales.

Depuis fin janvier, les plateformes font leur maximum pour repérer et supprimer ces fausses nouvelles le plus vite possible. Facebook, par exemple, affiche dans le fil d'actualité un message incitant les utilisateurs à s'informer via des sources officielles comme l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ou le gouvernement. Lorsque des acteurs officiels signalent des fake news, Facebook mobilise son armée de modérateurs et de fact-checkeurs pour supprimer la publication concernée et promouvoir l'information vérifiée.

"En moyenne, cela permet de réduire la distribution de ces fausses informations d'environ 80%, précise le réseau social. Nous envoyons également des notifications aux utilisateurs qui ont déjà partagé ou tentent de partager ce contenu pour les avertir qu'il a fait l'objet d'un fact-checking par l'un de nos partenaires."

En réalité, la lutte de Facebook montre très vite ses limites. De nouveaux faux contenus sont sans cesse créés et partagés, illustrant toute la difficulté des plateformes pour réagir efficacement face à la viralité des fake news sur des sujets qui font la une de l'actualité. La Tribune a mené sa propre expérience. En tapant le mot-clé "coronavirus" dans la barre de recherche de Facebook, nous tombons effectivement sur des groupes qui promeuvent une information vérifiée. Mais ce n'est pas une barrière efficace contre les fake news. Sur la page Coronavirus France, un groupe public qui vise à regrouper l'information sur le virus et qui se targue de supprimer toute publication mensongère, les théories du complot vont pourtant bon train. "La Chine a menti, c'est 250.000 morts déjà. Ils brûlent 1.200 personnes par jour dans 49 crématorium d'urgence", commente l'internaute Clément D sous un article d'une source vérifiée. Et de joindre le lien vers la "preuve", une vidéo publiée par le groupe "Réveillez-vous - Le pouvoir au peuple", qui reprend elle-même un contenu créé par un obscur site américain pro-Trump. Facebook a supprimé le lien, mais l'internaute a réagi en incitant ceux qui veulent accéder à la vidéo à aller sur son profil, qui mène à la page conspirationniste. En trois clics, l'utilisateur peut donc passer d'un article sérieux à une fake news et à sa constellation de contenus du même type.

Gare aux arnaques par e-mail !

En plus des fausses nouvelles qui entretiennent la paranoïa, les internautes peuvent aussi être confrontés au phishing, ou hameçonnage, cette pratique malveillante qui consiste à récupérer les données personnelles en infectant un ordinateur via une pièce jointe contenant un virus.

En se faisant passer pour de fausses agences de santé gouvernementales, des hackers envoient des courriels qui affirment dans leur objet contenir des informations capitales sur la propagation du covid-19. Certains internautes inquiets, particuliers ou entreprises, cliquent sur les pièces jointes et infectent ainsi leur ordinateur. D'après les experts en cybersécurité de l'entreprise IBM, cette pratique a surtout été observée au Japon, où un virus dissimulé dans une pièce jointe permettait de voler des données privées et bancaires en ligne.

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Commentaires
a écrit le 03/03/2020 à 2:28 :
N'oubliez pas que tous les malades, y compris les personnes venant de subir une intervention chirurgicale, sont maintenant soignées chez elles. Se sont des personnes fragiles.
Etant donné que le gouvernement ne fait rien pour les protéger, les familles se débrouillent comme elles peuvent quitte à se faire arnaquer, pour ne pas mettre plus, la personne malade en danger.
Mon dernier frère est diabétique, donc personne en danger ;
Mon autre frère vient de sortir de clinique et est chez lui avec une hypertension de 200, donc très en danger !

Merci quand même pour cette article. Mais, s'il y arrive quoique se soit à un membre de ma famille, je contacte un avocat pour une action de groupe contre ce gouvernement !!
Cela ne s'est jamais vu mais il faut bien commencer un jour !!
a écrit le 01/03/2020 à 7:16 :
La Tribune ferait bien d'éviter de sortir des conneries, en effet, hier soir au journal de France 2, il était clairement dit que les "ennemis" l'Iran et la Chine mentait sur la réalité, alors pourquoi pas la France. Je précise par ailleurs que certains médecins disent tout le contraire du directeur de la santé. Alors, les fakes news sont partout. Les radios ne disent pas les mêmes choses que la TV etc.... En réalité personne ne sait rien et surtout pas sur la vraie dangerosité de ce virus. En fait si en se lavant les mains, on ne risque rien c'est que le virus est peu puissant. Dans la réalité, l'important c'est le système immunitaire qui doit être capable de détecter le virus et de le tuer. C'est son boulot mais uniquement pour les personnes qui en ont un !!!
a écrit le 29/02/2020 à 10:41 :
Les médias de masse fragilisent nos cerveaux afin de nous faire consommer sans penser, pire, afin de nous faire penser que le bonheur et le but de la vie même seraient dans la consommation, des petits malins exploitants ces failles existeront toujours.

Ce qui est choquant par contre c'est quand l’État leur permet ouvertement, confère le démarchage- harcèlement téléphonique.
a écrit le 29/02/2020 à 8:22 :
I n'y a pas que sur le net que l'arnaque prolifère: certaines pharmacies font exploser les prix en se cachant derrière leurs fournisseurs. Moi je dis: tous à la burka !
a écrit le 28/02/2020 à 18:14 :
Si le Covid 19 se développe aussi vite que les Fake news et les arnaques, alors il y a du souci à se faire. Fermer les frontières est une solution pour limiter la propagation du virus, mais fermer Facebook, Tweeter et consorts serait une mesure de salut public autrement plus salutaire.
a écrit le 28/02/2020 à 17:58 :
Tout ce qui est excessif est insignifiant . Ce n'a jamais été aussi vrai !
Une grippe ordinaire tue beaucoup plus que ce virus et personne n'en parle ! Et pourtant ça revient tous les ans .Les Bourses avaient atteint des niveaux délirants sans relation avec les fondamanetaux de l'économie réelle : normal que ça surréagisse et s'effondre.
Tout celà amplifié par le net et la dictature de l'instant : plus personne n'analyse , ne réfléchit avant d'agir . Vive le bon sens , il triomphe toujours de ces excès .
a écrit le 28/02/2020 à 17:18 :
Vive la toile et ttes ces plateformes de m....qui profitent de la crédulité des gogos et de la détresse des gens pour s'engraisser, telles des araignées gobant le moindre insecte.
Mais posséder un smartphone ou un portable connecté ne rend pas moins c.. qu'avant.
a écrit le 28/02/2020 à 17:18 :
Il ne faut pas céder à la panique et à la psychose, je pense que les médias, les autorités devraient passer des messages dans ce sens et distribuer «  gratuitement «  des protections et ne pas permettre escroqueries en ligne .
a écrit le 28/02/2020 à 16:33 :
Pourquoi les médias vont ils chercher leur source sur internet jouant ainsi les mégaphones pour ceux qui l'ignoreraient encore?

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