Microsoft, Apple, Foxconn... comment le coronavirus grippe les "big tech"

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Apple a annoncé mi-février ne pas pouvoir atteindre ses prévisions de chiffre d'affaires pour le trimestre en cours en raison d'un ralentissement de la production, couplé à une baisse de la demande en Chine.
Apple a annoncé mi-février ne pas pouvoir atteindre ses prévisions de chiffre d'affaires pour le trimestre en cours en raison d'un ralentissement de la production, couplé à une baisse de la demande en Chine. (Crédits : LEONHARD FOEGER)
Pénuries de composants, usines à l'arrêt ou au ralenti, transports paralysés... L'épidémie du coronavirus impacte fortement le secteur de la tech car la grande majorité des produits sont fabriqués et assemblés en Chine.

La liste des entreprises tech impactées par le coronavirus s'allonge. Microsoft a annoncé ce mercredi 27 février qu'il ne serait pas en mesure d'atteindre ses prévisions de chiffre d'affaires pour le trimestre en cours. L'éditeur de logiciels tablait jusqu'ici pour des revenus compris entre 10,75 et 11,15 milliards de dollars pour sa division "informatique personnelle", qui comprend notamment Windows et sa gamme d'ordinateurs Surface. Aucune nouvelle prévision n'a été indiquée.

"Bien que nous constatons une forte demande Windows conforme à nos attentes, la chaîne d'approvisionnement revient à ses activités normales à un rythme plus lent que prévu", justifie l'entreprise américaine dans son communiqué de presse.

Initialement, les fermetures de lignes de production et d'usines en Chine devaient courir jusque fin janvier, traditionnelle période de vacances et de célébration du Nouvel an chinois. En raison de la vitesse de propagation du coronavirus, les fermetures ont rapidement été prolongées jusqu'au 10 février avec pour conséquence, un retard accumulé dans les chaînes de production.

Apple et son sous-traitant Foxconn au ralenti

Même problème pour Apple. La firme de Cupertino, qui s'était déjà montrée prudente lors de la publication des résultats trimestriels fin janvier, a estimé le 17 février ne pas pouvoir atteindre ses prévisions pour le trimestre en cours. En cause : un ralentissement de la production, couplé à une baisse de la demande en Chine. Apple tablait initialement sur un chiffre d'affaires entre 63 à 67 milliards de dollars, mais n'a pas livré de nouvelles prévisions.

"L'approvisionnement d'iPhone à l'échelle mondiale est temporairement restreint. Bien que nos sites de production partenaires soient situés en dehors de la province d'Hubei (ndlr, épicentre de l'épidémie du nouveau coronavirus), et que ces sites aient rouvert, la reprise de l'activité est plus lente que prévue", affirme le groupe de Tim Cook.

Apple souligne également une demande de produits "perturbée" en Chine. "Toutes nos enseignes en Chine et de nombreux magasins revendeurs ont dû fermer. De plus, les Apple Store ouverts ont des horaires d'ouverture réduits et sont beaucoup moins fréquentés", poursuit l'entreprise américaine. Or, la Chine est un marché important pour Apple, puisqu'elle représentait 15% de ses revenus lors du précédent trimestre. Depuis son annonce à la mi-février, le cours de Bourse du fabricant d'iPhone a chuté de 10% environ.

Son principal sous-traitant, le géant taïwanais Foxconn, a confirmé dans la foulée que l'épidémie du coronavirus allait également affecter son chiffre d'affaires, sans en préciser l'impact. Les autorités chinoises ayant mis en place des restrictions pour éviter la propagation du virus, le déplacement des salariés sur ses sites de production et le transport des marchandises en pâti. Le groupe table sur un redémarrage de ses usines en Chine à 50% de leurs capacités d'ici la fin du mois, selon une source interrogée par Reuters. Selon le courtier KGI, le chiffre d'affaires du premier sous-traitant mondial pour l'électronique grand public pourrait plonger de 46% sur ce trimestre.

Vers une pénurie de composants ?

De manière générale, c'est l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement de la tech qui devrait être impactée : pénuries potentielles de composants, usines au ralenti ou à l'arrêt, transports paralysés... "Comme la plupart des travailleurs des sites de fabrication de semi-conducteurs en Chine viennent de l'extérieur des villes, les pénuries de main-d'œuvre et les restrictions de circulation feront baisser les taux de reprise du travail plus que prévu", illustre le cabinet d'analyse TrendForce, dans une étude publiée le 17 février.

Certains composants, comme les modules de caméra, viendraient déjà à manquer, selon le cabinet. Conséquence : la production de smartphones devrait baisser de 12% sur la période en glissement annuel, "ce qui en ferait le trimestre avec la production la plus faible des cinq dernières années", selon TrendForce.

"En raison de l'interdépendance de l'économie mondiale, la progression de l'épidémie en Chine endommage non seulement le PIB de la Chine, mais aussi l'économie mondiale dans son ensemble, entraînant une réduction du pouvoir d'achat des consommateurs et, par la suite, un défi difficile pour l'ensemble de l'industrie des smartphones", alerte le cabinet d'analyse.

Une baisse de production importante est également attendue pour les montres connectées (-16%), les ordinateurs portables (-12,3%), les enceintes (-12,1%) et les consoles de jeux vidéo (-10,1%).

Le cabinet Canalys s'est penché exclusivement sur les prévisions de livraisons mondiales de PC pour 2020, et a dressé deux scénarios possibles au regard de l'évolution du coronavirus, dans une étude publiée le 20 février. Dans le pire des cas, il faudra attendre juin pour que les niveaux de production atteignent de nouveau leur pleine capacité, contre avril dans le meilleur des scénarios. Dans la première hypothèse, 2020 serait marqué par un repli des livraisons mondiales de PC de 8,5% à 362 millions d'unités. Dans la seconde, la chute serait maîtrisée à -3,4%, comparé à 2019, à 382 millions d'unités. Canalys s'attend, "avec 80% de certitude", à ce que le meilleur des scénarios s'impose.

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a écrit le 27/02/2020 à 20:22 :
Jusqu'à maintenant, le Corona virus était estimé à une imputation de 0.1% de la croissance mondiale. Ca c'était quand il était en Chine. Maintenant qu'il est en Europe, on peut facilement doubler ce chiffre. Et s'il arrive aux USA, ça sera la vraie panique, et bye bye les bourses mondiales. C'est une vraie plaie ce virus.
a écrit le 27/02/2020 à 15:22 :
C'est dommage les smartphones 5G ne vont pas arriver à temps, quel malheur (suis encore en 2G, dinosaure).
Fabriquer est devenu un puzzle parfois mondial, une auto a des pièces venant, en flux tendu, de divers site & pays. L'électronique aussi, un élément manque et la production est bancale, même si c'est pas assemblé en Chine. Si Apple voulait tout faire aux USA comme Trump lui conseille, ça veut dire l'entièreté de tout ce qui constitue un appareil, vaste projet...
Le vieux système de stock, coûteux (argent immobilisé) mais pratique pour amortir les aléas, il va peut-être ressurgir, partiellement (point trop n'en faut)?
Réponse de le 27/02/2020 à 15:58 :
Oh ! on va manquer de nos prochains tamagoshi yoshi ?

RAF !

"Le vieux système de stock, coûteux"
Ca n'est pas un autre système c'est juste (leblanc) un ajustement du niveau de stock de sécurité.

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