Cyberharcèlement, fake news : le Pdg de Twitter fait son mea culpa

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Jack Dorsey, Pdg de Twitter, regrette le manque d'efficacité des entreprises de la tech dans leur lutte contre les fake news et le cyberharcèlement.
Jack Dorsey, Pdg de Twitter, regrette le manque d'efficacité des entreprises de la tech dans leur lutte contre les "fake news" et le cyberharcèlement. (Crédits : Reuters/Chris Wattie)
Jack Dorsey, Pdg de Twitter, a admis mardi 12 février le manque d'efficacité des actions des entreprises de la Silicon Valley en matière de cyberharcèlement et de "fake news". Le site de microblogging a pourtant mis l'accent sur sa lutte "anti-trolls" depuis deux ans - quitte à perdre des utilisateurs.

Un « énorme échec ». C'est en ces termes que Jack Dorsey, Pdg de Twitter, désigne l'action des entreprises la Silicon Valley en matière de cyberharcèlement et de fake news. Jack Dorsey s'est exprimé sur le sujet mardi 12 février, en tweetant sur le site de microblogging que les plateformes numériques n'ont pas fait assez pour lutter contre ces nouveaux fléaux :

« Nous avons fait des progrès, mais les [efforts] ont été dispersés et pas assez ressentis », a-t-il écrit. « Changer l'expérience n'a pas été assez significatif. Et nous imposons la majeure partie du fardeau aux victimes d'abus (c'est un énorme échec) », a admis le patron de Twitter.

Selon Reuters, Jack Dorsey a déclaré qu'il n'aimait pas la façon dont Twitter avait tendance à inciter au scandale, aux réflexions à court terme, aux chambres d'écho, aux conversations fragmentées... Et que le manque de diversité au sein de l'entreprise n'avait pas aidé à combattre de tels problèmes.

Sous le feux des critiques depuis 2016

Depuis 2016, Twitter est sous le feu des critiques, au côté de Facebook. Ces réseaux sociaux sont accusés de faciliter la désinformation avec la prolifération de fake news - notamment lors de l'élection présidentielle américaine -, mais aussi du cyberharcèlement. Dernier scandale en date, qui a éclaté cette semaine : "la Ligue du lol", un groupe Facebook accusé d'avoir harcelé des dizaines de personnes sur Internet, en particulier des femmes. Ce groupe était particulièrement actif entre 2009 et 2012, et regroupait une trentaine d'utilisateurs populaires de Twitter à l'époque, dont plusieurs journalistes.

Créé en 2006, le site de microblogging a longtemps été à la traîne pour contrer les "trolls", ces comptes qui commentent les publications de façon ironique ou haineuse. Très souvent anonymes, ces comptes peuvent être générés par de vraies personnes ou des "bots" (contraction de "robots", désignant ici des logiciels automatisés). Pour identifier les "comportements de trolls", Twitter utilise un faisceau d'indices : si un compte n'a pas confirmé son adresse mail, si la même personne utilise plusieurs comptes simultanément, tweetant en rafale, ou mentionnant des comptes qui ne la suivent pas, ou tout comportement qui pourrait évoquer une "attaque coordonnée".

Une lutte "anti-trolls" assidue... quitte à perdre des utilisateurs

Depuis deux ans, Twitter multiplie les actions "anti-trolls" pour « améliorer la qualité, l'ouverture et la civilité des débats publics », expliquait l'année dernière l'entreprise dans une note de blog. En février 2017, Twitter a annoncé un système empêchant les personnes radiées de la plateforme de se créer un nouveau compte avec une autre identité. Deux mois plus tard, l'entreprise américaine a pris une décision jugée surprenante et superficielle... en décidant de supprimer les photos de profil "œuf", affichées par défaut lors de la création d'un compte, au profit d'une silhouette anonyme.

Sa lutte s'est intensifiée en 2018, avec l'instauration en mai dernier de nouveaux filtres pour réduire la visibilité des publications de "trolls".

« Le résultat est que les personnes contribuant à une conversation saine seront plus visibles dans les conversations et la recherche», affirmait alors l'entreprise.

Le site de microblogging a ensuite annoncé en juillet dernier suspendre 70 millions de comptes en deux mois. Conséquence logique : Twitter accuse une baisse du nombre d'utilisateurs mensuels actifs - un des critères particulièrement scrutés par les analystes -, avec 321 millions d'usagers en 2018, contre 330 millions en 2017 (-3%). Jack Dorsey a pourtant affirmé vouloir renforcer cette stratégie en 2019 afin d'être en ordre de bataille à horizon 2020 pour les prochaines élections présidentielles américaines.

Lire aussi : Première année de rentabilité : Twitter récolte les bénéfices de sa lutte "anti-trolls"

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Commentaires
a écrit le 13/02/2019 à 14:52 :
Passionnante saga, on croit qu'on a touché le fond et soudain on continue de s'enfoncer. Monsieur Dorsey, pour lutter contre la fuite des utilisateurs, Zuckerberg a trouvé la parade: les faux comptes. C'est imparable !

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