Faux avis : Google met en place des sanctions au Royaume-Uni, une première
latribune.fr
Selon les estimations de la CMA, les avis en ligne influencent les dépenses des consommateurs britanniques à hauteur d'environ 27 milliards d'euros par an.
À l'origine de ce résultat, une enquête de la Competition and Markets Authority (CMA) sur le géant du web. Le régulateur britannique a obtenu de Google des mesures répressives pour les sociétés récidivistes.
Face au fléau des faux avis sur la toile, le géant des technologies décide de bouger au Royaume-Uni. Selon le régulateur britannique de la concurrence, Google s'est ainsi engagé à sanctionner les entreprises britanniques qui publient de faux avis sur sa plateforme.
À l'origine de ce résultat, une enquête de la Competition and Markets Authority (CMA) sur le groupe, soupçonné d'« enfreindre la législation sur la protection des consommateurs en n'agissant pas suffisamment pour les protéger des faux avis ». L'institution avait notamment pointé « une détection et une suppression insuffisantes des faux avis, une inaction face à des comportements suspects, et une absence de sanctions adéquates ».
« Notre travail avec les régulateurs du monde entier, y compris la CMA, fait partie de nos efforts continus pour lutter contre les faux contenus », a réagi dans un communiqué Google, qui dit « bloquer des millions de faux avis chaque année, souvent avant même qu'ils ne soient publiés ».
Des sanctions pour dissuader
Google s'est donc engagé à renforcer ses mesures de détection des faux avis, afin de mieux les supprimer, mais aussi de suspendre les comptes qui les ont publiés. Les entreprises qui auraient artificiellement tenté d'améliorer leurs évaluations « verront apparaître des alertes visibles sur leurs profils Google pour informer les consommateurs » qu'une activité suspecte a été détectée.
Par ailleurs, la publication de nouveaux avis pourra être suspendue et les entreprises récidivistes verront leurs avis supprimés pour 6 mois au minimum. « Les changements que nous avons obtenus de Google garantissent la mise en place de processus robustes, permettant aux consommateurs d'avoir confiance », se félicite Sarah Cardell, directrice générale de la CMA.
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Selon les estimations de la CMA, les avis en ligne influencent les dépenses des consommateurs britanniques à hauteur d'environ 23 milliards de livres (27 milliards d'euros) par an, en particulier dans le secteur du tourisme. Les recherches montrent que 89 % des consommateurs consultent des avis en ligne lorsqu'ils recherchent un produit ou un service. Une enquête équivalente de la CMA sur Amazon est toujours en cours.
Une autre enquête sur Google Chrome
Au Royaume-Uni, Chrome, le moteur de recherche de Google, est aussi dans le collimateur du régulateur. La CMA a ainsi ouvert une enquête sur « la position de Google » sur le marché des moteurs de recherche, ainsi que sur « son impact sur les consommateurs et leurs entreprises ». Concrètement, cette investigation aura pour but de savoir si Google doit être considéré comme « société stratégique sur le marché ». Un statut qui lui imposerait des exigences particulières dans le domaine de la concurrence numérique.
Le régulateur britannique cherche à « savoir si Google utilise sa position pour empêcher l'innovation par d'autres » entreprises, ou pour « privilégier ses propres services », notamment dans le domaine des « recherches spécialisés couvrant les achats et les voyages ».
En outre, la CMA tentera de savoir Google collecte et utilise « de grandes quantités de données (...) sans consentement éclairé, ainsi que sur l'utilisation du contenu de créateurs en l'absence de conditions générales équitables (y compris au niveau des conditions de paiement) ».