H-1B, le visa de discorde entre les trumpistes et la Silicon Valley
Marine Protais
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Rachel Wisniewski
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À quelques jours de l'investiture du nouveau président, les MAGA (Make America great again, les partisans de Donald Trump) se déchirent autour du sujet de l'immigration et plus particulièrement du visa de travail H-1B. Celui-ci est, en effet, largement utilisé par les entreprises de la Silicon Valley, qui recrutent près de 40 % de personnes nées à l'étranger.
La controverse a éclaté après la nomination de Sriram Krishnan, un investisseur d'origine indienne, en tant que conseiller pour l'intelligence artificielle. Naturalisé américain en 2016 après avoir travaillé chez Microsoft, Snap et Facebook, il est devenu la cible de commentaires racistes sur X, émanant de partisans de Donald Trump qui s'opposent à l'immigration.
Dans son podcast, Sriram Krishnan a critiqué la complexité du système d'immigration américain et a appelé à la fin des restrictions sur les cartes vertes (les permis de résident permanent aux États-Unis). Son profil est ainsi considéré comme incompatible avec les valeurs de l'électorat trumpiste. Laura Loomer, militante d'extrême droite et l'une des premières à réagir, a déclaré sur X que cette nomination était « dérangeante » et en contradiction avec la politique d'« America First » défendue par Donald Trump.
La polémique s'est ensuite cristallisée autour du visa H-1B, même si Sriram Krishnan n'a jamais pris position sur ce sujet ni bénéficié de ce visa. Laura Loomer a qualifié le dispositif de « menace pour la souveraineté du pays et la sécurité nationale », dans des déclarations faites sur X et auprès du New York Times.
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Créé en 1990, le visa H-1B est un pilier du recrutement dans l'industrie technologique. Il offre aux entreprises un moyen d'embaucher des talents étrangers hautement qualifiés — informaticiens, scientifiques, ingénieurs... La tech reste la principale industrie à y avoir recours. En 2024, les Big Tech, dont Amazon, Microsoft, Google et Apple, ont recruté plus de 30.000 bénéficiaires de ce visa, selon des données du département américain de l'Immigration rapporté par le Wall Street Journal. Amazon est en tête, avec 9.265 recrues. Malgré un plafond annuel fixé à 85.000 visas, la demande dépasse largement l'offre. Une loterie permet de réduire le nombre de candidatures, avant que les qualifications des candidats sélectionnés ne soient examinées.
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Marine Protais