Rira bien qui rira le dernier, semblait narguer Elon Musk en juillet dernier quand Twitter le traînait en justice après l'annonce du refus du milliardaire de racheter le réseau social, alors qu'il s'y était engagé trois mois plus tôt. Mais il semblerait que dans cette histoire rocambolesque, le grand gagnant soit finalement Twitter, ou plutôt ses actionnaires. Le 4 octobre, Elon Musk a réalisé une nouvelle volte-face en acceptant de payer les 44 milliards de dollars promis en avril, à la condition d'annuler le procès qui devait se tenir du 17 au 21 octobre.
Les actionnaires de Twitter peuvent se frotter les mains : Elon Musk accepte d'acquérir la plateforme pour 54,20 dollars l'action, soit largement au-dessus du cours actuel de l'entreprise, qui naviguait autour de 40 dollars dans le mois avant l'annonce. La capitulation de Musk a eu l'effet de booster le cours, qui remontait à 52 dollars dans les échanges post-clôture, soit son plus haut historique depuis que Musk a annoncé son intérêt pour Twitter, début avril. Le 25 avril, le jour où l'entrepreneur a proposé de racheter l'intégralité du réseau social, l'action atteignait 51,70 dollars. Depuis, elle avait chuté jusqu'à 32,65 dollars le 11 juillet -jour où Musk a annoncé qu'il voulait abandonner la transaction-, avant de remonter en septembre entre 38,6 et 43,8 dollars.
Si la perspective d'un rachat volontaire et au prix initialement fixé maintient le cours au-dessus des 50 dollars jusqu'à la finalisation de la transaction, Musk ne paiera pas trop au-dessus de la valorisation réelle de l'entreprise. Mais dans tous les cas les actionnaires feront une très bonne affaire avec un prix à 54,20 dollars l'action. D'autant plus qu'il n'était pas garanti que le cours remonte si haut suite au procès, car les marchés auraient pu être moins enthousiastes à l'idée du rachat si Musk y avait été forcé par le tribunal. En réaffirmant sa volonté de racheter Twitter plutôt que de le subir, Elon Musk a donc certainement fait repartir le cours de Twitter à la hausse en Bourse.