Rachat de Twitter : « Elon Musk s'évite une défaite annoncée en justice »
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Que de rebondissements ! Le 14 avril, Elon Musk faisait une offre inattendue pour racheter l'entièreté de Twitter à 54,20 dollars l'action, soit près de 44 milliards de dollars. Puis, le 25 avril, les dirigeants du réseau social acceptaient son offre et les deux partis signaient le contrat d'acquisition.
Mais à peine trois mois plus tard, le 9 juillet, le milliardaire fantasque décidait unilatéralement de rétracter son offre. Twitter décidait alors d'emmener l'affaire en justice pour le forcer à respecter ses engagements contractuels. Cette bataille juridique devait se résoudre le 17 octobre, à l'occasion d'un procès qui allait concentrer tous les regards.
Sauf que finalement, comme l'a révélé Bloomberg, Elon Musk se dit prêt à respecter son engagement initial, et donc à acheter Twitter à 54,20 euros l'action. Dans la journée du 4 octobre, les avocats du milliardaire ont notifié officiellement la Cour de chancellerie du Delaware, en charge de l'affaire, de son intention de respecter le contrat, ce qui annulerait par conséquent la tenue du procès.
Depuis le début de l'affaire, les avocats spécialisés dans les fusions et acquisitions soulignent dans La Tribune la pauvreté des arguments de Musk -dont ses sorties régulières sur le nombre de bots sur la plateforme- et la solidité de ses engagements contractuels. A l'occasion de cet énième retournement de situation, Pierre-Emmanuel Perais, avocat spécialisé en fusions et acquisitions chez Linklaters a répondu à nos questions.
LA TRIBUNE - Elon Musk projette finalement de racheter Twitter au prix annoncé en avril. Comment interprétez-vous ce revirement ?
À lire également
PIERRE-EMMANUEL PERAIS - Ce n'est pas surprenant car le contrat signé par Elon Musk et Twitter imposait des obligations aux deux parties, et Elon Musk ne fait au final que respecter les siennes. Il a essayé de se dédire de l'accord, mais les clauses qui s'offraient à lui pour y parvenir étaient très restreintes. Autrement dit, le contrat ne prévoyait pas de porte de sortie viable, pas de brèche dans laquelle s'engouffrer, et ses chances de succès dans la bataille juridique à venir paraissaient donc très, très limitées.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

François Manens