Sexflix, le Netflix du porno, prend position en France en septembre

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Le visionnage de vidéos X en ligne devrait croître de 42% au cours des cinq prochaines années.
Le visionnage de vidéos X en ligne devrait croître de 42% au cours des cinq prochaines années. (Crédits : Reuters)
Le géant néerlandais de l’érotique, Beate Uhse, lancera en septembre Sexflix, qui se veut le Netflix du porno, dans plusieurs pays européens. L’entreprise fait le pari d’une offre légale et sécurisée, sur le principe de l’abonnement, pour concurrencer les offres gratuites et parfois illégales comme YouPorn, Xvideos ou le dernier né Porn Time, sur le marché très concurrentiel et en pleine croissance du streaming XXX.

Dans l'industrie de la musique, les plateformes de streaming légales et payantes comme Spotify et Deezer ont réussi à détourner certains utilisateurs du piratage, un fléau pour les artistes et les maisons de disque. En sera-t-il de même pour le porno? C'est le pari de Beate Uhse, géant néerlandais de l'érotique, surtout connu pour la vente en ligne de lingerie et d'accessoires coquins comme les vibromasseurs et autre pompes à pénis.

En septembre prochain, l'entreprise lancera Sexflix, qu'elle présente comme le Netflix du porno, dans plusieurs pays européens dont la France, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Comme son modèle, Sexflix proposera un catalogue de plusieurs milliers de films X, répartis par genres et utilisant un algorithme de recommandation.

L'utilisateur pourra profiter du contenu de manière illimitée moyennant un abonnement mensuel qui devrait se situer dans la même fourchette que Netflix (entre 7,99 et 12,99 euros selon les formules). Contrairement à beaucoup de plateformes de streaming existantes, qui diffusent parfois des films ou des extraits de films piratés, les "œuvres" de Sexflix proviendront des plus grands studios de production porno. Elles seront accessibles sur smartphone, PC, tablette et télévision connectée.

Le pari du légal et de la sécurité

Dans un paysage porno en plein boom, la démarche a du sens. 70% des hommes et 30% des femmes regarderaient, régulièrement ou pas, des vidéos olé-olé sur Internet. L'industrie pornographique pèse 97 milliards de dollars (87,5 milliards d'euros) par an. Et les perspectives sont radieuses. Selon une étude de l'institut Juniper Research sur la consommation du contenu pornographique sur Internet, le visionnage de vidéos X en ligne devrait croître de 42% au cours des cinq prochaines années. Le nombre total de vidéos porno visionnées par an devrait s'élever à 193 milliards en 2020, contre 136 milliards en 2015.

Il y a donc une place à prendre pour Sexflix. D'autant plus que l'offre actuelle légale ne satisfait pas totalement la demande. Les amateurs de contenus pour adulte doivent souscrire à un abonnement à un bouquet de télévision pour avoir accès à une chaîne spécialisée, ou s'inscrire sur un site de vidéo à la demande (VOD). Mais les deux systèmes présentent des inconvénients. Sur les chaînes câblées, l'utilisateur doit se soumettre aux horaires de diffusion et ne peut pas choisir son film. Sur les services de VOD, il doit souvent acheter ses contenus à l'unité et ne dispose pas d'un catalogue aussi varié.

Quant à ceux qui téléchargent des films illégalement, Serge Van der Hooft, le PDG de Beate Uhse, espère les convaincre par la promesse d'une plateforme sécurisée:

"La demande de films érotiques de qualité ne cesse d'augmenter, mais ceux qui cherchent sur Internet arrivent dans un labyrinthe de sites douteux, d'abonnements dont on n'arrive plus à se débarrasser et de contaminations par des virus", explique-il dans des propos rapportés par le site belge DHnet.

Se positionner sur les terminaux mobiles

Comme Netflix, Sexflix sera accessible sur tous les supports, que ce soit la télévision connectée, l'ordinateur de bureau et les terminaux mobiles. Une bonne initiative si on en croit l'étude de Juniper Research, qui révèle qu'une requête sur cinq (!) sur smartphone concerne la pornographie, et qu'un utilisateur de smartphone regarderait en moyenne une vidéo porno par jour. Merci à l'amélioration de la qualité des réseaux et au développement de la 4G et du Wi-Fi, qui, selon l'étude, vont porter le développement des usages mobiles pour le porno dans les cinq années à venir.

Reste que la concurrence est rude. Le marché du porno en ligne est aujourd'hui dominé par des sites gratuits comme YouPorn, Xvideos, PornHub, Xhamsters ou Redtube, qui totalisent des millions d'utilisateurs. Et l'arrivée, au début du mois du juin, d'un nouvel acteur, Porn Time, pourrait faire de l'ombre à Sexflix.

Petit frère de la célèbre plateforme de streaming Popcorn Time, surnommée "le Netflix des pirates", Porn Time propose exactement le même service que Sexflix, à la différence près qu'il est gratuit et illégal. Il met à disposition de ses usagers des vidéos pornographiques piratées à visionner en illimité grâce au "peer-to-peer", la technologie qui permet de partager des fichiers d'internaute à internaute. Dès sa sortie, la plateforme, qui ressemble fortement à Netflix, a connu un grand engouement, preuve qu'il existe bel et bien un marché pour un Netflix porno. Mais Sexflix va-t-il convaincre les Internautes de payer pour se mettre en conformité avec la loi?

Une longue tradition d'innovation bousculée par Internet

Sexflix est donc clairement un pari pour Beate Uhse. Mais il n'est pas le premier. L'entreprise dispose d'une forte culture de l'innovation depuis ses débuts en 1946. Sa fondatrice, Beate Uhse-Köstlin, reste une légende en Allemagne. Décédée en 2001, elle a marqué les esprits car elle fut la première femme-pilote dans les années 1930. Celle qui se définissait comme une féministe a surtout fondé en 1962 la première boutique de sex-shop au monde, avant de développer la vente par correspondance de produits coquins et de se lancer dans la production de films érotiques dans les années 1980.

Cotée en Bourse depuis 1999 -une première pour ce type d'entreprise- et fusionnée dans la foulée avec le néerlandais Pabo, Beate Uhse a eu du mal à négocier le virage d'Internet. Pénalisées par l'essor fulgurant du porno gratuit sur la Toile et quelque peu ringardisée par les nouveaux entrants sur le marché de l'e-commerce érotique, les ventes de Beate Uhse n'ont cessé de chuter de 2005 à 2013, passant de 285 millions à 142 millions d'euros. Depuis, l'entreprise a renoué avec les bénéfices grâce au e-commerce et à un partenariat avec Amazon. Mais le nouveau virage numérique incarné par Sexflix sera crucial pour espérer retrouver la prospérité d'avant-Internet.

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Commentaires
a écrit le 15/07/2015 à 5:25 :
Eeeeh
a écrit le 12/07/2015 à 13:39 :
Super, on va pouvoir regarder "L'homme au scooter" et "Le nain de jardin brunit chez les bronzés" :-)
a écrit le 11/07/2015 à 14:09 :
Cette nouvelle sphère de la déprave ne devrait pas manquer de ravir le célèbre Laurent Wauquiez qui avait admit être un visiteur de Youporn,

sauf que contrairement à ce qu'il avait déclaré : "comme tout le monde",

seule une minorité de frustrés sont amateurs de sex porno.
Réponse de le 05/07/2018 à 15:11 :
Moi je veux être acteur de porno
a écrit le 10/07/2015 à 22:53 :
Beate Uhse était bien une aviatrice Allemande, contemporaine de Annah Reitsch,
qui a tenté d'emmener Hitler de son bunker en Fieseler Storch en avril 1945.
Réponse de le 11/07/2015 à 19:03 :
Qui a aidé Hitler ? On ne comprend rien a ce que vous dites ... Hors sujet total

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