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Technos & MediasInternet

Sous pression, Google muscle ses mesures contre le "terrorisme en ligne"

Gwendal Lavina

Publié le 20 juin 2017 à 14:47 - Mis à jour le 20 juin 2017 à 16:23

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Sous la pression des gouvernements, le géant californien intensifie sa lutte contre les contenus "extrémistes ou liés au terrorisme" sur YouTube. Google mise notamment sur l'amélioration de ses algorithmes d'identification grâce à l'intelligence artificielle.

Comment lutter contre les contenus faisant l'apologie du terrorisme qui pullulent sur YouTube ? Face aux polémiques et aux pressions des gouvernements, le géant californien réagit. Dimanche 18 juin, Google a publié un long billet sur son blog, détaillant sa stratégie autour de nouvelles mesures, qui viendront compléter le système de modération interne devenu insuffisant. Une réaction indispensable alors que 600.000 heures de vidéos sont mises en ligne chaque jour sur YouTube, l'un des sites les plus visités au monde.

Intelligence artificielle et attaque au portefeuille

La première priorité identifiée par Kent Walker, l'homme à la tête des ressources légales de Google, est d'améliorer la qualité des algorithmes d'identification, censés repérer rapidement une vidéo "problématique". Pour cela, la firme de Mountain View va miser sur l'intelligence artificielle, notamment pour l'aider à faire la différence entre ce qui relève de l'information (une vidéo analysée et contextualisée publiée par une chaîne de télévision, par exemple) et ce qui relève de la propagande terroriste, en fonction du contexte et de l'utilisateur.

La firme californienne promet aussi une augmentation des effectifs dédiés à la modération. Pour l'heure, "quelques milliers de personnes" sont employés par Google pour scruter les contenus publiés sur YouTube. L'entreprise va également davantage recourir au programme "Trusted Flagger", composé d'experts chargés de signaler à YouTube les contenus interdits.

Troisième annonce faite par Google, la généralisation du programme "Creators of change" à toute l'Europe avec l'aide d'ONG. Ce programme cible les personnes suspectées d'être en train de se radicaliser. L'entreprise estime qu'il a déjà fait ses preuves en leur suggérant des vidéos de dé-radicalisation.

Enfin, Google veut toucher les terroristes au portefeuille. Les vidéos identifiées comme faisant l'apologie de la violence et du terrorisme ne pourront plus être monétisées. De quoi priver leurs auteurs de revenus importants. Concrètement, ces vidéos ne comporteront pas d'annonces publicitaires avant, pendant ou après leur diffusion. Elles ne pourront pas non plus faire l'objet d'une mise en avant ni être commentées. Un bandeau placé sous la vidéo indiquera qu'elle est considérée comme dangereuse.

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Les géants du Net se réveillent peu à peu

Google n'est pas la première entreprise à prendre des mesures pour limiter la propagation de contenus extrémistes. La semaine dernière, Facebook, soumis au même procès en laxisme, annonçait lui aussi le renforcement de ses moyens de lutte contre la radicalisation sur ses réseaux sociaux, y compris WhatsApp et Messenger.

Comme Google, Facebook mise aussi sur l'intelligence artificielle. Des logiciels développés en interne devront détecter si des images, vidéos ou textes contiennent des éléments associés à des groupes terroristes, pour pouvoir les retirer le plus vite possible.

En décembre dernier, Google, Twitter, Facebook et Microsoft avaient annoncé la création d'une base de données d'empreintes électroniques liées aux contenus qui font la promotion du terrorisme. Lorsqu'une des entreprises identifiait et retirait un tel contenu, elle communiquait l'empreinte numérique sur la base de données communes pour qu'il puisse être retiré partout.

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Néanmoins, ces dispositions ne sont pas toujours simples à mettre en place puisque chaque entreprise dispose de ses propres règles pour interpréter ce qui relève de l'apologie du terrorisme ou pas. C'est d'ailleurs pour cela que pour le moment, seuls les contenus les plus extrêmes, dont la nature est évidente, sont concernés par ce partage de données.

Gwendal Lavina

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