Voiture autonome : Uber doit rendre les documents à Google

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Cela aurait pu être bien pire pour Uber si le juge l'avait sommé d'arrêter son programme relatif aux véhicules autonomes, comme l'avait demandé l'avocat d'Alphabet, la maison-mère de Google.
Cela aurait pu être bien pire pour Uber si le juge l'avait sommé d'arrêter son programme relatif aux véhicules autonomes, comme l'avait demandé l'avocat d'Alphabet, la maison-mère de Google. (Crédits : STEPHANE MAHE)
Un juge californien a ordonné à un ingénieur d'Uber, au coeur d'une affaire de secret industriel, de restituer à son ancien employeur Waymo des dossiers confidentiels qu'il aurait emportés en quittant cette filiale d'Alphabet (Google), travaillant sur les voitures autonomes.

Uber a sauvé les meubles. Du moins le géant du VTC (voiture de transport avec chauffeur), déjà dans la panade, a-t-il évité le pire, semble-t-il. Un juge américain a en effet ordonné, lundi, à un ingénieur d'Uber au cœur d'une affaire de vol de technologies, de restituer à son ancien employeur Waymo des dossiers confidentiels qu'il aurait emportés en quittant cette filiale d'Alphabet (Google), travaillant sur les voitures autonomes. Or cela aurait pu être bien plus désastreux pour Uber. Cette injonction édictée par le juge William Aslup, dont le texte a été rendu public lundi, n'est en effet pas allée jusqu'à demander l'arrêt complet du programme de voitures autonomes d'Uber, comme le souhaitaient les avocats d'Alphabet. Ce qui aurait été catastrophique pour l'entreprise aux pertes astronomiques - près de 3 milliards de dollars - qui mise beaucoup sur la technologie des véhicules intelligents pour (re)trouver le chemin de la rentabilité. Son fondateur, Travis Kalanick, a donc dû pousser un "ouf" de soulagement.

L'affaire est partie d'une plainte déposée en février par Waymo, accusant un de ses anciens responsables, Anthony Levandowski, d'avoir dérobé des données techniques quand il a fondé sa propre entreprise, Otto, qui a ensuite été rachetée par Uber. La filiale de Google affirme qu'il avait téléchargé, en décembre 2015, plus de 14.000 fichiers d'un serveur confidentiel sur un ordinateur portable.

Dans son injonction, William Aslup, le juge d'un tribunal de San Francisco (Californie) a expliqué:

"Waymo a fourni un dossier convaincant selon lequel Anthony Levandowski a dérobé plus de 14.000 dossiers de Waymo, et d'après lequel Uber était au courant ou aurait dû le savoir lorsqu'il a intégré l'entreprise."

Aussi, a-t-il ordonné à Uber de faire tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher que les données dérobées à Waymo soient utilisées par l'entreprise de réservation de voiture avec chauffeur. Celle-ci doit donc remettre toutes les copies des dossiers volés d'ici la fin du mois à Waymo ou au tribunal.

L'ingénieur doit faire une croix sur cette technologie

En outre, Anthony Levandowski se voit interdire de travailler sur tout ce qui touche aux systèmes LiDAR chez Uber. Ces systèmes, dans lesquels Waymo affirme avoir investi "des dizaines de millions de dollars et des dizaines de milliers d'heures d'ingénierie", sont les capteurs laser permettant à un véhicule de détecter les voitures, piétons ou autres obstacles autour de lui. Cofondateur de la startup Otto qui employait 90 personnes, il s'était vu confier dans un premier temps par Uber la responsabilité de développer la technologie des voitures autonomes. Mais Uber l'a rétrogradé fin avril pour l'écarter des travaux sur les LiDAR tant que le conflit avec Waymo n'avait pas trouvé d'issue.

Cependant, Uber n'est pas encore sorti d'affaire car le ministère de la Justice pourrait ouvrir une enquête au pénal. Le juge Alsup lui avait transmis l'affaire la semaine passée afin que celui-ci "enquête sur le vol éventuel de secrets commerciaux". Il avait précisé avoir fait cette demande sur la base des "preuves disponibles" mais sans prendre position "sur le point de savoir si des poursuites étaient justifiées ou non".

Pour l'heure, Waymo conserve une longueur d'avance avec ses 5 millions de kilomètres d'essais. Surtout depuis l'alliance stratégique nouée avec Lyft, le grand rival américain d'Uber, qui ne cesse de récupérer des parts de marché depuis la chute d'image du mastodonte du VTC. Et dont la valorisation capitalistique flirte désormais avec les 7 milliards de dollars. C'est encore loin des 70 d'Uber ou des 50 de Didi Kuaidi, les deux startups non cotées en bourse les plus chères du monde. Mais chi va piano va sano.

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