WeTransfer : le flou persiste autour de l'utilisation des données personnelles par l'IA

Bogdan Bodnar
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Un alinéa discret des conditions d'utilisation de WeTransfer a créé la polémique.
WeTransfer

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Un alinéa discret des conditions d'utilisation de WeTransfer a créé la polémique.
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Quelques lignes ont suffi à déclencher un scandale. Le 15 juillet, un post publié sur Bluesky par un développeur de renom, Rami Ismail, a attiré l'attention sur un alinéa discret des conditions d'utilisation de WeTransfer, ces textes que peu de gens prennent le temps de lire. La section 6.3 indiquait que les utilisateurs du célèbre service de transfert de fichiers octroyaient une licence d'utilisation des contenus partagés, « y compris pour améliorer les performances des modèles d'apprentissage automatique ».
Autrement dit, les documents envoyés grâce à la plateforme pouvaient servir à entraîner des intelligences artificielles. L'information a rapidement circulé en ligne, provoquant une telle vague d'indignation que WeTransfer a retiré la mention dans l'après-midi. L'entreprise a ensuite précisé : « Nous n'utilisons pas l'apprentissage automatique ni aucune forme d'IA pour traiter le contenu partagé via WeTransfer, et nous ne vendons pas de contenu ou de données à des tiers. » Les conditions générales ont été modifiées afin de « rendre le langage plus facile à comprendre » et éviter toute ambiguïté.
Pour autant, cela signifie-t-il que vos fichiers sont stockés à l'abri de tout regard sur WeTransfer ? Non. Une autre plateforme vous protégerait-elle mieux ? Pas nécessairement. Car cette affaire remet sur le devant de la scène une question qui agite le web depuis près de dix ans : celle du consentement à l'utilisation des données personnelles.
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Ce débat trouve ses racines dans l'adoption du RGPD (Règlement général sur la protection des données), en 2016 par le Parlement européen. Il impose aux acteurs du numérique d'informer clairement sur la collecte et l'usage des données, et surtout de recueillir un accord explicite. Mais dans la pratique, l'usage a souvent primé sur la transparence : la plupart des internautes cliquent sur « accepter » sans savoir ce qu'ils autorisent.
Bogdan Bodnar