X, le réseau social d'Elon Musk, refuse de coopérer avec la justice française, qu'il accuse même de motivations politiques. Dans un geste rare, la plateforme a publié un message sur son compte officiel « Affaires gouvernementales » pour s'en prendre directement au député Éric Bothorel (Renaissance), à l'origine du signalement sur le fonctionnement de l'algorithme, ainsi qu'aux experts désignés par la justice française pour analyser le code source de l'entreprise.
La société estime que ces spécialistes, qui se sont déjà exprimés de manière critique sur les dérives du réseau, ne peuvent pas mener une enquête objective sur le cœur algorithmique de la plateforme. Mais pour Éric Bothorel, le véritable problème est ailleurs : « Inciter à la haine en ligne, favoriser les contenus les plus susceptibles de poursuites judiciaires est un délit, sur lequel la justice française enquête », déclare le député, contacté par La Tribune.
En tant que « Très Grande Plateforme en Ligne », X est en effet soumise au règlement européen sur les services numériques (DSA), qui impose une obligation de transparence sur les systèmes de recommandation, en particulier les algorithmes de tri, de personnalisation ou de modération. Or, contrairement à ce qu'affirme Elon Musk, la page GitHub de X, censée exposer son fonctionnement, ne permet nullement de comprendre pourquoi tel contenu est mis en avant plutôt qu'un autre.