L’ascension fulgurante du français Zenly, racheté plus de 250 millions de dollars par Snapchat

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La startup française Zenly a été rachetée par le réseau social Snapchat.
La startup française Zenly a été rachetée par le réseau social Snapchat. (Crédits : Zenly)
L’application de géolocalisation en temps réel, qui compte plus de quatre millions d’utilisateurs dans le monde et surtout des ados, est rachetée par Snapchat pour un montant compris entre 250 et 350 millions de dollars. C’est l’un des « exit » les plus rapides et spectaculaires de ces dernières années pour une startup française.

Nouveau « cocorico » pour la French Tech. En annonçant, mercredi 21 juin au soir, sa nouvelle fonctionnalité Snap Map, le réseau social Snapchat, récemment entré en Bourse, a aussi levé le voile sur l'une des plus importantes acquisitions tech de l'année, celle de la startup française Zenly, pour un montant compris, selon le site TechCrunch, entre 250 et 350 millions de dollars (223 à 313 millions d'euros). La transaction a été confirmée à La Tribune, même si la startup n'a pas le droit de la commenter.

Zenly, une technologie unique de géolocalisation en temps réel

On sentait bien que Zenly avait gagné sa place dans le petit cercle des « hot tech », ces startups à la mode à qui tout sourit. Populaire partout où elle s'installe, notamment dans la Silicon Valley et auprès de la fameuse cible des « Millennials » (les moins de 30 ans), la pépite parisienne avait réussi à séduire plus d'un million d'utilisateurs en trois mois en 2016, un exploit dans le domaine des réseaux sociaux. Selon Les Echos, elle en totaliserait aujourd'hui plus de 4 millions.

Son secret : sa technologie unique au monde de géolocalisation sur mobile, en temps réel, et surtout, sans vider la batterie, ce qui constitue une performance que même Google et Facebook ne sont pas parvenus à réaliser. Grâce à Zenly, les ados et jeunes adultes hyper-connectés peuvent savoir en permanence où sont leurs amis, ce qui peut s'avérer utile pour se retrouver dans un grand bar bondé, un événement sportif ou un festival.

Intégration à la nouvelle fonctionnalité Snap Map de Snapchat

Décrit l'an dernier comme « le nouveau Snapchat » en raison de sa viralité et de son adoption massive par les Millennials, Zenly a vite tapé dans l'œil des investisseurs. La startup a levé 30 millions d'euros en 2016 (10 millions en mai et 20 millions en septembre) auprès de la crème de la tech : l'emblématique fonds américain Benchmark Capital, le français IDInvest et quelques business angels dont l'entrepreneur Xavier Niel.

Désormais, Zenly entre officiellement dans la cour des grands. Plutôt que de concurrencer frontalement Snapchat, la startup joint ses forces avec ce dernier. Sa technologie devient le socle de la nouvelle fonctionnalité Snap Map, qui permet aux « Snapeurs » de visualiser en permanence, sur une carte interactive, où se trouvent leurs amis et ce qu'ils font. En cliquant sur l'avatar d'un ami sur la carte, il est aussi possible d'accéder à ses contenus (vidéos, photos) postés depuis l'endroit où il se trouve.

Une manière, pour Snapchat, de renforcer les interactions sociales sur sa plateforme avec un nouveau service qui se veut pratique et très addictif. Et qu'Instagram va bientôt copier ?

Une ascension fulgurante suite à un « pivot » stratégique

Avec cette opération, Zenly réalise l'un des « exit » les plus rapides et spectaculaires de ces dernières années, surtout pour une startup française. D'ordinaire, les fonds d'investissements « gardent » une startup dans leur portefeuille, à perte, pendant une bonne décennie avant de réussir son exit, c'est-à-dire un retour sur investissement sous la forme d'une entrée en Bourse ou d'un rachat.

Zenly, qui a réalisé sa première levée en 2015, a clairement brûlé les étapes. Créée en 2011 par Antoine Martin et Alexis Bonillo, la startup telle qu'elle est aujourd'hui est la conséquence d'un « pivot » stratégique. A l'origine, les deux entrepreneurs, persuadés de l'intérêt de la géolocalisation en temps réel, avaient lancé Alert.us, une appli destinée aux parents pour "fliquer" leurs enfants. Un échec, d'autant plus que leur appli consommait beaucoup trop de batterie.

Antoine Martin et Alexis Bonillo repartent alors pendant trois ans en R&D (recherche et développement) pour faire en sorte que la technologie puisse fonctionner en permanence en arrière-plan, mais sans pomper de batterie. Ils redéfinissent ensuite son utilité et, inspirés par le succès de Snapchat, en font un réseau social destiné aux jeunes. La suite est bien connue : Xavier Niel repère le potentiel, investit avec IDInvest, les Millennials mordent à l'hameçon dès le lancement en version béta fin 2015, Zenly installe un bureau dans la Silicon Valley, séduit Benchmark Capital puis Snapchat. Sur son site, la startup en hyper-croissance liste 39 employés. Zenly continuera aussi à se développer seul.

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Commentaires
a écrit le 22/06/2017 à 19:14 :
les heureux techs francais vont se faire prendre 75% pour financer la secu, merci a eux de combler la non gestion de leurs concitoyens...
concernant le bsiness model, y a que des adolescent? ca a quoi comme pouvoir d'achat un adoloscent qui va utiliser une appli gratuite? on a du mal a voir le modele, ca releve plus du modele geek open source qu autre chose
a écrit le 22/06/2017 à 17:58 :
Bravo pour l'idée et le développement mais après?
Une nouvelle pépite qui bascule sous pavillon étranger, des locaux et de la matière grise installés aux US, .. et les 250M ne resteront certainement pas sur le territoire. Cocorrico vous dîtes?
a écrit le 22/06/2017 à 17:05 :
Même si les succes-stories sont rares parmi les StartUps, à chaque fois cela fait plaisir de voir que des Français peuvent faire aussi bien.

La question qui a du certainement se poser aux créateurs, c'est à quel moment céder leur entreprise.
Et l'autre question est : auraient ils pu continuer à se développer en France ?
Malheureusement, peu probable.
Qui entraine l’interrogation suivante : que manque t'il ?
a écrit le 22/06/2017 à 15:22 :
N'exagérez rien, vous ne retrouverez personne avec cette application dans un bar bondé. Je vois l'intérêt de cette application plutôt pour favoriser les rencontres (un peu moins) fortuites. "Tu es dans le coin, voyons nous".

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