La licorne américaine Slack prépare son entrée en Bourse

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Lancée en 2014 à San Francisco, la messagerie d'entreprise Slack revendique 10 millions d'utilisateurs actifs quotidiens dans plus de 150 pays à travers le monde.
Lancée en 2014 à San Francisco, la messagerie d'entreprise Slack revendique 10 millions d'utilisateurs actifs quotidiens dans plus de 150 pays à travers le monde. (Crédits : Thomas White)
La licorne, valorisée 7,1 milliards de dollars, a déposé un dossier confidentiel auprès du régulateur américain pour une introduction en Bourse. Comme Spotify l'année dernière, la messagerie d'entreprise Slack utiliserait la procédure atypique de la cotation directe.

Après des mois de rumeurs, Slack officialise sa volonté d'entrer en Bourse. La messagerie d'entreprise a fait savoir lundi qu'elle avait déposé un dossier "confidentiel" - ce qui permet de ne pas dévoiler les détails de l'opération - auprès de la SEC, le régulateur américain. La société, lancée à San Francisco en 2014, n'a pas donné de détails ni précisé son calendrier. Elle fait partie des licornes, ces entreprises non cotées dont la valorisation dépasse le milliard de dollars, dont l'entrée en Bourse est très attendue pour cette année, aux côtés d'Uber, Lyft ou encore Airbnb.

Slack viserait une "cotation directe", selon le Wall Street Journal. Cette forme d'introduction en Bourse assez inhabituelle ne prévoit pas d'émission de nouvelles actions : elle permet uniquement aux actionnaires actuels de revendre leurs titres. Réputée comme plus simple, la cotation directe permet aussi aux entreprises nouvellement cotées d'économiser certains coûts, comme des commissions. En revanche, cette procédure est aussi imprévisible, car le prix des titres n'est pas fixé d'avance. Cette forme d'introduction atypique a été utilisée avec succès l'année dernière par la plateforme de streaming Spotify.

| Lire aussi : Entrée en Bourse : "Spotify n'a jamais été une entreprise normale"

Valorisation de 7,1 milliards de dollars

Toujours selon le Wall Street Journal, Slack vise une valorisation supérieure à 7,1 milliards de dollars, qui a été établie après son dernier tour de table en août dernier. Au total, l'entreprise américaine a levé environ 1,2 milliard de dollars au cours de 11 tours de table, selon Crunchbase. La licorne, qui emploie 1.200 salariés, pourrait réaliser l'opération au printemps, selon la presse américaine.

Conçu comme une simple messagerie professionnelle, le service facilite la communication en entreprise en proposant des "canaux de discussion" (channels en anglais), qui permettent aux salariés d'interagir et de partager des documents par équipes, thématiques ou projets en cours. Le concept, d'une simplicité désarmante tout en étant novateur, a permis à Slack de s'imposer rapidement comme un outil de management à part entière, déployé à tous les niveaux de l'entreprise.

Lire aussi : Comment Slack compte devenir le "manager virtuel" de l'entreprise 2.0

10 millions d'utilisateurs dans 150 pays

La startup de la Silicon Valley revendique désormais plus de 10 millions d'utilisateurs actifs quotidiens dans plus de 150 pays - contre seulement 2 millions en 2016. Slack attire aujourd'hui des clients dans des secteurs très différents. Des entreprises technologiques bien sûr (Spotify, Airbnb, eBay...), mais aussi des acteurs du commerce (LVMH, Marks & Spencer, Asos...) et des médias (BBC, Forbes, Time...). Pour l'entreprise, la clé de son succès réside dans sa simplicité d'utilisation:

« Dans le monde du travail, certains employés sont obligés de travailler sur des outils qui leur sont imposés et qui, parfois, sont très compliqués », expliquait à La Tribune en novembre dernier April Underwood, responsable produits chez Slack et ancienne de Twitter, Google et Apple. « Nous construisons Slack avec le confort de l'utilisateur en tête, pour lui proposer un service aussi simple que n'importe quelle autre application de la vie courante », estimait la dirigeante.

Son business model est axé sur le « freemium ». Il permet de tester Slack grâce à une offre gratuite, avant d'opter éventuellement pour un abonnement payant plus complet, allant de 6,25 euros à 11,75 euros mensuels par utilisateur. Au total, l'entreprise revendique plus 85.000 utilisateurs payants dans le monde - un chiffre qui a augmenté de plus de 50% au cours de l'année dernière.

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Commentaires
a écrit le 05/02/2019 à 16:37 :
Valorisée a plus de 83500 dollars l'utilisateur payant... Mouais mouais mouais
L'espoir fait vivre parait il, mais il peut aussi ruiner.
a écrit le 05/02/2019 à 11:22 :
"En revanche, cette procédure est aussi imprévisible, car le prix des titres n'est pas fixé d'avance."

Mais c'est tout bénéfice pour le créateur de la licorne qui voit la démesure financière exacerbée hypertrophiant la valeur réelle de l'entreprise (un milliard de dollars non mais n'importe quoi hein... )

Les gars du coup sans création den ouvelels actions imposent d'acheter les leur et après être devenus riches ben ils seront à la retraite et laisserons le bébé surévalué aux marchés financiers.

Cette surévaluation du coup, en économie financière dans laquelle les actionnaires milliardaires ne perdent jamais de fric grâce à leurs politiciens, n'est que de la graisse que les investisseurs ont acheté hyper cher, bien trop cher.

Mais ensuite leurs outils de production leur permettront de d’augmenter artificiellement, bien souvent grâce à leurs médias de masse, le CA de ladite entreprise même si médiocre à la base.

L'impasse financière ou de l'argent qui reste sans cesse dans les mains de quelques uns ne tournant pas, ne vivant jamais ou sous perfusion.

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