La presse française fortement dépendante de Google

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(Crédits : Charles Platiau)
La presse française est fortement dépendante des moteurs de recherche et donc de Google, selon une analyse des flux d'internautes qui se connectent aux sites d'infos publiée jeudi par le groupe de communication Heroiks.

La presse française à la merci de Google ? C'est, en tout cas, la conclusion d'une analyse des flux d'internautes qui se connectent aux sites d'infos publiée ce jeudi 24 octobre par le groupe de communication Heroikvd. L'entreprise française a calculé un indice, le "Search dependence index", qui mesure la dépendance des sites internet aux moteurs de recherche, et donc principalement à Google qui détient 93% du marché français du "search" (recherche sur internet). Et ce, en s'appuyant principalement sur les données de sociétés spécialisées comme SimilarWeb, Alexa et Semrush. Et, dans l'étude publiée par le groupe, il ressort que cet indice est supérieur pour les sites de la plupart des grands médias français à la moyenne des sites internet hexagonaux, traduisant une dépendance élevée de la presse vis-à-vis de Google.

Un constat inquiétant pour le secteur, alors que Google impose ce jeudi de nouvelles conditions aux sites des éditeurs de presse, qui les privent de tout espoir de rémunération en cas d'utilisation de leurs contenus par le géant américain, mais qu'ils vont pour la plupart devoir accepter en raison de l'importance du moteur de recherche dans leurs statistiques de fréquentation. "L'indice moyen de la presse quotidienne nationale s'élève à 42", quand la moyenne des cent principaux sites français (en termes de trafic) est de 33,54 précise l'étude.

Courrier International tire son épingle du jeu

Par titres, c'est La Croix qui apparaît comme le plus dépendant, avec un indice à 58,07, suivi du Parisien et de l'Humanité, autour de 55. Le Figaro, 20minutes et L'Opinion sont entre 40 et 45. Libération (38,54), Les Echos (36,46) et Le Monde (31,70) s'en sortent mieux, mais seul L'Equipe se détache réellement du lot avec un indice à 15,55.

Dans les magazines d'information, l'indice moyen ressort également à 42, avec là aussi de forts écarts : L'Express et Famille Chrétienne sont autour de 58, tandis que Courrier International tire son épingle du jeu avec un indice inférieur à 23. Paris Match est à 57,01; L'Obs et Challenges autour de 45; Le Point est à 37,02 et Marianne proche de 32 tout comme Valeurs Actuelles.

En revanche, les "pure-players" (c'est à dire les médias 100% numériques) s'en sortent plutôt mieux, en particulier Mediapart avec un score inférieur à 18, fruit de son modèle sur abonnement patiemment construit. Atlantico est à 41,58 et le HuffPost autour de 35, tout comme Slate France.

Les chaînes d'info sont en revanche très dépendantes des moteurs de recherche (LCI pointe à 61,58 CNews à 55,32 BFMTV à 46,40 et franceinfo à 43,38), alors que les radios affichent des niveaux très contrastés, entre RTL autour de 54, France Inter à 17,88 et Radio Classique qui semble en mesure de s'affranchir de Google à 7,14.

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Commentaires
a écrit le 24/10/2019 à 16:08 :
Ben oui le reflexe pour lire la presse en ligne c'rdt google news et si c'est gratuit on regarde, payant on reste pas.
Il n'y a que le groupe ouest-france avec des infos tres locales qui passe au travers, ce qui reste le plus intéressant même si c'est très pauvre par rapport au papier.
a écrit le 24/10/2019 à 14:00 :
On nous a donné des voitures pour aller plus vite, des téléphones pour aller encore plus vite, internet pour aller toujours plus vite et maintenant que nous avons tout ces objets de consommation nous permettant d'aller très vite c'est un fait, nous allons très vite mais nous ne savons plus où nous allons.
a écrit le 24/10/2019 à 12:39 :
qu'ils passent par Qwant ou duck duck go et le fassent savoir à leur lecteurs.

Ce sont des moteurs français sans traçage et gratuits.

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