La Silicon Valley a-t-elle toujours la cote ?

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Depuis 2010, le nombre d'Américains quittant la Silicon Valley dépasse chaque année le nombre de ceux qui s'y installent.
Depuis 2010, le nombre d'Américains quittant la Silicon Valley dépasse chaque année le nombre de ceux qui s'y installent. (Crédits : Patrick Nouhailler/Flickr/CC)
VU DE LA SILICON VALLEY. Être au cœur de l'eldorado des industries high-tech n'est plus un impératif absolu pour s'octroyer les services des meilleurs ingénieurs, ce qui facilite l'essor de villes comme Seattle, Austin et Chicago. Pour autant, aucune de ces villes n'est en voie de dépasser la Silicon Valley.

Février 2018. Peter Thiel, entrepreneur historique de la Silicon Valley, fait ses valises, direction Los Angeles. Commentaire du cofondateur de PayPal et de Palantir, connu pour n'avoir pas sa langue dans sa poche : la Silicon Valley serait devenue conformiste, au point de rendre l'innovation difficile. Des propos qui pourraient passer pour une simple provocation, art que Thiel manie à merveille. Sauf qu'il n'est pas le seul à énoncer ce verdict. Alexis Ohanian, cofondateur de Reddit et investisseur en capital-risque, a ainsi affirmé en juin dernier que « personne de sain d'esprit » ne devrait aujourd'hui lancer sa startup dans la région, soulignant un coût de la vie devenu prohibitif. Depuis 2010, le nombre d'Américains quittant la Silicon Valley dépasse chaque année le nombre de ceux qui s'y installent. Les articles désignant Seattle (patrie d'Amazon et Microsoft), Austin ou encore Nashville comme la nouvelle Silicon Valley se multiplient. Le terme « Off Silicon Valleying », néologisme signifiant « quitter la Silicon Valley », fait même désormais partie intégrante du vocabulaire local.

Victime de son succès

Has been, la Silicon Valley ? Vue de France, l'idée peut prêter à sourire. La région compte trois des cinq entreprises les mieux valorisées au monde (Alphabet, Apple et Facebook). Rien qu'en 2018, elle a généré 32 nouvelles licornes. Mais la région est justement victime de son succès. D'abord, l'essor de la scène technologique a entraîné une hausse effrénée du niveau de vie. Le prix médian d'une maison est aujourd'hui à près d'un million de dollars, soit plus de quatre fois et demie la moyenne nationale. Des coûts prohibitifs qui handicapent les jeunes entrepreneurs. Pour reprendre la formule d'Ajay Royan, de Mithril Capital : « Comment pouvez-vous lancer une startup dans un garage si celui-ci coûte plusieurs millions de dollars ? ».

Lire aussi : Les centaines d'enfants pauvres et sans domicile de la Silicon Valley

Et pour peu que ces entrepreneurs parviennent malgré tout à rencontrer le succès, ils ont toutes les chances de se faire racheter par les géants technologiques locaux, à l'affût de la moindre innovation de rupture. Tout autant que le coût de la vie, c'est l'ombre encombrante des Apple, Google et consorts que fuient les entrepreneurs partis chercher leur chance dans d'autres villes américaines en pleine expansion.

Une industrie technologique moins centralisée

Ironie du sort : ce sont précisément les technologies développées dans la Silicon Valley qui permettent cet exode. Internet, smartphones, systèmes de vidéoconférence et de messagerie professionnelle, comme Slack, facilitent le travail à distance. Être au cœur de la Silicon Valley n'est donc plus un impératif absolu pour s'octroyer les services des meilleurs ingénieurs, ce qui facilite l'essor de villes comme Seattle, Austin et Chicago.

En dépit de leur dynamisme, aucune n'est en voie de dépasser la Silicon Valley. Mais leur expansion et le (relatif) déclin de celle-ci pourraient, paradoxalement, s'avérer positifs pour les capacités de l'Amérique à innover. Moins centralisée, répartie entre plusieurs régions à la culture différente, l'industrie technologique américaine deviendra sans doute plus diverse et plus créative.

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Commentaires
a écrit le 20/10/2019 à 12:41 :
Vu que vous ne voulez pas supprimer mon pot de colle vous virez mon commentaire de base vous ne l'instrumentalisez pas.

Je suis là pour essayer de confondre mon analyse et non pour que l'on m'impose des messes, prêches et inquisitions au ras des pâquerettes.

Épuisant franchement...
a écrit le 10/10/2019 à 18:03 :
"la Silicon Valley serait devenue conformiste" : Le problème n'est pas là, être conformistes n'est pas une tare. Le problème de la silicon valley, il est mathématique, à force de construire dans la région, le prix de l'immobilier devait forcément augmenter. Ce qui arrive à la Silicon Valley est tout à fait normal et logique, la croissance infinie, ça n'existe pas. De même que la croissance démographique de la Silicon Valley devait bien s'arrêter un jour aussi.
a écrit le 10/10/2019 à 17:33 :
D'autant plus que le Big One n'a pas encore eu lieu et que ça brûle beaucoup dans ce coin là.
a écrit le 10/10/2019 à 13:59 :
On est aux états unis pays dans lequel il leur est impératif d'être premier partout.

Contrairement à l’Union Européenne par exemple dans laquelle la priorité c'est que les mégas riches soient toujours plus riches et à n'importe quel prix.

C'est une question de choix...
Réponse de le 11/10/2019 à 10:28 :
Il n'y aurait pas de méga-riches aux USA, et en particulier issus de la Silicon Valley ? Quand la fortune récompense la réussite économique (ex : Jeff Bezos) vous ne la considérez pas légitime ?
Réponse de le 13/10/2019 à 10:54 :
@ moulin à vent

"Il n'y aurait pas de méga-riches aux USA, et en particulier issus de la Silicon Valley ? "

Et le rapport avec mon commentaire stp ? Aucun comem d'habitude.

ET sinon tu peux nous trouver l'équivalent d'un MZ en Europe ? A savoir un gars devenu méga riche sans que sa famille ou son réseau l'ai porté jusque là ?

Tu m'épuises je te signale jusqu'à ce qu'un jour j'espère vraiment tu te fatigues à me troller...

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