Cinéma : producteurs recherchent d'urgence labos de montage

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"Astérix et Obélix. Au service de sa Majesté" fait partie des trente-six films mis en danger par la liquidation du groupe Quinta Industries, spécialisé dans la post-production de films (montage, effets spéciaux,...). Les industries du cinéma ont décidé d'interpeller Nicolas Sarkozy ce lundi.

En plus de mettre sur le carreau 150 postes, la liquidation judiciaire des sociétés de Quinta Industries (LTC, Duran Dubois,....) qui assurent la post-production d'un grand nombre d'oeuvres cinématographiques (montage, effets spéciaux, animation,...), menace également trente-six films français.

Actuellement ou prochainement en cours de montage, ces films doivent trouver d'autres laboratoires techniques avant de sortir en salles. Après avoir dressé l'inventaire de ces films "en danger" ce week-end, la Fédération des industries de cinéma a souhaité alerter ce lundi les pouvoirs publics. "Il ne s'agit pas de remettre en cause une décision judiciaire : nous souhaitons juste que la justice adapte son calendrier à l'enjeu. Qu'on nous laisse le temps de trouver les moyens de sauver ces films", écrit Thierry de Segonzac, le représentant des industries cinématographiques, dans une lettre adressée au Président de la République". Et d'évoquer "la gravité et l'urgence" d'une situation susceptible d'entraîner des "conséquences économiques et culturelles irréversibles impliquant 36 oeuvres cinématographiques".

Des budgets revus à la hausse

"Astérix et Obélix. Au service de sa Majesté" fait partie des films dont le tournage est terminé et qui doit entrer en post-production au cours du premier trimestre 2012. Solidaires de la démarche entreprise par la Fédération, ses producteurs, Marc Missonnier et Olivier Delbosc, ont toutefois écarté le fait que leur film était en péril. "Nous devons faire face à des difficultés techniques importantes liées à l'arrêt du travail dans les différentes sociétés du groupe Quinta. Mais nous avons les moyens d'y faire face", écrivent-ils.

"Nous examinons à l'heure actuelle les différentes solutions qui s'offrent à nous, dont la reprise de l'ensemble des effets spéciaux par des sociétés tierces. Cette reprise va s'accompagner de surcoûts importants, que nous n'avions évidemment pas prévus, mais qui sont gérables dans le cadre d'une production comme Astérix", soutiennent-ils.

Ce qui n'est évidemment pas le cas de certains films plus petits et de fait nettement plus fragilisés par la liquidation du groupe Quinta, détenu majoritairement (83%) par l'homme d'affaires franco-tunisien Tarak Ben Ammar.

Il faut pouvoir stocker d'urgence 600.000 Go de fichiers

Lse industries réclament notamment que les saisies prévues (rushes, master,....)  dans les sociétés liquidées soient retardées jusqu'à ce que les travaux en cours soient sauvegardés. "Toutes saisies et déplacements des serveurs informatiques entraîneraient la perte irrévocable des éléments" qui représentent près de 300 millions d'euros d'investissements de production - 25% de l'investissement annuel du cinéma français, insiste Thierry de Segonzac. D'autant plus que certains films sont déjà vendus à l'étranger avec un calendrier de sortie et des moyens de promotion engagés.

Il y a donc urgence à trouver de quoi stocker tous ces travaux en cours, soit 600 teraoctets de mémoire (600.000 giga, l'équivalent de plus de 9.000 iPod les plus performants), selon les estimations de la Fédération.

Thierry Segonzac épingle au passage le Centre national du cinéma (CNC) pour son manque de réactivité dans ce dossier. Ce à quoi le CNC répond être "fortement mobilisé pour garantir la sortie des films en salles et la pérennité des collections" et convoque jeudi "toutes les parties concernées".

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