Groupe Hersant : 37% des postes supprimés dans les journaux normands

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Une rotative du quotidien Paris Normandie
Une rotative du quotidien "Paris Normandie" (Crédits : DR)
Le Groupe Hersant Media a annoncé mercredi son plan de restructuration chez "Paris-Normandie" et les autres journaux normands : il y aura 112 suppressions d'emplois sur un effectif de 300 personnes.

Le plan de « réorganisation » de la SNPEI, la société éditrice des titres du Groupe Hersant Media en Normandie, a été remis ce mercredi 14 mars aux syndicats de l'entreprise (SNJ, Silpac CGT) et aux deux représentants des cadres. L'une des mesures de ce plan est la suppression de 112 emplois, soit plus du tiers des effectifs (300 personnes) de ce pôle qui comprend les quotidiens « Paris-Normandie », « Havre Libre », « Le Havre-Presse », « Le Progrès de Fécamp », l'hebdomadaire « Liberté dimanche. » Le plan présenté ne concernait pas la régie publicitaire SNP (65 salariés) dont la réorganisation sera annoncée dans les jours qui viennent. Les postes concernés touchent la rédaction (21 sur 115), l'atelier technique publicitaire (21), l'imprimerie (35 sur 61 rotativistes) et la totalité des techniciens d'édition (ouvriers du Livre passés à la rédaction depus la réforme du pré-presse) soit 19 salariés. Le solde concerne les fonctions support : informatique, diffusion, promotion, etc. Un poste de directeur marketing serait créé ainsi qu'un poste de directeur des nouvelles technologies.


Un CE extraordinaire lundi prochain
Ce plan était présenté Michel Lépinay, Pdg, pour redresser la barre du « pôle normand » (39 millions d'euros de chiffre d'affaires et un tirage OJC cumulé de 75.000 exemplaires), déficitaire depuis plus de dix ans, en cessation de paiement alors que la maison-mère le Groupe Hersant Media, très endettée, n'est plus en mesure d'assurer la trésorerie de ses journaux normands. La restructuration s'accompagnerait aussi de la fermeture de « l'atelier technique » du Havre et de l'arrêt de l'une des deux lignes de la rotative du pôle installée à Déville-lès-Rouen dans la banlieue rouennaise : la fabrication des journaux du week-end serait confiée à un sous-traitant. Les syndicats s'exprimeront sur cette « réorganisation » au cours d'un comité d'entreprise extraordinaire lundi 19 mars. Les élus du personnel ont fait appel au cabinet Secafi Alpha pour « expertiser » la réorganisation qu'entend mettre en place la SNPEI.


« M. Hersant nous laisse tomber »
« Nous allons essayer d'éviter cette catastrophe. Nous n'avons rien à faire au Tribunal de commerce car la presse n'est pas un marché comme les autres ; l'information c'est un droit » explique à la Tribune.fr Véronique Christol, secrétaire CGT du CE, avant la tenue d'une assemblée générale mercredi devant les salariés. « Nous voulons organiser une table ronde avec notre actionnaire Philippe Hersant et le groupe Rossel [qui pourrait reprendre le pôle normand, Ndlr], le Ministre du travail et le Ministre de la culture ». La syndicaliste poursuit : « M. Hersant nous laisse tomber, non parce qu'il ne peut plus nous soutenir, mais parce qu'il ne le veut plus. Il s'est bâti un empire en Suisse et va bénéficier d'un abandon de créances de 50 millions d'euros dans le cadre de la négociation avec le CIRI ». La secrétaire du CE prévient : « après la restructuration qui se prépare ici, il faut s'attendre aussi à des opérations du même genre dans les journaux [du groupe Hersant Media, ndlr] de l'Est et du Sud ».
 

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Commentaires
a écrit le 15/03/2012 à 17:42 :
Le 3 novembre 2011, les journaux gratuits PARUVENDU du goupe GHM ont été liquidés, les syndicats n'avaient pas bougé le petit doigt pour ne pas faire de vague pour la Presse Quotidienne Régionale.
Aujourd'hui, les journaux de la presse normandes sont menacés avec le même schéma que pour PARUVENDU, redressement, nomination de maître de LESSERTOIS (mandataire ad'hoc de GHM), un plan de continuation à élaborer dans l'urgence. Puis comme l'actionnaire la famille HERSANT ne remettra pas d'argent (il est en suisse ou en angleterre), ils vont se retrouver en cessation de paiement et donc être liquidés. GHM avait promis 10 Millions d'euros en septembre 2011 pour la continuation de PARUVENDU, on attend toujours.
Les 2500 licenciés de PARUVENDU ont été éjecté avec le minimum légal. Ne vous laissé pas berné!

HERSANT DETTE EN FRANCE FORTUNE EN SUISSE AVEC LES AIDES DE L'ETAT POUR LA PRESSE, l'état qui en plus finance la casse sociale sans demander des comptes à HERSANT, c'est pas beau la vie!
a écrit le 14/03/2012 à 18:17 :
La presse française poursuit sa dégringolade. Surtout que la presse régionale est vieillotte et toujours très inféodée aux potentats locaux de gauche comme de droite. J'ai fait mes débuts à Rouen... Je suis désormais retiré après avoir quitté (heureusement ) la presse où la réussite passe par Paris..

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