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2020, l’année de la reconquête pour Canal+ ?

Photo de Pierre Manière

Pierre Manière

Publié le 03 février 2020 à 14:18 - Mis à jour le 03 février 2020 à 14:21

Maxime Saada, le président du directoire de Canal+.

Maxime Saada, le président du directoire de Canal+.

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Le groupe de télévision payante, qui a cassé la tirelire dans les droits sportifs et multiplié les partenariats dans la vidéo à la demande, espère mettre fin à douze années de baisse d’abonnés en France métropolitaine.

Serait-ce l'année du grand rebond pour Canal+ ? De nombreux observateurs le pensent. Il faut dire que le groupe de télévision payante, filiale de Vivendi a, ces derniers mois, mis les petits plats dans les grands. D'abord sur le front des droits sportifs, et en particulier dans le football. Au printemps dernier, Canal+ a récupéré les droits de la Premier League, le prestigieux championnat de foot anglais, pour la période 2019-2020, en signant un chèque de 115 millions d'euros à SFR.

Mais ce n'était que l'apéritif. Fin novembre, le cador de la « pay TV » a mis la main sur les droits de la Ligue des Champions pour la période 2021-2024. Le groupe partagera la diffusion de la compétition avec BeIN. Une emplette coûteuse, puisque les deux groupes dépenseront 375 millions d'euros par an, contre les 315 millions d'euros déboursés par SFR pour les trois années précédentes. Mais elle permet à Canal+ de redevenir incontournable dans le foot, qui constitue un des principaux aimants à abonnés, face à ses rivaux Mediapro et RMC Sport. Il ne manquait, dès lors, qu'une brique importante à Canal+ pour disposer d'une offre footballistique complète : la Ligue 1. En décembre dernier, le groupe a passé un accord avec BeIN Sports pour lui racheter les droits du championnat français pour la période 2020-2024, pour 330 millions d'euros par an.

  • Lire aussi : Football : Canal+ contre-attaque

Résultat, Canal+ « va ainsi proposer toutes les principales compétitions sportive 'premium' en France : L1, LDC, Europa League, Premier League, Top 14 (rugby) et F1, constate Jérôme Bodin, analyste chez Oddo BHF, dans une note publiée le mois dernier. Ceci représente un changement important par rapport à son offre actuelle : la L1, la F1 et le Top 14. » Il rappelle que le sport, « et tout particulièrement le football » constituent « une des principales motivations à l'abonnement (probablement la deuxième après le cinéma ».

En parallèle, Canal+ s'est renforcé sur le front des contenus. Il a dopé son nombre de séries originales, et a posé les bases d'un nouveau modèle de distributeur. L'idée étant de devenir la porte d'entrée privilégiée pour accéder à d'autres acteurs des médias, comme OCS, le bouquet de chaînes payantes d'Orange, de BeIN Sports, de RMC Sport, de Netflix, ou de la nouvelle offre de vidéo à la demande Disney+, attendue fin mars.

« Une offre extrêmement compétitive »

D'après Jérôme Bodin, le groupe Canal+ va donc proposer « une offre extrêmement compétitive » à compter de 2021, et « s'imposer comme la plateforme centrale du marché français ». « Cette logique d'accès et de simplification nous semble très pertinente, enchaîne l'analyste. Alors que le groupe a souffert de l'arrivée de nombreux nouveaux acteurs depuis 2008 (Orange, beIN Sports, Netflix, Amazon, Altice/SFR, Mediapro etc.), nous estimons qu'il dispose dorénavant des contenus dont il a besoin pour réaffirmer son leadership et relancer la croissance de sa base d'abonnés. »

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Dans ce contexte, Canal+ va-t-il inverser la vapeur et reconquérir des fidèles ? En France métropolitaine, le groupe a essuyé douze années de baisse d'abonnés. Au total, il a perdu près de 2 millions de fidèles sur cette période, à 4,5 millions d'abonnés au quatrième trimestre 2019, selon une estimation d'Oddo. Jérôme Bodin table sur « une croissance de la base d'abonnés dès 2020, avec une accélération en 2021 et 2022 sous l'effet du démarrage de certains droits, notamment la Ligue des champions ». Dans un scénario, l'analyste estime que Canal+, en France métropolitaine, pourrait gagner 650.000 abonnés d'ici à 2022, pour un total de 5,2 millions. Cette projection « repose sur notre conviction que la nouvelle grille devrait s'avérer très concluante, mais tient aussi compte d'une concurrence toujours très intense, explique Jérôme Bodin. Il nous semble, pour le moment, préliminaire de tabler sur la disparition de plusieurs acteurs. » Ce qui est sûr, c'est que les résultats de Canal+ vont désormais être scrutés à la loupe.

Pierre Manière

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