Bertelsmann, l’actionnaire allemand de M6, a demandé aux candidats intéressés par le numéro deux français de la télévision de sortir du bois. Ils ont jusqu’à ce vendredi pour proposer une offre. L’objectif est clair : ne pas perdre de temps. Un deal devra nécessairement être bouclé avant le 5 mai prochain. A cette date, M6 renouvellera sa licence de diffuseur, ce qui bloquera toute vente pour une période de cinq ans.Il y a tout juste une semaine, TF1 et M6 ont enterré leur projet de fusion. Leur ambition s'est heurtée à l'Autorité de la concurrence. Celle-ci n'a pas été sensible à leur projet de créer un géant français de la télévision capable de concurrencer sur leurs terres les géants du streaming comme Netflix, lesquels mettent leurs audiences - et donc leurs revenus publicitaires - sous pression. Au regard de l'institution de la rue de l'Echelle, cette union aurait accouché d'un mastodonte ultra-dominant sur le marché de la publicité à la télévision (avec une part de marché globale de plus de 70%). Elle a ainsi conditionné ce deal à la cession d'une grande chaîne - soit TF1, soit M6 -, ce qui constituait une ligne rouge pour les acteurs.
Il n'empêche que TF1 et M6 auraient pu abattre une dernière carte : convaincre le gouvernement de s'opposer à l'Autorité de la concurrence, qui ne devait rendre son avis définitif que le 17 octobre. Il n'y avait, cependant, aucune garantie de réussite. Si l'exécutif s'est montré largement favorable à ce deal, il n'a pas caché sa frilosité à batailler avec l'institution indépendante.
Mais un autre élément peut expliquer la volonté de TF1, et surtout de M6, de clore rapidement ce dossier. Bertelsmann, l'actionnaire allemand de M6 (à hauteur de 48,3%), envisage quoi qu'il en soit de se séparer du numéro deux français de la télévision. Mais il est contraint de boucler cette vente d'ici le 5 mai prochain. C'est-à-dire dans sept petits mois... Pourquoi ? Parce qu'à cette échéance, la licence TNT de M6, d'une durée de dix ans, arrivera à échéance. Or son renouvellement, s'il ne devrait pas poser de problème, interdira toute vente du groupe pour une durée de... cinq ans. Autant dire une éternité.
Une course contre la montre
Autrement dit, Bertelsmann est désormais engagé dans une course contre la montre. Le groupe allemand a demandé aux repreneurs potentiels de M6 de se manifester d'ici ce vendredi. Thomas Rabe, son directeur général, ne veut cependant pas laisser penser qu'il veut vendre coûte que coûte, et qu'il a le couteau sous la gorge. Cette manœuvre ne vise qu'à « tester le marché », a-t-il indiqué au Financial Times. Tout en assurant avoir été « inondé de manifestations d'intérêt » pour M6 depuis une semaine. Mieux, il assure que le « calendrier n'est pas une préoccupation », et que RTL, la maison-mère de Bertelsmann, « n'a aucune pression pour vendre M6 ». Cela dit, nul doute que ce « calendrier » serré, justement, constituera sans doute une belle opportunité, pour certains candidats, de revoir le prix de M6 à la baisse...