Après le deal avorté entre TF1 et M6, l’Arcom défend sa « vertu » et son « indépendance »
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Roch-Olivier Maistre, le président de l'Arcom.
Reuters
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Roch-Olivier Maistre, le président de l'Arcom.
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Depuis l'abandon par TF1 et M6 de leur projet de mariage qui aurait bouleversé le paysage audiovisuel français, une petite musique se fait parfois entendre. Il y aurait de « bons » régulateurs, et un « mauvais » régulateur. Ces considérations émanent notamment de la gauche de l'échiquier politique, particulièrement inquiète de la consolidation des médias entre les mains d'une poignées de puissants milliardaires, comme Vincent Bolloré (Vivendi/Canal+), Patrick Drahi (Altice/BFMTV) ou bien sûr Martin Bouygues, le chef de file du groupe Bouygues et maison-mère de TF1. Du côté des « bons » régulateurs, on aurait l'Autorité de la concurrence, dont les analyses ont poussé TF1 et M6 à jeter l'éponge sur leur projet. Mais aussi l'Arcep. Le régulateur des télécoms s'est en effet inquiété des conséquences du deal. L'institution a notamment évoqué « des risques sur le marché de la fourniture d'accès à Internet, au détriment des utilisateurs ».
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Les avis négatifs de ces deux « gendarmes » (Arcep et Autorité de la concurrence), comme on les appelle, constitueraient la preuve de leur indépendance. Sachant que le gouvernement, pour rappel, s'est toujours montré favorable à un mariage entre TF1 et M6. En revanche, l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel, serait un vilain petit canard parce que son analyse penchait en faveur d'une fusion. Elle semble, plus exactement, comprendre le projet de TF1 et de M6 de bâtir un champion du streaming pour lutter contre les Netflix, Disney+ et Amazon Prime, dans un contexte de révolution des usages liée à l'essor du numérique. « Ces mutations mettent les acteurs historiques au défi de faire évoluer leur modèle éditorial, et, à cet égard, d'accroître leurs investissements, souligne l'Arcom dans un avis commandé par l'Autorité de la concurrence. « Ces investissements s'imposent alors que, face à la baisse de la durée d'écoute individuelle (DEI) et au vieillissement des téléspectateurs et des auditeurs, les ressources publicitaires stagnent. »