Comment Bolloré va employer ses 2 milliards d'euros pour relancer Canal+

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Le dirigeant de Vivendi, qui a pris en septembre la présidence du conseil de surveillance de Canal+, a évoqué plusieurs pistes de relance portant sur les contenus, l'internationalisation et la technologie.
Le dirigeant de Vivendi, qui a pris en septembre la présidence du conseil de surveillance de Canal+, a évoqué plusieurs pistes de relance portant sur les contenus, l'internationalisation et la technologie. (Crédits : Reuters)
Face aux difficultés de sa filiale, le groupe de médias et de divertissement, riche de 8 milliards d'euros de trésorerie après une vague de cessions, a annoncé un plan d'investissement de deux ans afin de renouer avec une "croissance de long terme".

Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi, s'est dit prêt à investir quelque 2 milliards d'euros en vue de relancer le spécialiste de la télévision payante Canal+, confronté à une érosion de sa base d'abonnés, a-t-on confirmé vendredi de source proche de la chaîne cryptée.

88.000 abonnés perdus depuis le début de l'année

Fragilisé par l'essor des offres de vidéos en ligne type Netflix et par la concurrence des chaînes qataries beIN Sports, le numéro un de la télévision payante en France a perdu 88.000 abonnés dans l'Hexagone sur les neuf premiers mois de l'année, selon des chiffres publiés mardi soir qui ont fait dégringoler l'action de sa maison mère en Bourse.

Face aux difficultés de sa filiale, le groupe de médias et de divertissement, riche de 8 milliards d'euros de trésorerie après une vague de cessions, a annoncé un plan d'investissement de deux ans afin de renouer avec une "croissance de long terme", sans donner de montant.

Des moyens nécessaires

Devant les salariés de Canal+ réunis à l'Olympia, salle de spectacle détenue par Vivendi, Vincent Bolloré, qui a repris en main la chaîne cryptée depuis l'été, s'est montré, jeudi, plus précis en évoquant une enveloppe de 2 milliards d'euros.

Le dirigeant de Vivendi, qui a pris en septembre la présidence du conseil de surveillance de Canal+, a évoqué plusieurs pistes de relance portant sur les contenus, l'internationalisation et la technologie.

Il a notamment parlé d'une remise au goût du jour des Décodeurs de Canal+ qui pourrait représenter un investissement de l'ordre de 600 millions d'euros.

Repasser à l'offensive sur le sport

Il a également souligné la nécessité pour la chaîne cryptée de repasser à l'offensive sur le front des droits sportifs où Canal+ a perdu plusieurs compétitions phares désormais diffusées sur les chaînes concurrentes BeIN Sports.

Devant les salariés de Canal+, Vincent Bolloré a aussi défendu sa reprise en main musclée de la chaîne qui s'est soldée par un remaniement en profondeur de l'état-major et par une refonte de certains programmes avec pour l'instant des succès relatifs en terme d'audience.

"Nous pensons que le management va dans la bonne direction en réinvestissant et en réorganisant Canal+. Il n'y a pas d'autre issue à l'ère de Netflix", estiment les analystes d'Exane BNP Paribas dans une note publiée mercredi. "Mais cela sera douloureux, bien plus que prévu".

A 09h45, l'action de Vivendi reculait de 0,7% à 19,98 euros. Depuis le début de l'année, elle baisse de 3,46% alors que l'ensemble du secteur des médias en Europe affiche une progression de 13%.

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Commentaires
a écrit le 13/11/2015 à 22:40 :
La conception de la liberté de la presse est étonnante en démocratie de type néo libérale. La presse est la chose de grands financiers. Les trois pouvoirs réels ( mediatiques, économiques, politiques ) sont aux mains d une oligarchie incompétente et corrompue et tout le monde s accommode de cette situation qu on qualifié volontiers de " normale "
a écrit le 13/11/2015 à 16:09 :
Ils vont vouloir acheter La Tribune !! :D
a écrit le 13/11/2015 à 15:43 :
A qui s'adresse Canal+ avec son coût d'abonnement extravagant ? Face à la concurrence, il devrait envisager un abonnement sans engagement.
a écrit le 13/11/2015 à 13:57 :
L'humour ne s’achète pas et Canal + n'a pas le monopole de ce dernier.. La preuve depuis des années il n'y a de place que pour des monologues d'animateurs bobo qui ne font rire qu'eux... Les guignoles étaient devenus grotesques et parfois vulgaires (un bien qu'ils aient disparu). Mais voila les grosses boites, l'humour et la distraction cela fait 10....... Il n'a pas compris mais ce n'est pas grave, il licenciera si il se plante et collera la faute sur les autres chaines... Lamentable CAC 40 (40 comme 1940 ?????)
Réponse de le 13/11/2015 à 18:48 :
C'est faux, les grosses boites ont aussi de l'humour : l'humoir noir. C'est loin de l'humour de bar pmu. De gustibus et coloribus non disputandum.

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