Déplacement de Macron au Mali: passée au tri sélectif, la presse réagit
Alice Cassoulat
Alice Cassoulat
"Monsieur le président, il n'appartient pas à l'Élysée de choisir les journalistes." Plusieurs médias ont constaté dernièrement de nombreux changements dans la communication de l'Elysée et du nouveau président de la République, Emmanuel Macron.
Après avoir été reconduite au portail de l'Elysée à la fin du Conseil des ministres ce jeudi 18 mai, et mise à l'écart lors de la photo traditionnelle du nouveau gouvernement, la presse s'inquiète de voir une dégradation de sa liberté. En effet, non seulement les journalistes n'ont-ils pas eu le temps de récolter quelques témoignages à la fin du Conseil, mais au lieu de se faire comme à l'habitude, sur le perron de l'Elysée, la photo a été prise à l'intérieur du palais, à l'abri des appareils des photographes.
De plus, l'Elysée a annoncé, la veille du voyage d'Emmanuel Macron au Mali, que désormais, son service de communication désignerait les journalistes qui auront le droit de couvrir les déplacements du président. Ceux-ci seront choisis en fonction de leur spécialité. D'après le Monde, certains journalistes spécialisés dans la défense ont été directement appelés pour le séjour de ce vendredi 19 mai au Mali, et d'autres médias n'ont même pas pu envoyer les leurs en raison d'un manque de places pour le voyage (seulement 25 places on été attribuées à la presse).
Ce jeudi, lors de sa première conférence de presse, le porte-parole du nouveau gouvernement d'Emmanuel Macron, Christophe Castaner, a tenté de rassurer les journalistes présents. Selon lui, pas de raison de s'inquiéter : le président de la République ne souhaite pas verrouiller sa communication.
Au sujet du nombre limité de places pour le voyage au Mali, et de la sélection des journalistes par l'Elysée, Christophe Castaner a répondu que ces mesures avaient été prises pour un meilleur déroulement de ce déplacement présidentiel. Le contexte militaire dans le pays obligerait à mettre en place d'extrêmes précautions.
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D'après le journal Marianne, l'Elysée souhaiterait aussi donner plus d'accès aux journalistes spécialisés plutôt que d'avoir toujours un monopole de journalistes politiques qui traitent l'actualité présidentielle.
Pour ce qu'il en est de l'évacuation rapide des journalistes après le Conseil, Christophe Castaner justifie que c'était "pour une raison pratique" d'organisation pour prendre la photo de famille des membres du gouvernement. La presse devrait selon lui, retrouver sa "place habituelle" dès la semaine prochaine.
"J'entends bien vos inquiétudes, je les relayerai," a promis Christophe Castaner à la fin de sa conférence de presse, pour tenter d'apaiser les esprits.
Cet incident en a fait réagir plus d'un. Dans une lettre ouverte au Président de la République Emmanuel Macron, plus de quinze médias revendiquent leur droit de liberté de presse et rappellent à l'ordre le nouveau dirigeant du pays.*
De plus, les journalistes à l'origine de la lettre n'hésitent pas à rappeler que cette restriction imposée à la presse "nuit à la démocratie" et qu'aucun président avant lui n'avait osé une telle action.
Aux dernières nouvelles, le responsable de la communication du Président de la République, Sylvain Fort a répondu au Monde, en assurant que l'Elysée ne comptait pas imposer un choix de journalistes.
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À lire également
*Une lettre signée par les sociétés des journalistes de l'AFP, BFM TV, Les Echos, Europe 1, Le Figaro, Rédaction nationale de France 3, France Info, France Inter, Libération, les JT de M6, Mediapart, Le Monde, Le Parisien, Le Point, RFI, RMC, RTL, Télérama, TF1.
Alice Cassoulat