Le magnat tchèque de l’énergie, qui fait une entrée aussi surprenante que fracassante dans la presse française ces dernières années en rachetant Marianne, Elle, puis en prenant pied au capital du Monde, poursuit ses emplettes. Il vient de mettre la main sur 5,05% de la chaîne du groupe Bouygues, en attendant un possible mariage de celle-ci avec M6.Il affiche une faim de loup. Daniel Kretinsky vient d'entrer au capital du leader français de la télévision, à savoir TF1. Selon Les Echos, le milliardaire et magnat tchèque de l'énergie a récemment acquis 5,05% du fleuron du petit écran du groupe Bouygues. Cet investissement a été réalisé via Vesa Equity Investment, sa société luxembourgeoise. Rien ne dit, aujourd'hui, qu'il en restera là, et n'augmentera pas sa participation dans les semaines à venir.
L'opération n'a pas été réalisée avec l'accord du groupe Bouygues, qui possède près de 44% de TF1. Mais Daniel Kretinsky se veut rassurant : son initiative ne serait « en aucune façon hostile, bien au contraire », déclare-t-il aux Echos. A l'en croire, TF1 serait simplement « une société dans laquelle nous croyons en raison de sa solidité ». Il se félicite, par ailleurs, de sa possible fusion avec M6, « à laquelle nous sommes très favorables ».
Kretinsky et son « combat » contre les Gafa
Avec cette emplette, il semble persuadé, lui qui comptait parmi les prétendants au rachat de M6, que le deal se fera. Il faut dire que tous les signaux sont, pour le moment, au vert. La semaine dernière, Roch-Olivier Maistre, le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), s'est montré très favorable à ce mariage. Selon lui, il est « compréhensible » que TF1 et M6 cherchent à fusionner au regard « des transformations à l'œuvre du paysage médiatique ». Le chef de file du régulateur du secteur a notamment évoqué la compétition, de plus en plus féroce, avec les géants américains du Net et de la vidéo à la demande.
Un argumentaire que Daniel Kretinsly pourrait parfaitement reprendre à son compte. En 2018, lorsqu'il a pris pied au capital du Monde en rachetant 49% des parts de Matthieu Pigasse, il avait justifié - sans forcément convaincre - cet investissement par son souhait de mener la lutte face aux géants du numérique. « Je pense que les médias ont un combat à mener sur la régulation des Gafa, avait-il déclaré aux Echos. Certains exercent une concurrence sauvage aux médias standards, et d'autres captent beaucoup trop de la valeur. »