En rachetant Mediaset, Vivendi veut concurrencer Netflix

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(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Vivendi et Mediaset, contrôle par Silvio Berlusconi, ont annoncé vendredi un accord sur la vente par le groupe de médias italien au français de 100% de sa filiale de télévision payante Premium. Ils vont lancer une plateforme de contenus susceptible de concurrencer Netflix

La marche italienne continue pour Vivendi. Après être récemment devenu l'actionnaire de référence de l'opérateur italien Télécom Italia, dont il détient désormais 24,9%, le groupe de Vincent Bolloré frappe un grand coup de l'autre côté des Alpes en concluant, ce vendredi, avec Mediaset, propriété du magnat italien Silvio Berlusconi, un "accord stratégique" qui prévoit le rachat de la chaîne de télévision payante Mediaset Premium par Vivendi (propriétaire de Canal+) et le lancement d'une plateforme de contenus susceptible de concurrencer l'américain Netflix. Ceci dans le cadre plus large d'un échange de participations.

Streaming

Dans un communiqué en effet, Vivendi précise qu'aux termes de l'accord, une part de 3,5% de son capital sera échangée "contre 3,5% du capital de Mediaset et 100% du capital de la société de télévision payante Mediaset Premium", détenue jusqu'à présent à 89% par Mediaset et à 11% par le groupe espagnol Telefonica.

Ce montage particulier est la conséquence de la différence des capitalisations boursières des deux groupes (quelque 25 milliards d'euros pour le Français, un peu plus de 4 milliards pour la société italienne.

L'accord prévoit une clause de "lock-up", avec une impossibilité pour Vivendi de monter au-dessus de 5% pendant les trois premières années.Concernant son entrée au conseil d'administration du groupe de Vincent Bolloré, un "ami de longue date" de Silvio Berlusconi, 79 ans, selon ce dernier, son fils a indiqué ne pas exclure que cela se produise, mais, a-t-il dit, nous parlons de "sociétés cotées, ce n'est pas aussi simple et aujourd'hui ce n'est pas prévu".

Ce bouquet, qui dispose en particulier des droits de la Ligue des Champions de football jusqu'en 2018, a essuyé une perte nette de 83,8 millions d'euros. Il comptait 2,01 millions d'abonnés fin décembre, contre 1,7 millions six mois plus tôt. A titre de comparaison, son concurrent Sky Italia en compte 4,7 millions. Mediaset contrôle également trois chaînes de télévision gratuites et herztiennes en Italie (Canale 5, Rete 4 et Italia 1).

Groupe paneuropéen

Cet accord permettra notamment de créer la première plate-forme européenne de contenus en streaming", avec la convergence des structures des deux groupes en Italie, France, Espagne et Allemagne, pour proposer "une large offre de films et de sériés télévisées".

Evoquant cet accord, Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi, a souligné que "cet investissement démontrait une fois de plus notre engagement et nos liens étroits avec l'Italie: la confirmation de notre stratégie, toujours répétée, de créer un groupe pan-européen leader dans le secteur des médias et de la production de contenus".

La réalisation de cet accord, qui devrait intervenir dans les prochains mois, est soumise à l'approbation des autorités réglementaires compétentes."

 Le titre flambe en Bourse

Mediaset, dont le titre a grimpé vendredi de 5,4% à la Bourse de Milan dans l'attente de cet accord, a souligné que le projet avec Vivendi permettrait "l'émergence d'un nouvel acteur majeur dans le domaine des contenus" avec la création d'une nouvelle structure, en s'appuyant pour la distribution sur les réseaux télévisés des deux groupes en Italie, France et Espagne.

Depuis plusieurs semaines, les médias italiens bruissaient de rumeurs quant à l'intérêt supposé de Vivendi pour Mediaset, et en particulier pour Premium, alors que le groupe français a commencé il y a un an à s'implanter en Italie, déchaînant les spéculations.

Le groupe de Vincent Bolloré est ainsi devenu l'actionnaire de référence de l'opérateur italien Télécom Italia.

"Nous croyons à l'intégration entre les sociétés de télécoms et de broadcasting", a récemment affirmé le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine.

Selon la presse italienne, Vivendi serait près à continuer ses emplettes en Italie. Le groupe serait aussi intéressé dans le pays par la société de production Cattleya ("Romanzo criminale, "Gomorra" ).

 Interrogé par les médias, le vice-président de Mediaset, Pier Silvio Berlusconi, a indiqué pour sa part que cet accord ne signifiait pas la sortie de la famille Berlusconi du secteur des médias. "Au contraire, nous avons la volonté et je le dis avec la plus grande conviction d'investir et de développer. La preuve sont les investissements réalisés dans la radio, en matière de livres et avec Banzai".

 L'opération est une étape primordiale du projet de Vincent Bolloré de créer un empire des médias en Europe du Sud capable de rivaliser avec Sky et le géant américain de la vidéo en ligne Netflix.

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Commentaires
a écrit le 10/04/2016 à 11:21 :
Concurrencer Netflix? Bonne chance!..
a écrit le 09/04/2016 à 17:16 :
La chance va peut-être quitter bollore avec la lumière qui arrive sur ces activités en Afrique et ces méthodes à canal plus
Rendez vous fin 2016 pour voir combien il restera d abonnées à canal et combien faudra Vivendi
La perte du foot et de l image de canal va sûrement entraîner une severe chute
a écrit le 09/04/2016 à 11:47 :
Bolloré avance ces pions. Cet accord signe la convergence d'intérêts entre Téléfonica et Vivendi qui doit lui apporter Télécom Italia. On notera que Médiaset dont l'espagnol se retire, devenu désormais Vivendi, détient la chaine 5 et 4 en Espagne, ce qui enrobe les diverses manoeuvres d'une volonté évidente de compensation. A cette vente prochaine de Télécom Italia qui fera de Téléfonica un grand d'Europe dans les "tuyaux", vient en contrepartie la montée de Vivendi comme grand d'Europe dans les contenus et services toutes offres confondues. On sait que partout ces derniers prennent le dessus sur les premiers et que par ailleurs tout accord franco-espagnol voit émerger rapidement l'avantage à la France. On sait aussi que tous les réseaux vont être confrontés aux décisions de mise en commun à moyen terme des structures techniques en vue d'un croisement intercontinental et donc disparaître en tant qu'unités propres. Bolloré en quelques petites années, avec Vivendi, se taille donc un large costume de géant mondial.
L'effet de levier sera d'autant plus grand que Téléfonica aura payé cher sa future acquisition.

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