L’Autorité de la concurrence jette un froid sur le deal TF1-M6
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La tour TF1, à Boulogne-Billancourt.
Reuters
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C'est un signal particulièrement négatif que vient d'envoyer l'Autorité de la concurrence. L'institution de la rue de l'Echelle doit se prononcer sur le projet de mariage entre TF1 et M6. Son aval est crucial : sans lui, le deal s'envole. Cela fait des mois que les équipes de l'autorité planchent sur cet épineux dossier, qui pourraient chambouler tout le paysage audiovisuel français. Mais ce mardi, en marge de la présentation des résultats semestriels de M6, Nicolas de Tavernost, le président du directoire du groupe, a affirmé qu'un rapport fraichement remis par l'institution n'était guère favorable à cette union.
On comprend que l'autorité ne dit pas « non ». Qu'elle ne ferme pas complètement la porte. Mais que les « remèdes » qu'elle propose - c'est-à-dire des cessions d'actifs ou des systèmes de murailles de Chine entre différents services par exemple - sont beaucoup trop lourds au regard des états-majors de TF1 et de M6. Ces mesures « ne permettraient pas de bâtir un projet industriel cohérent », a lâché Nicolas de Tavernost, qui doit prendre la tête du nouvel ensemble si le deal aboutit.
Dans un communiqué envoyé dans la foulée de ces déclarations, TF1 et Bouygues, sa maison-mère, ne disent pas autre chose. Ils affirment qu'aux yeux des « services d'instruction » de l'autorité, « l'opération soulève des problèmes de concurrence significatifs ». « La nature et l'étendue des remèdes requis dans le rapport d'instruction feraient perdre toute pertinence au projet des parties qui, dans ce cas, l'abandonneraient », poursuivent-ils. Le problème pour l'Autorité de la concurrence, indiquent Bouygues, TF1 et M6, concerne surtout « le marché de la publicité ». En clair: la part de marché cumulée des deux mastodontes de la télévision serait trop importante.
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Ce n'est pas une surprise. TF1 et M6 savent depuis le début que c'est là « le » point qui suscite le plus de critiques, et qui peut faire tout capoter. Concrètement, l'ensemble TF1-M6 pèserait plus de 70% de la publicité à la télévision. Cela constitue forcément un problème. Mais TF1 et M6 ne cessent de répéter que leur part de marché serait bien moindre en incluant la publicité numérique, dominée par les grandes plateformes américaines. Ils martèlent depuis longtemps que l'autorité doit revoir son logiciel, et ne plus seulement se focaliser sur la publicité à la télévision... Après tout, arguent-ils, l'Autorité de la concurrence n'a-t-elle pas autorisé la fusion Fnac-Darty, en 2016, en considérant la concurrence d'Amazon et de PriceMinister dans la vente de l'électroménager en ligne ?