Le fiasco des droits TV, révélateur des travers de l’économie du foot
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Un arbitre donnant un carton rouge, le 16 décembre dernier, lors d'un match entre Rennes et Marseille.
Reuters
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Un arbitre donnant un carton rouge, le 16 décembre dernier, lors d'un match entre Rennes et Marseille.
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C'était le 30 mai 2018. Au beau milieu du printemps, la Ligue de football professionnel (LFP) peut sabrer le champagne. Ses dirigeants annoncent officiellement la bonne nouvelle : la mise en vente des droits de la Ligue 1 et de la Ligue 2 pour la période 2020-2024 a accouché d'un montant faramineux, de près de 1,2 milliard d'euros par an. Du jamais vu. Un record. Ce « milliard », dont rêvait tout le foot français pour enfin changer de dimension, représente une inflation de 60% par rapport à la précédente vente, qui avait rapporté 762 millions d'euros par an. « C'est un appel d'offres fructueux, avec une augmentation significative de nos droits TV », s'est félicitée Nathalie Boy de la Tour, la présidente de la LFP.
Cette arrivée spectaculaire d'argent frais a été rendue possible par l'irruption d'un nouvel acteur aux dents longues : Mediapro. Le groupe sino-espagnol a cassé la tirelire pour rafler 80% des droits TV, poussant Canal+, pourtant diffuseur historique du foot français, à jeter l'éponge. Rentré bredouille au terme de l'appel d'offres, l'état-major de la chaîne cryptée n'a pas caché tout le mal qu'il pensait de cette attribution. Aux yeux de Maxime Saada, son chef de file, le montant déboursé par Mediapro outrepasse toute « logique économique » sur le marché français.
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En parallèle, de nombreux observateurs ont rapidement critiqué cette attribution. Malgré l'essor du PSG, l'arrivé du prodige brésilien Neymar, la Ligue 1 vaut-elle vraiment aussi cher ? Mediapro sera-t-il capable de rendre le championnat plus attractif, et atteindre, à terme, jusqu'à 5 millions d'abonnés payants, à 25 euros par mois, pour rentrer dans ses frais ? Surtout : derrière les paillettes, Mediapro dispose-t-il d'une surface financière suffisante ? Ce point, crucial, a fait débat. Spécialiste des droits du football, Pierre Maes estimait il y a plus d'un an, dans Le Parisien, que le risque était grand que Mediapro « plante » la Ligue. Le problème ? La LFP n'a pas jugé important de demander une garantie bancaire au groupe sino-espagnol. Elle s'est contentée d'une simple caution solidaire de son actionnaire chinois. Or bien avant l'appel d'offres français, Mediapro s'est fait retoqué une offre faramineuse de plus d'un milliard d'euros sur les droits du foot italien faute, justement, d'offrir une garantie bancaire.