La décision de Vivendi de faire coter ses filiales Canal + à Londres et Havas à Amsterdam remet en lumière les réflexions de TotalEnergies sur une éventuelle double cotation à Paris et New York. Et ce, à peine un mois après l’adoption d’une loi sur l’attractivité de la place de Paris. Reste à savoir si la décision de Vivendi relève davantage d’une logique patrimoniale et boursière que stratégique.L'indice phare de la place de Paris, le CAC 40, s'apprête à perdre l'une de ses valeurs historiques. Le projet de scission du groupe Vivendi, attendu par les marchés et promis par l'actionnaire de contrôle Vincent Bolloré, devrait se traduire, selon un communiqué du groupe, par la cotation de ses principaux actifs à Londres (Canal +) et à Amsterdam (Havas). Rappelons que Vivendi avait déjà choisi les Pays-Bas pour faire coter sa filiale Universal Music Group (UMG) lors d'une précédente scission en 2021.
Les activités de l'édition resteront cotées à Paris, comme d'ailleurs la holding Vivendi, transformée du coup en société de gestion de portefeuille. L'idée est de réduire « la décote de holding » de Vivendi en valorisant au mieux les différentes activités, notamment par rapport à ses pairs internationaux.
« Ce projet de Vivendi pose plusieurs questions, et notamment celle de savoir si c'est ou non un choix patrimonial de la famille Bolloré. Je ne vois pas pourquoi ces actifs seront mieux valorisés à Londres ou à Amsterdam », réagit Olivier de Guerre, président de la société de gestion Phitrust.
Les deux sujets de TotalEnergies
Evidemment, cette annonce de double cotation dans des places étrangères renvoie à l'émotion suscitée en mai dernier lorsque Patrick Pouyanné, PDG du groupe pétrolier TotalEnergies, avait évoqué des réflexions sur une éventuelle cotation à New York. Le dirigeant avait alors clairement posé deux sujets. Le premier concernait l'impressionnant écart de valorisation, entre 40 et 60%, entre le groupe français, pourtant l'un des mieux gérés du secteur, et ses concurrents américains. Un écart de valorisation également avancé par Vivendi pour justifier une cotation à Londres.