AG de TotalEnergies : le mandat de Patrick Pouyanné sous la pression d'une partie de ses actionnaires
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
REUTERS/Charles Platiau
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
REUTERS/Charles Platiau
[Article publié à 19:10 le 23/05/24 et mis à jour le 24/05/2024 à 11:55]
Ce n'est évidemment pas un hasard de calendrier. A la veille de son assemblée générale, qui promet d'être à nouveau chahutée par des ONG fustigeant sa politique climatique et environnementale, TotalEnergies a officialisé avoir franchi le cap des 2 gigawatts (GW) de capacités d'énergies renouvelables installées dans l'Hexagone. La quatrième major mondiale du pétrole, qui célèbre cette année son centenaire, soutient être devenu un « leader de la transition énergétique en France », avec quelque 400 millions de dollars investis dans ce domaine en 2023 à l'échelle nationale. Au niveau mondial, ses capacités déployées dans l'éolien et le solaire ont, elles, franchi la barre des 22 GW. Un niveau dont peu d'acteurs peuvent effectivement se prévaloir.
Mais pas de quoi convaincre les ONG environnementales et les activistes climatiques, loin de là. Des organisations ont, en effet, appelé à bousculer l'AG, qui se tiendra ce jour à 14 heures au siège du géant pétrolier situé à La Défense. C'est le cas notamment du mouvement Extinction Rébellion, qui exige l'abandon de projets très controversés en Ouganda/Tanzanie, au Mozambique ou encore en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Quelque 300 à 600 manifestants seraient attendus. Dans ce contexte électrique, la préfecture de police de Paris a dû annoncer jeudi soir l'interdiction de toute manifestation « non déclarée ». Ce matin, la police est présente en nombre dans le quartier d'affaires de la Défense tandis que des barrières ont été installées devant l'entrée du siège, rapporte l'AFP.
« La stratégie climatique de TotalEnergies reste défaillante. Deux tiers de ses investissements continueront à être fléchés vers le pétrole et le gaz d'ici 2028 », pointe Antoine Bouhey, spécialiste de TotalEnergies chez Reclaim Finance. Le groupe a, par ailleurs, annoncé en septembre dernier vouloir augmenter sa production pétro-gazière de 2 à 3% par an jusqu'en 2028. « Ce qui va à l'encontre des recommandations de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui préconise une baisse d'environ 20% de la production de pétrole et de gaz d'ici à 2030 pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré », souligne Louis-Maxence Delaporte, analyste énergie au sein de l'ONG Reclaim Finance. Sur ce point, la major pétro-gazière se détache même d'autres mastodontes du secteur. « BP s'est engagé à diminuer sa production de pétrole et de gaz tandis que Shell entend maintenir sa production de pétrole », note Louis-Maxence Delaporte.
Juliette Raynal