Pour la Cour des comptes, La Poste doit accélérer sa transformation

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La Poste devra dans les années à venir chercher sans relâche à réduire les coûts de ses réseaux, notamment en poursuivant la réduction de ses effectifs et en maîtrisant l'évolution des rémunérations, estime la Cour.
"La Poste devra dans les années à venir chercher sans relâche à réduire les coûts de ses réseaux", notamment en poursuivant la réduction de ses effectifs et en maîtrisant l'évolution des rémunérations, estime la Cour. (Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Face à un environnement incertain, marqué par la baisse continue des volumes de courrier, la Cour des comptes recommande à la Poste d'accélérer sa transformation pour assurer son équilibre financier, dans un rapport publié mardi.

L'optimisme n'est guère de mise. Face à un environnement incertain, marqué par la baisse continue des volumes de courrier, la Cour des comptes recommande à la Poste d'accélérer sa transformation pour assurer son équilibre financier, dans un rapport publié mardi. "L'existence de risques exogènes et les incertitudes pesant sur ses relais de croissance soulèvent des doutes sur la capacité de La Poste à réaliser les objectifs qu'elle s'est fixés pour 2020", notent les Sages de la rue Cambon dans ce document. L'entreprise ambitionne notamment d'atteindre un résultat d'exploitation de 2 milliards d'euros en fin de décennie.

"La Poste devra dans les années à venir chercher sans relâche à réduire les coûts de ses réseaux", notamment en poursuivant la réduction de ses effectifs et en maîtrisant l'évolution des rémunérations, estime la Cour. Elle préconise également une réorganisation du réseau de bureaux de poste, en transformant ceux à faible activité en zone urbaine et rurale. Cette restructuration est déjà en cours, souligne-t-elle. Sur 17.088 "points de contacts", 7.939, soit 46%, sont déjà gérés via des partenariats, par exemple avec des mairies ou des commerces. Les Sages évoquent aussi la nécessité de continuer à miser sur de nouveaux relais de croissance dans un contexte d'incertitudes.

"La priorité absolue, c'est le développement"

"Nous partageons beaucoup de constats et de propositions de la Cour", a déclaré à l'AFP Nicolas Routier, directeur général adjoint de La Poste. "Nous sommes dans cette transformation et la priorité absolue, c'est le développement", autour des activités actuelles, comme le colis ou la banque, mais aussi autour de nouveaux services, comme La Poste mobile, a-t-il ajouté. L'entreprise est "confrontée à la chute continue des volumes du courrier qui réduit de 500 millions d'euros le chiffre d'affaires chaque année", indique le rapport qui n'exclut pas une accélération de la baisse dans les années qui viennent. De plus, la livraison de colis express, activité qui devrait continuer de croître, est un segment très concurrentiel, ce qui a tendance à tirer les prix vers le bas.

A cela s'ajoute la persistance des faibles taux d'intérêt, qui entraîne un manque à gagner pour La Banque Postale. En outre, la Cour des comptes s'inquiète de "fragilités persistantes", notamment internes. "La complexité des relations sociales rend délicate la recherche du bon équilibre entre le rythme des transformations et le maintien d'un climat social satisfaisant", indique le rapport. Des cas de souffrance au travail ont conduit à la création d'une commission de dialogue, dont les travaux ont amené à opter pour une pause dans la réorganisation de l'entreprise. "Il faut trouver le bon équilibre entre l'accélération de la transformation stratégique et business et l'équilibre de la cohésion du corps social, transformer La Poste c'est une réalité quotidienne, ça se fait avec les postiers, il faut qu'ils soient convaincus", a souligné M. Routier.

Des efforts de modernisation

"Ça veut dire beaucoup de formation, des méthodes de conduite de changement qui privilégient le dialogue et une intense activité de négociation", a-t-il ajouté. La Cour a par ailleurs salué les transformations déjà effectuées, notamment la réorganisation industrielle de l'activité courrier, celle du réseau de bureaux ainsi que la diminution des effectifs. Ces "efforts de modernisation" ont permis à La Poste de résister à un environnement économique défavorable entre 2010 et 2015. L'entreprise dégage ainsi des résultats d'exploitation positifs et stables, mais depuis 2013 ils proviennent en partie du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE).

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 14/12/2016 à 2:06 :
40% d'Augmentation de tous les tarifs grand public en moins de cinq ans : envois de plis, colis, Boite Postale......
a écrit le 13/12/2016 à 17:36 :
"et en maîtrisant l'évolution des rémunérations"

Je ne doute pas un instant que les cadres de la Poste beaucoup trop nombreux comme dans la plupart des boites d'ailleurs vont maitriser l'évolution de la rémunération du grouillot voir les virer pour continuer de toucher leur propre salaire, un classique.
a écrit le 13/12/2016 à 17:15 :
D'un autre côté il y a de l'immobilisme et une telle complexité de ces mastodontes, à se demander si les reformes et une réorganisation sont encore possibles.
C'est presque du classique pour des structures habituées à vivre dans un univers sans concurrence.
Pourtant l'avenir était prévisible en raison de la montée en puissance du numérique. Il aurait fallu anticiper.

D'autant plus que le numérique a aussi apporté des possibilités de développement avec la montée en puissance du commerce en ligne. Et là c'est tout de même un loupé majeur, à voir le nombre de points de livraison et les transporteurs qui se développent partout. A croire que la logistique de la poste n'est plus capable de suivre.
Il leur reste encore une chance de s'adapter, mais la cour des comptes a raison, il faut faire vite.
a écrit le 13/12/2016 à 15:48 :
Ce type de rapport de la cour des compte sous forme de troll doit cesser surtout en ce qui concerne La Poste. On a l'impression que l'argent a plus d'intérêt que les vagues de suicides auxquels face cette boite.

C'est une honte!
Réponse de le 13/12/2016 à 20:01 :
C'est le rôle de la cour des comptes de pointer les dysfonctionnements ou de dénoncer les mauvais usages des finances publiques, et même à la limite de faire des recommandations.

Il y a un interventionnisme de la CC qui devient problématique depuis quelques temps, on croirait que c'est devenu un think tank néolibéral alors que c'est supposé être une entité sinon apolitique, du moins non partisane.

Elle n'est pas habilitée à faire les business plans des entreprises publiques ou de décider des grandes orientations des politiques publiques.

La CC pointe du doigt les problèmes, mais le gouvernement a toute latitude pour choisir les solutions qu'il souhaite mettre en œuvre.
a écrit le 13/12/2016 à 14:55 :
Pauvres citoyens naïfs qui vont vers les banques en ligne pour économiser 45 euros par an en risquant l'arnaque à tout moment mais qui vendent ou achètent leurs biens immobiliers avec des agences immobilières.
Ces dernières leur ponctionnent des milliers d'euros pour une service quasiment néant (tu fais une annonce prélable sur un site de vente, tu bloques 4 jours pour les visites, tu fais faire un diagnostic à 280 euros et basta).
On a vendu 3 maisons de la sorte sans verser ou faire payer par l'acheteur 25000 ou 30 000 euros de commissions.

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