Pourquoi les GAFAM se lancent dans les jeux vidéo en streaming

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Le géant de l'e-commerce Amazon serait actuellement en discussion avec des éditeurs de jeux vidéo pour élaborer un catalogue de titres pour une plateforme de streaming.
Le géant de l'e-commerce Amazon serait actuellement en discussion avec des éditeurs de jeux vidéo pour élaborer un catalogue de titres pour une plateforme de streaming. (Crédits : Carlos Jasso)
Après avoir développé des offres de streaming dans la vidéo et l'audio, les géants de la tech s'attaquent au secteur juteux des jeux vidéo. Le marché du jeu vidéo a généré 137 milliards de dollars en 2018 (+13,3% sur un an). De quoi attirer dans ses rangs Google, Microsoft et désormais Amazon.

Une nouvelle bataille du divertissement pourrait bientôt se jouer entre les géants de la tech. Après avoir lancé des offres de streaming pour la vidéo et la musique, certains des GAFAM (acronyme désignant Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) veulent miser sur le jeu vidéo. Dernière rumeur en date : Amazon, l'ogre du e-commerce, travaillerait sur une plateforme de streaming de jeux vidéo, selon le site spécialisé The Information. Ce genre de service permettrait directement d'accéder en ligne à un catalogue de jeux vidéo en accès illimité - exit les bons vieux disques et les téléchargements.

Selon The Information, Amazon serait actuellement en discussion avec des éditeurs de jeux vidéo pour élaborer son catalogue de titres. Le service pourrait être lancé "au plus tôt" d'ici 2020. Autre indice mettant la puce à l'oreille : Amazon a ouvert 64 postes pour muscler son service "Game Studios", dédié aux jeux vidéo. Parmi eux, au moins trois postes sont dédiés au "cloud games". En effet, les jeux vidéo seraient directement hébergés sur des data center - et non sur les consoles ou les ordinateurs des joueurs. Les data center fourniront ainsi la puissance nécessaire pour faire fonctionner différents types de jeux. Cette nouvelle mode de consommation des jeux vidéo adresse une promesse : plus besoin de se ruer sur les consoles derniers cris (souvent vendues à prix d'or) pour améliorer sa puissance de jeu. Un ordinateur bas de gamme, accompagné d'une bonne connexion Internet pour éviter les latences, pourra désormais faire l'affaire.

Google et Microsoft, déjà en ordre de bataille

En la matière, Amazon dispose de plusieurs avantages. L'entreprise de Jeff Bezos a mis la main sur Twitch, plateforme de diffusion de jeux vidéo en ligne (e-sport), en 2014 pour 970 millions de dollars. La plateforme revendique 15 millions d'utilisateurs actifs par jour - soit un vivier potentiels de joueurs. En 2017, Amazon a également acheté pour 10 millions de dollars GameSparks, spécialisée dans le cloud pour jeux vidéo. Sans oublier le plus important : pionnier dans l'infrastructure cloud via sa filiale "Amazon Web Services" (AWS), la firme de Seattle est n°1 mondial  - loin devant Google Cloud et Azure de Microsoft, deux concurrents également intéressés par le streaming des jeux vidéo.

En octobre dernier, Google a dévoilé son "Projet Stream", permettant de jouer en quelques clics depuis le navigateur Chrome. La firme de Mountain View s'est associée à l'éditeur français Ubisoft pour permettre à quelques joueurs de jouer au jeu Assassin's Creed Odyssey. Le projet est actuellement en version bêta, uniquement aux Etats-Unis. Microsoft a également dévoilé son projet, baptisé "xCloud", en octobre dernier. Censé être disponible courant 2019 en version bêta, le service est conçu pour fonctionner à la fois sur Xbox, PC et smartphones.

Un marché de 180 milliards de dollars en 2021

Grâce à l'essor des jeux vidéo, les géants de la tech aperçoivent un nouveau relais de croissance et un atout de plus pour développer leur écosystème. Le marché du jeux vidéo était composé de 2,3 milliards de joueurs dans le monde en 2018, selon le rapport 2018 du cabinet d'études spécialisé Newzoo. Le marché a généré 137,9 milliards de dollars (+13,3% sur un an). D'ici 2021, il devrait engranger 180,1 milliards de dollars.

Certains acteurs historiques du jeux vidéo ont déjà anticipé l'incursion des géants de la tech sur leur marché. Sony a lancé sa plateforme, baptisée "PS Now", dès novembre 2017. A l'instar des offres de streaming vidéo (Netflix, Hulu...) ou audio (Spotify, Deezer...), ce service est accessible via un abonnement mensuel de 14,99 euros. Sony revendique "600 jeux accessibles instantanément" avec les titres à succès, comme Red Dead Redemption, mais aussi des exclusivités, comme Uncharted.

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Commentaires
a écrit le 12/01/2019 à 11:03 :
L'avenir des jeux connectés est bien sûr le jeu politique et la démocratie au niveau mondial. A partir de cette phénoménale base des données et réseau neuronal fournis par les citoyens, l'intelligence artificielle remplacera le gouvernement. La révolution est en marche.
a écrit le 11/01/2019 à 21:04 :
Le terme de "développer leur écosystème" parait approprié. L’écosystème en question n'ayant rien de nouveau, si cela consiste à obtenir une base clientèle et des gammes produits les plus larges possibles. Une approche normale, comme celle de toute entreprise normale, sauf que dans ce cas c'est du numérique et certains ont tout de suite compris l’intérêt d’œuvrer au niveau mondial pour disposer d'un marché de masse. D’étendre le potentiel de diffusion et de jouer le plus rapidement possible sur l'effet de mode. L’inconvénient étant que la durée de vie des produits se réduit et que le coût des développements augmente, par ce même effet de mode. On le constate aussi dans le domaine du cinéma, rapidement transposé en DVD, ou en VOD encore plus rapidement.
On aussi peut imaginer que le client d'une plateforme numérique reste sur cette plateforme si elle offre tout ce dont il a besoin. L’émergence de sortes de standards d'OS, de moteurs de recherche, ou de plateformes de diffusion de VOD n’empêche en rien leur diversification, bien au contraire. Le problème est que c'est non seulement une course à l’innovation, mais aussi au nombre de clients.et à la puissance de diffusion et que pour le moment les GAFAM sont en position dominante. Il nous reste une chance sur l’innovation et la créativité. D’après un article (https://www.challenges.fr/high-tech/jeux-video/pourquoi-l-industrie-francaise-du-jeu-video-voit-la-vie-en-rose_555808) la France est leader Européen des jeux vidéo. c'est une vraie industrie (https://www.lesnumeriques.com/jeux-video/10-tendances-industrie-francaise-jeu-video-en-2017-a3445.html)
Le risque, comme dans le cinéma et la production vidéo est de voir les plateformes de diffusion commencer à produire leurs propres contenus. Risque théoriquement moindre si ce sont des plateformes de jeux en ligne ?
a écrit le 11/01/2019 à 17:25 :
Oubli : les utilisateurs des jeux vidéos fournissent aussi des données personnelles et autres infos dont sont friands les GAFAM. Accolés aux jeux, des tchats et forums sont aussi très fréquentés.
La pieuvre continue de s'étendre.

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