SFR : le PDG Michel Combes poussé vers la sortie ?

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Michel Combes, le DG d'Altice et PDG de SFR.
Michel Combes, le DG d'Altice et PDG de SFR. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
Selon deux sources proches de l’état-major de SFR et d’Altice, l’avenir de Michel Combes, le PDG de l’opérateur au carré rouge et DG de sa maison-mère, est incertain au sein du groupe. Ce que dément un porte-parole d'Altice. Outre des résultats décevants, Michel Combes est dorénavant confronté au retour chez SFR d’Armando Pereira, actionnaire d’Altice et avec qui il ne s’entend guère. Ce dernier, selon nos informations, occupera pour les prochains mois le poste de directeur général délégué au pôle télécoms.

Michel Combes va-t-il être prochainement remercié ou poussé vers la sortie ? Selon deux sources proches de l'état-major de SFR, cette possibilité d'un départ à terme du DG d'Altice et PDG de sa filiale au carré rouge, est aujourd'hui à prendre très au sérieux. Pourquoi ? D'abord parce que depuis son arrivée à la tête de SFR, en 2015, les résultats du groupe sont décevants. Si l'opérateur a relancé ses investissements dans le mobile et dans la fibre, il a notamment, depuis son rachat par Numericable en 2014, perdu plus de 2,5 millions de clients. Dans le mobile, l'opérateur regagne certes des clients, mais au prix - à l'instar de ses concurrents - de promotions. Au deuxième trimestre cette année, l'opérateur a au passage affiché un ARPU (revenu moyen par abonné), un indicateur très suivi dans les télécoms, en légère baisse. Sur le mobile, il est passé de 22,6 euros à 22,5 euros par rapport au premier trimestre. Et dans l'Internet fixe, il est passé de 35,9 euros à 35,1 euros.

C'est dans ce contexte que, au début du mois, Michel Paulin, le directeur général de SFR, a indiqué qu'il allait quitter le groupe « pour des raisons personnelles ». En d'autres termes, à en croire l'opérateur, il ne s'agirait en rien d'une éviction liée à ses résultats. L'intéressé aurait même indiqué, selon Le Monde, « son désir de prendre du recul, évoquant 'une forme de fatigue et de lassitude' face à une 'discipline et une exigence énorme' ». Pourtant, cette version officielle est loin de faire l'unanimité. Certains croient plutôt que Michel Paulin a été prié de mettre les voiles, et font le lien avec le retour d'Armando Pereira, actionnaire historique d'Altice aux côtés de Patrick Drahi (1), chez SFR pour participer à son rétablissement. D'après nos informations, il occupera pour les prochains mois le poste de directeur général délégué au pôle télécoms, en charge des opérations.

Le retour de Pereira, une menace pour Combes ?

Or Armando Pereira constitue depuis toujours l'atout numéro un et de confiance de Patrick Drahi lorsqu'il s'agit de restructurer, de tailler dans les coûts, et de faire le ménage dans les filiales du groupe. Qu'Armando Pereira ait - ou pas - poussé Michel Paulin vers la sortie, son retour constitue la preuve, pour certains, que le management actuel n'a pas eu les résultats escomptés en interne. Sous ce prisme, Michel Combes, en tant que PDG du groupe, a forcément sa part de responsabilité. Ce qui pourrait menacer son avenir à la tête de SFR.

Interrogé à ce sujet par La Tribune, un membre de l'état-major de SFR est on ne peut plus clair. Il rappelle d'abord qu'Armando Pereira a, en tant qu'actionnaire et cofondateur historique d'Altice (1), une voix aussi importante que celle de Patrick Drahi concernant les grandes décisions du groupe. Avant d'expliquer que « si Armando revient », c'est bien que la société est en difficulté. Or « ici, chez SFR, c'est les deux Michel [Paulin et Combes, qui ont jusqu'à présent eu la responsabilité de sa gestion, NDLR], poursuit-il. Maintenant, vous en tirez les conclusions que vous voulez... »

Un ancien haut cadre de SFR, lui, prend moins de gants : « Je pense qu'Armando Pereira est revenu dans le jeu [en France, NDLR] pour avoir la peau de Michel Combes, et que la première victime collatérale, c'est Michel Paulin », juge-t-il. Avant de préciser, à l'instar d'une autre source proche de la direction de SFR, que Michel Combes et Armando Pereira ne s'entendent guère, et ce depuis longtemps - même si Altice clame officiellement le contraire.

Suite à la parution de cet article, un porte-parole du groupe Altice nous a fait parvenir la réaction suivante:

« Altice conteste formellement tout le contenu de ce papier et sa tonalité, pour lequel Altice n'a pas été contacté. Il y a un alignement complet au sein du management du groupe. Il s'agit d'une équipe pilotée par Michel Combes, également DG d'Altice, avec Armando en DG délégué du pôle télécoms pour les prochains mois et Alain Weill, pour les médias. Alain a reçu de Michel Combes également la mission de préparer l'organisation convergente de l'entreprise. La stratégie du groupe est claire, actionnaire et management sont parfaitement alignés. Le reste n'est que pur fantasme. »

La Tribune précise qu'Altice a bien été contacté - le 11 septembre exactement -, pour évoquer les questions liées aux changements et possibles évolutions du management du groupe.

1. Lors de la création d'Altice, Armando Pereira disposait de 20% du capital. Aujourd'hui, il serait toujours un actionnaire important. Interrogé par La Tribune, Altice refuse toutefois de dévoiler à quel niveau il se situe.

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Commentaires
a écrit le 28/09/2017 à 19:50 :
« Altice conteste formellement tout le contenu de ce papier et sa tonalité, pour lequel Altice n'a pas été contacté"... voilà bien la mentalité d'Altice et de Drahi qui veut contrôler les média et ne diffuser que les informations qu'il veut et surtout pas de vrai journalisme.
a écrit le 28/09/2017 à 16:24 :
Deux membres du corps X-Telecom sur la touche. Peut-on vraiment s'en passer dans une France dirigée au plus haut niveau par les grands corps de l'Etat.
a écrit le 28/09/2017 à 11:12 :
Il faut surtout que SFR améliore la qualité du reseau, propose la possibilité de passer à la fibre de façon à accroitre les capacités d'accès à internet et non le saucissonner de façon à avoir 5Mbits de débits, voilà pourquoi il faut un autre internet : un internet de très voir de ultrahaut debit qui permet le terabit ! Les réseaux classiques ne le supporteront pas mais la fibre oui ! Oui l'internet de demain est en marche avec encore plus d'offres mais surtout la possibilité de charger un logiciel en 2 ou 3 secondes, d'envoyer encore plus de mails, de mails cryptés. Chez SFR si vous tester SFR TV vous vous apercevez que si le débit est trop faible alors oui le le flux des chaînes en continu ne fonctionne pas normalement. Voilà pourquoi il faut au moins un debit à 1Gbits ou 50 Gbits.
a écrit le 27/09/2017 à 19:20 :
Il n'aura donc fait qu'un bref passage !!!
a écrit le 27/09/2017 à 16:45 :
Aucun intérêt, l'avenir de ce personnage ne doit pas intéresser grand monde.

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