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Elon Musk contre Sam Altman : une bataille à 97,4 milliards pour le contrôle d’OpenAI

latribune.fr

Publié le 11 février 2025 à 05:40 - Mis à jour le 11 février 2025 à 07:35

Sam Altman, le PDG d'OpenAI, à Tokyo.

Sam Altman, le PDG d'OpenAI, à Tokyo.

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Le patron de X et Tesla a proposé près de 100 milliards de dollars pour racheter l’entreprise qui a créé ChatGPT. Sam Altman, le PDG de la start-up, a aussitôt décliné cette offre non sollicitée, qui pourrait néanmoins bouleverser le marché de l’intelligence artificielle.

Lundi 10 février, Elon Musk a frappé les esprits. Une nouvelle fois. À la tête d'un consortium d'investisseurs, il a soumis une offre de 97,4 milliards de dollars pour acquérir la structure à but non lucratif qui contrôle OpenAI, l'entreprise derrière ChatGPT. « Il est temps qu'OpenAI redevienne la force du bien à code source ouvert et axée sur la sécurité qu'elle était autrefois », a déclaré Elon Musk dans un communiqué. « Nous ferons en sorte que cela se produise ».

Sam Altman n'a pas tardé à répondre sur le terrain de son adversaire, X (anciennement Twitter) : « Non merci, mais nous pouvons racheter Twitter pour 9,74 milliards si vous voulez. »

OpenAI : une mission originelle remise en question

Fondée en 2015 comme une organisation à but non lucratif dédiée à l'intelligence artificielle bénéfique pour l'humanité, OpenAI a opéré un virage stratégique en 2019 sous la direction de Sam Altman. L'entreprise a créé une filiale à but lucratif, permettant d'attirer des investissements majeurs, notamment 13,7 milliards de dollars de Microsoft, son principal partenaire technologique.

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Aujourd'hui, Altman souhaite transformer OpenAI en une entreprise traditionnelle et lever jusqu'à 40 milliards de dollars supplémentaires, ce qui porterait sa valorisation à 300 milliards de dollars. Cette transition s'inscrit dans le cadre du projet Stargate, un plan annoncé par Donald Trump visant à investir 500 milliards de dollars sur toute la durée du mandat présidentiel dans des infrastructures IA aux États-Unis. Mais Musk critique cette évolution qu'il considère comme une trahison des idéaux fondateurs d'OpenAI.

Un duel idéologique : innovation ouverte contre profit privé

La confrontation reflète deux visions opposées du développement technologique. D'un côté, Elon Musk milite pour une IA accessible au plus grand nombre et critique la dépendance croissante d'OpenAI envers des intérêts commerciaux. De l'autre, Sam Altman défend le modèle hybride actuel comme un compromis nécessaire pour financer les infrastructures coûteuses qu'exige le développement d'une intelligence artificielle avancée.

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Cette bataille dépasse les simples considérations financières. Si l'offre du patron de Space X était acceptée, cela pourrait entraîner une fusion entre OpenAI et xAI, sa propre entreprise d'intelligence artificielle. Déjà propriétaire de Tesla et SpaceX, Musk pourrait renforcer son emprise sur des technologies clés comme l'intelligence artificielle générative. Elon Musk a déjà engagé plusieurs actions en justice contre OpenAI. En novembre 2024, il a déposé une plainte à San Francisco, alléguant une « collusion » entre OpenAI et Microsoft pour dominer le marché de l'IA. Si son offre de rachat est rejetée, Musk pourrait intensifier cette offensive juridique, multipliant les procédures pour bloquer la transition d'OpenAI vers un modèle entièrement lucratif.

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De prochaines enquêtes contre OpenAI ?

Mais cette offre spectaculaire de Musk pourrait aussi attirer l'attention des régulateurs américains sur les pratiques financières et la gouvernance d'OpenAI. La transformation d'une organisation à but non lucratif en une entreprise valorisée à plusieurs centaines de milliards de dollars soulève des questions éthiques et légales. Les autorités de régulation, notamment la Securities and Exchange Commission (SEC) et le Department of Justice, pourraient lancer des enquêtes approfondies sur cette transition et ses implications pour le marché de l'IA. Et ce, d'autant plus qu'Elon Musk a aujourd'hui l'oreille du président des Etats-Unis.

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Cette bataille intervient dans un contexte de course mondiale à la suprématie technologique. Les États-Unis cherchent à maintenir leur leadership face à la Chine dans le domaine de l'IA, comme en témoigne le projet Stargate annoncé par le président Trump. L'émergence de nouveaux acteurs, comme la start-up chinoise DeepSeek, ajoute une dimension supplémentaire à cette compétition. Une fragmentation du leadership américain dans l'IA pourrait bénéficier à des concurrents étrangers.

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Comme le souligne Marc Toberoff, l'avocat d'Elon Musk : « Si Sam Altman et le conseil d'administration actuel d'OpenAI sont déterminés à devenir une entreprise entièrement à but lucratif, il est vital que l'organisation caritative soit équitablement compensée pour ce que ses dirigeants lui retirent : le contrôle sur la technologie la plus transformatrice de notre époque. »

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