Entreprenariat : pourquoi les femmes sont-elles moins présentes ?
Amandine Ibled
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« Seules 30% des entreprises sont créées par des femmes en France », rappelait Pierre-Alain Truan, responsable création et entrepreneuriat de BPI France en région. Et, quand les femmes se lancent, elles portent des projets moins capitalisés que les hommes : 88 % du montant total des fonds levés par les startups sont captés par des équipes 100 % masculines, selon une étude menée en 2022, par le collectif Sista et le Boston Consulting Group. À la réalité économique et financière, s'ajoute celle de la communication : 17% des femmes souhaitant créer leur entreprise sont capables de citer le nom d'une entrepreneuse, selon une étude réalisée par la Maison Veuve Clicquot. Pour Nathalie Koenders, première adjointe au maire de Dijon, il faut remédier à cela : « Dans mon parcours politique, j'ai eu des figures qui m'ont donné envie de continuer dans cette voie. De même, dans l'entreprenariat, il faut que les femmes qui réussissent le fasse savoir afin de donner à voir des modèles féminins auxquelles s'identifier. Que nos chercheuses et doctorantes franchissent le pas vers la création d'entreprise innovante. »
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« Il faut déconstruire l'inconscient collectif et les normes sociales », souligne Laeticia Martinez, 2e vice-présidente à la région, en charge de l'enseignement supérieur, la recherche, l'égalité réelle et la laïcité. « La conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle reste souvent une question d'abord féminine, même si les choses évoluent. C'est le principal point sur lequel butent les créatrices. Pour le reste, tout est surtout question de tempérament, de caractère, et là les femmes et les hommes sont sur un pied d'égalité, même si les femmes ont toujours tendance à moins avoir confiance en elles », témoigne Éliette Vincent, cofondatrice de Cocolis, une startup fondée en 2015 qui se positionne comme « le BlablaCar du colis ». Claire Maugras, responsable de l'incubateur BSB & Expert en gestion stratégique d'entreprise, est fière de présenter ses chiffres : sur 4 ans, la moyenne des femmes entrepreneuses dans son programme est de 42%. « Nous nous devons de faire des offres qui correspondent à la fois aux hommes et aux femmes », explique-t-elle. « En fonction des typologies de startups, nous travaillons sur la sensibilisation à la posture, sur l'organisation vie pro/vie perso, sur l'acceptation de valeurs, décomplexer le fait de vouloir gagner de l'argent », poursuit-elle.
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