La médecine bio-implantable

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Séverine Sigrist, Defymed. 45 ans
Séverine Sigrist, Defymed. 45 ans (Crédits : O. Mirguet)
#10000 STARTUPS. Cette startup strasbourgeoise a développé des dispositifs médicaux bioartificiels implantables, destinés dans un premier temps aux diabétiques. La cible s'élargit désormais aux hémophiles.

"Nous avons atteint les jalons que nous étions fixés pour le pancréas artificiel. Le dispositif entre en phase de vente de licence et on peut passer au cran supérieur". Séverine Sigrist, fondatrice et présidente de Defymed, a tenu sa promesse : en 2017, elle avait confié à La Tribune sa certitude du décollage économique pour sa société en 2019. La cession de licence, sur le point d'être signée au premier semestre 2019 avec un industriel majeur de l'industrie pharmaceutique, apportera potentiellement plusieurs millions d'euros à Defymed. Le dispositif nommé MailPan se présente sous la forme d'un disque de 8 centimètres de diamètre. Il contient des cellules productrices d'insuline, dont l'injection régulière permet aux patients atteints de diabète de réguler leur glycémie. Avec MailPan, l'injection d'insuline n'est plus nécessaire, et le confort de vie s'en trouve amélioré. "Le grand groupe avec qui nous allons signer un partenariat stratégique va emmener notre dispositif en essais cliniques", explique Séverine Sigrist. La cession comprendra l'accès à une plate-forme conséquente de brevets. Une diversification des revenus est déjà en cours pour poursuivre le développement de Defymed. "On travaille depuis un an à dérisquer d'autres applications, comme l'hémophilie", annonce Severine Sigrist. "Il s'agit encore une fois d'améliorer la vie des patients en évitant des injections compliquées".

La mise au point de MailPan a mobilisé plusieurs levées de fonds depuis 2011. Le dernier apport de capitaux (1,9 million d'euros) a été bouclé en 2015. Le Centre européen d'étude du diabète (CEED), unité de recherche publique basée à Strasbourg, détient 30 % du capital de Defymed, aux côtés du fonds public régional Cap Innov'Est (20 %), déclinaison locale de Bpifrance Investissement, et d'autres investisseurs du Grand-Est. "Nous préparons une autre levée de 5 millions d'euros pour emmener notre nouveau dispositif ExOlin dans sa phase clinique", annonce Séverine Sigrist. La mise au point d'ExOlin a été plus rapide, parce que ce second dispositif ne concerne que la délivrance ciblée d'un médicament. Il s'agit d'un patch, comme pour MailPan, mais il ne contient pas de cellules encapsulées. "C'est plus simple du point de vue réglementaire", reconnaît Séverine Sigrist. ExOlin s'adaptera à d'autres applications ou pathologies nécessitant une délivrance physiologique de principes actifs, telles que le cancer ou le traitement de la douleur.

En 2018, le chiffre d'affaires de Defymed (40 000 euros) n'a pas véritablement décollé. Le pic de revenus doit arriver en 2019 avec la cession de la licence sur MailPan. "Il y aura des relais de croissance sur d'autres pathologies telle que l'insuffisance surrénale et tout ce qui peut être traité avec des hormones par injections pluriquotidiennes", prévoit Séverine Sigrist. L'entreprise reste modeste sur l'évolution de ses moyens humains (12 salariés), mais l'équipe aimerait disposer de locaux mieux adaptés que les bureaux qu'elle occupe dans la pépinière strasbourgeoise du quartier de Hautepierre. "Nous avons besoin de notre propre laboratoire", reconnaît Séverine Sigrist, qui envisage un déménagement vers le sud de l'agglomération. Une prochaine diversification sera annoncée dans les semaines à venir : Defymed prévoit une toute nouvelle application de ses recherches dans la chirurgie mini-invasive, en partenariat avec l'IRCAD et l'institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg.

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Commentaires
a écrit le 26/03/2019 à 21:15 :
C’est un patch ou un implant ?
Les diabétiques cicatrisent mal et il y a aussi le risque infectieux.(8 cm le disque ...)?
Le patch est un traitement local via la peau.( ça existe déjà pour les traitements d’hormones ou pour arrêter de fumer )

De toute manière il y a un grand vide en UE dans la prévention et une réglementation plus stricte des produits industriels pour le danger que représente le sucre pour la santé humaine.

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