Les startups françaises vont chercher la croissance à l'étranger, et ça marche !

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La croissance du chiffre d'affaires à l'étranger est même deux fois plus dynamique qu'en France pour les startups du numérique, souligne Franck Sebag, associé EY en charge du secteur VC-IPO en France.
"La croissance du chiffre d'affaires à l'étranger est même deux fois plus dynamique qu'en France" pour les startups du numérique, souligne Franck Sebag, associé EY en charge du secteur VC-IPO en France. (Crédits : Steve Marcus)
Pour la première fois, les startups françaises du numérique ont réalisé plus de la moitié de leur chiffre d'affaires à l'étranger. Parallèlement, elles séduisent de plus en plus de fonds étrangers pour financer leurs projets.

Les startups françaises sont en plein boom. En un an, leur chiffre d'affaires a bondi de 33% pour atteindre 5,3 milliards d'euros en 2016, selon le baromètre annuel de la Performance économique et sociale des startups numériques en France* publié par EY et France Digitale. Mieux, cette tendance devrait s'accélérer cette année, car près d'une sur deux prévoit de doubler son chiffre d'affaires en 2017.

Ces bons résultats s'expliquent en partie par le succès à l'international de ces startups du numérique. En effet, plus de la moitié de leurs revenus est générée à l'étranger (23% en Europe et 31% hors Europe), soit le plus haut niveau jamais enregistré par ce baromètre, qui en est à sa sixième édition. "La croissance du chiffre d'affaires à l'étranger est même deux fois plus dynamique qu'en France", souligne Franck Sebag, associé EY en charge du secteur VC-IPO en France. Le premier a effectivement progressé de 45% entre 2015 et 2016, contre 21% pour le second.

Plus du tiers sont financés par au moins un investisseur étranger

Pour grandir, les startups françaises ont besoin de trouver de l'argent et, bien qu'elles considèrent le financement comme l'un des principaux frein à leur développement, elles réussissent plutôt bien à tirer leur épingle du jeu.

La French Tech séduit toujours plus les investisseurs étrangers, puisque 35% d'entre elles déclarent être financées par au moins un fonds capital-risque (VC) étranger, alors qu'elles n'étaient que 25% deux ans plus tôt. Une autre étude du cabinet EY, publiée lundi, a déjà fait état de ce dynamisme en relevant que les fonds cumulés par la French Tech ont dépassé le milliard d'euros (+21% sur un an), soit la première place européenne devant le Royaume-Uni.

> Lire aussi : French Tech : vers une année record pour les levées de fonds

En outre, la France offre un environnement favorable aux startups pour se développer. Plus de la moitié d'entre elles bénéficient de dispositifs publics, comme le statut de "Jeune entreprise innovante" (JEI) ou le crédit d'impôt recherche, et 55% des répondants ayant moins de 5 ans sont dans des incubateurs ou à des accélérateurs.

"Globalement l'argent disponible est surtout dirigé vers les jeunes startups qui lèvent moins de 5 millions d'euros", relève Franck Sebag. Et ça se voit. Ces sociétés ont enregistré une hausse de 60% de leur chiffre d'affaires en 2016. "L'écosystème français est l'un des meilleurs en Europe pour donner de l'impulsion", ajoute l'associé EY.

Développeur : la perle rare

Pour atteindre ces niveaux de croissance, une entreprise a forcément besoin d'embaucher. Les startups françaises ont augmenté leurs effectifs de 25%, avec un peu plus de 4.000 emplois créés en majorité en France (69%) et en CDI (89%).

Ces recrutements viennent grossir les rangs des services marketing, mais aussi de plus en plus le commercial. Enfin, les développeurs demeurent un profil difficile à trouver. "Ce n'est pas singulier à la France", note Franck Sebag. "Il faut se demander comment à attirer ces talents ?", pointe-t-il, qu'il s'agisse de profils étrangers ou de français exilés dans la Silicon Valley qu'il faut convaincre de revenir en France.

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*Etude réalisée auprès de 317 startups.

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Commentaires
a écrit le 27/09/2017 à 18:07 :
C'est quand même bien que les startups françaises arrivent à travailler à l'étranger, alors que les PME françaises montrent de grosses faiblesses ici. C'est toutefois dangereux pour leur pérénité en France, surtout si leur financement est étranger.

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