Startups : le français Blade lève 51 millions d'euros pour l'ordinateur du futur

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Emmanuel Freund, le cofondateur de Blade qui a créé Shadow, le PC du futur dématérialisé dans le cloud.
Emmanuel Freund, le cofondateur de Blade qui a créé Shadow, le "PC du futur" dématérialisé dans le cloud. (Crédits : Blade)
La startup parisienne, connue pour le PC dématérialisé dans le cloud Shadow, lève 51 millions d'euros en Série C auprès de ses investisseurs historiques, dont les prestigieux business angels Pierre Kosciusko-Morizet, le fondateur de PriceMinister, et Michaël Benabou, celui de vente-privee.com.

Depuis sa création en 2014, Blade se présente comme la startup qui va populariser "le PC de demain" : puissant, sécurisé et accessible partout, sur tous les écrans, dans le cloud. Ce mercredi 14 juin, la pépite parisienne s'est vraiment dotée des moyens de ses ambitions. En début d'après-midi, son cofondateur et Pdg, Emmanuel Freund, a annoncé à ses salariés médusés la réussite d'une levée de fonds massive de 51 millions d'euros. La troisième après 3 millions d'euros en 2015 et 10 millions d'euros en 2016.

Quand le PC devient un service

Ce troisième tour de table va permettre à la jeune pousse d'accélérer sa production pour répondre à la demande, et d'attaquer les marchés internationaux : d'abord l'Allemagne et le Royaume-Uni, puis les Etats-Unis et l'Asie.

Fondée par des passionnés de jeux vidéos et d'informatique, Blade a déjà écoulé les 5.000 premiers exemplaires de son PC dématérialisé, baptisé Shadow. L'entreprise a réalisé le rêve de nombreux gamers : ne plus limiter l'expérience de jeu à cause du matériel informatique, rapidement dépassé. Pour cela, la startup a eu l'idée de supprimer le PC, comme Netflix rend possible le visionnage de films et de séries sans posséder de DVD.

Shadow est un ordinateur complet, haut de gamme et doté en permanence des meilleures performances techniques grâce à des mises à jour régulières pour suivre les avancées technologiques. Il est virtuel, car il est hébergé dans le cloud. Il suffit de posséder une connexion internet à très haut débit pour pouvoir y accéder via un petit boîtier, qui peut être branché à un PC portable de base, à un simple écran ou à une TV connectée, voire via une application qu'on télécharge sur son smartphone ou sa tablette.

Contrairement aux autres fabricants de PC, Blade ne vend donc pas un ordinateur physique, mais loue un ordinateur virtuel, créant le "PC as a service". Tous les composants (carte mémoire, carte graphique, capacité de stockage...) sont hébergés dans les data centers de l'entreprise. Pour en profiter, les utilisateurs paient, comme pour Netflix, un abonnement mensuel compris entre 29,95 et 44,95 euros.

Objectif 100.000 clients fin 2018

Cette solution novatrice a séduit trois business angels prestigieux : Pierre Kosciusko-Morizet, le fondateur de PriceMinister, Michaël Benabou, celui de vente-privee.com, et l'entrepreneur thaïlandais Nopporn Suppipat, ancien directeur de Wind Energy Holding, une entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables.

Tous ont remis au pot dans les différents tours de table. Le montant de cette troisième levée, énorme, témoigne de leur confiance dans Blade, qui doit maintenant accélérer pour conserver son avance technologique et "verrouiller" le marché.

Dotée de 5.000 clients dont beaucoup de gamers, la startup espère désormais conquérir le grand public. Son objectif est d'avoir 100.000 utilisateurs d'ici à la fin de l'année 2018. En France bien sûr, mais aussi en Europe et à l'international.

La confiance et la protection des données, piliers du succès grand public de Blade

L'attrait d'un ordinateur dématérialisé dépasse effectivement le cercle des gamers, qui ont toujours besoin d'une bécane hyper-performante. Car si son ordinateur personnel peut être accessible partout et rester toujours à la pointe de la technologie, il peut intéresser de nombreux utilisateurs lambda lassés de l'obsolescence programmée.

Il faut toutefois accepter que tous ses logiciels et fichiers soient stockés sur les serveurs de l'entreprise. Sur son site, Blade se veut rassurant :

"Vous restez maître de la sécurité et des antivirus exactement comme avec votre ordinateur personnel. Concernant le risque de porosité d'un utilisateur à l'autre, chaque utilisateur de Shadow a son propre environnement, isolé des autres utilisateurs par des composants reconnus, avec des éléments de hardware qui lui sont dédiés".

La startup précise aussi que ses serveurs, hébergés en France, sont protégés "avec les mêmes technologies utilisées par les banques". Et qu'il est "hors de question" que Blade "regarde" ce que chacun fait sur son ordinateur. Toutes les données peuvent également être supprimées par l'utilisateur, comme sur un ordinateur classique.

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Commentaires
a écrit le 15/06/2017 à 19:42 :
Pas très nouveau. Oracle avait lancé les Web-Processors il y a 20 ans. Nous en avions produit plusieurs avec les Power-PC de IBM/Motorola. Pas eu de succés.
a écrit le 15/06/2017 à 12:17 :
51M€ pour une start-up du futur??? Ridicule...quand on voit plus de 1.6 Milliard$ pour des projets blockchain qui eux sont le futur ! Le PC c'est totalement "has been"
a écrit le 14/06/2017 à 23:52 :
Nvidia fait ca depuis des années. Pitoyable publi-reportage.
Réponse de le 15/06/2017 à 8:56 :
Oui, mais pas pour le grand public. C'est ça la grande différence. Même si vu le prix des abonnements, une telle offre n'est pas encore adaptée à l'utilisateur moyen d'un PC.
Réponse de le 15/06/2017 à 11:30 :
Depuis quand Nvidia fourni une machine virtuelle complète?
Avec Nvidia, on ne peut que jouer, avec Blade c'est un PC complet donc on peut jouer mais aussi faire tout ce qu'on fait habituellement sur un PC.
C'est une différence non négligeable!!
a écrit le 14/06/2017 à 22:47 :
Ça me rappelle la startup Ulteo

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