Washington prêt à bannir les ordinateurs portables sur tous les vols par crainte d'un attentat à l'explosif

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Après avoir déjà interdit aux passagers aériens en provenance d'aéroports dans huit pays arabes et en Turquie de transporter en cabine des ordinateurs, tablettes et autres appareils électroniques d'une taille supérieure à celle d'un téléphone portable, Washington réfléchit à étendre la mesure à tous les vols à destination les Etats-Unis. Les autorités américaines estiment "réelle" la menace d'une tentative d'attentat à l'explosif. "Comment renforcer la sûreté sans gêner les passagers et exploser la facture" sera l'un des thèmes du Paris Air Forum qui se déroulera le 16 juin, avec Edward Arkwright, directeur général exécutif du Groupe ADP en charge du développement, de l'ingénierie et de la transformation, Alain Battisti, président de la Fnam (fédération nationale de l'aviation marchande) et de Chalair, et Vincent Capo-Canellas, maire du Bourget et Sénateur de Seine-Saint-Denis.

Après avoir interdit en mars aux passagers aériens en provenance de dix aéroports dans huit pays arabes et en Turquie de transporter en cabine des ordinateurs, tablettes et autres appareils électroniques d'une taille supérieure à celle d'un téléphone portable, Washington réfléchit à étendre cette mesure à tous les vols à destination des Etats-Unis a indiqué ce dimanche le ministre de la Sécurité intérieure, John Kelly.

 "Il y a une menace réelle (...) C'est vraiment l'obsession des terroristes : abattre un avion en vol, particulièrement un avion américain, bondé d'Américains à bord", a déclaré John Kelly sur la chaîne Fox News.

Les Etats-Unis disposent d'informations de services de renseignement selon lesquelles un ordinateur portable pourrait être utilisé pour déclencher une bombe à bord d'un avion.

Les experts américains et la Commission européenne multiplient les contacts pour discuter des conditions de cette éventuelle interdiction, qui pourrait semer la pagaille dans les aéroports européens. Plus de 3.250 vols par semaine sont prévus cet été entre les pays de l'Union européenne et les Etats-Unis.

Le précédent de Daallo Airlines

La réflexion ne fait que renforcer la menace d'introduction à bord d'explosifs dissimulés dans des objets. Il y a hélas deux précédents. L'explosion en novembre 2015 de l'avion russe Métrojet au-dessus du Sinaï. Les groupes terroristes qui avaient revendiqué l'attentat avait indiqué avoir introduit un explosif dans une cannette. L'autre cas a été moins médiatisé. C'est celui de l'A321 de Daallo Airlines au départ de Mogadiscio. Un explosif avait été dissimulé dans l'ordinateur mais l'explosion était, par chance pour les passagers, survenu pendant la phase de décollage, quand l'avion n'était pas encore pressurisé et, malgré le trou dans le fuselage dans lequel avait été aspiré le terroriste, l'avion avait pu se poser à l'aéroport sans faire de victime.

Le plus inquiétant dans cette histoire c'est que l'explosif n'avait pas été dissimulé à la place de la batterie (c'est pour cette raison que des agents de sûreté peuvent demander au passager d'allumer leur ordinateur) et qu'il n'avait pas été repéré par l'agent de sûreté qui avait bien fait son boulot, selon un spécialiste des questions de sûreté qui a vu la bande vidéo du passage au poste d'inspection filtrage du terroriste.

La problématique du contrôle des explosifs

Si des examens de détection d'explosifs ont été mis en place lors de l'inspection filtrage (les molécules recueillies sur un sac à main ou un ordinateur sont examinées par un appareil capable de reconnaître les molécules d'explosifs), la question de la détection au rayon X reste toujours posée.

« A la base, ce n'est pas fait pour la détection d'explosifs mais pour celle des métaux », rappelle un expert.

Mais l'installation dans les postes d'inspection filtrage de détecteurs d'explosifs (EDS) comme cela a été imposé par Bruxelles pour le contrôle des bagages de soute, n'est pas encore jugée suffisamment fiable par les autorités et pose aussi des questions de génie civil de renforcement des dalles des aéroports (ces engins sont très lourds) et de coûts dans la mesure où le prix d'un EDS est environ 10 fois plus élevé que celui d'un rayon X.

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a écrit le 30/05/2017 à 18:38 :
Ce projet est-il valable pour les vols intérieurs US ? Parce qu'autrement ....
a écrit le 29/05/2017 à 13:24 :
On peut s'étonner qu'il n'y ait pas plus d'attentats dans les avions. Soit la sécurité est bonne, soit les terroristes sont mauvais...ou ce n'est pas leur intérêt immédiat.
Quo qu'il en soit, je ne prends plus l'avion pour d'autres raisons que le terrorisme, mais la perspective de finir en chute libre sans parachute me conforte dans l'idée que le transport aérien de masse est un non-sens économique, écologique et sécuritaire.
Réponse de le 29/05/2017 à 17:58 :
@valbel89: pour aller à Trifouillis-les-oies, pas besoin de prendre l'avion. Pour aller de l'autre côté d'un océean ou à des milliers de kilomètres, c'est une autre paire de manches. Mais bon, chacun son métier. Cela dit, les contrôles sont renforcés un peu partout et même si l'objectif zéro absolu n'existe pas, il devient difficile d'échapper aux interdits. Comme les nationaux ne sont plus ce qu'ils sont (on m'a demandé en Russie au téléphone si j'étais un Français blanc, noir ou arabe), les autorités sont obligées de généraliser et de se dire que nous sommes tous des dangers potentiels pour ne pas être accusées de discrimination. Le problème est maintenant insoluble, car les frontières sont restées trop longtemps grandes ouvertes et sans contrôle réel :-)

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