Palaiseau sera la première ville de France à passer à 100% du cuivre à la fibre

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Cette ville de l'Essonne est le pilote d'une expérimentation grandeur nature unique en Europe : l'objectif est de basculer tous les habitants et entreprises du réseau traditionnel de cuivre à la fibre optique. France Télécom est l'opérateur dit "de zone" qui déploie.

Ce sera la grande bascule, dans deux ans. Tous les habitants et les entreprises de la ville de Palaiseau, dans l'Essonne, passeront, d'ici à la fin 2014, du bon vieux réseau traditionnel du téléphone en cuivre à un réseau tout neuf en fibre optique, tant pour la voix que pour l'internet. Finis l'ADSL, le dégroupage, le réseau téléphonique commuté (« RTC ») au central. Comme si on « éteignait » définitivement ce réseau de cuivre. C'est une expérimentation menée par France Télécom, propriétaire du réseau hérité du monopole, qui déploie dans cette zone, dans le cadre de l'accord de co-financement conclu l'an dernier avec SFR, sorte de Yalta du très haut débit couvrant 3.600 communes en zones moins denses. France Télécom aura fini de déployer dans les rues de Palaiseau à la fin de l'année et prévoit d'achever le raccordement « au pied de chaque pavillon, au palier de chaque habitant et au pied de tout immeuble de bureau d'ici à octobre 2013. L'objectif est ensuite que « 100% des clients des 26 opérateurs présents sur la ville (les 4 principaux fournisseurs d'accès et une multitude de petits opérateurs d'entreprises) aient basculé du cuivre à la fibre optique » explique Patrick Roussel, le directeur de la stratégie et du développement d'Orange en France.

Une première en Europe de cette ampleur
« C'est une grande première en Europe, une expérimentation d'une telle ampleur portant sur 30.000 habitants, 16.000 logements dont 4.500 pavillons et un bon millier d'artisans et entreprises. Cette grande variété de cas de figure de raccordement va nous permettre d'engranger de l'expérience sur cette nouvelle boucle locale optique que nous construisons » indique Patrick Roussel. Le britannique BT va faire la même chose dans une petite ville de l'Oxfordshire, Deddington (2.000 habitants). Du côté des utilisateurs, la demande de débit serait particulièrement forte à Palaiseau, où 30% des abonnés ont en moyenne 2 Mbps et ne sont donc pas éligibles à la télévision sur ADSL, contre les 100 Mbps promis par la fibre ! Pour France Télécom, le raccordement de la ville en fibre, du répartiteur optique (l'équivalent du central), au pied des pavillons ou immeubles, représente un investissement de 13 millions d'euros. « Cette expérimentation avec la ville de Palaiseau est une étape importante. Elle sera riche d'enseignements ; avec l'ensemble du secteur, nous allons pouvoir observer avec pragmatisme les modalités du passage d'un réseau en cuivre vers un réseau 100 % fibre » a observé Stéphane Richard, le PDG de l'opérateur, venu sur place pour lancer cette expérimentation, avec la ministre du numérique, Fleur Pellerin (voir le communiqué de presse).

Préparer l'avenir sans cuivre
Chez France Télécom, on est convaincu que « cette migration est déterminante pour notre métier d'opérateur fixe. Il faut avoir une vision de long terme. Aucun opérateur fixe ne saurait survivre en maintenant deux boucles locales avec le même nombre de clients » observe Patrick Roussel, même si l'extinction générale du cuivre peut poser des problèmes puisque « tout le territoire n'est pas éligible à la fibre jusqu'à l'abonné (FTTH) : en dehors des ces 3.600 communes, il faudra d'autres technologies comme la montée en débit », dans des zones très peu denses. « France Télécom prépare son avenir en se lançant dans cette opération et réalise ainsi une première en Europe. C'est tout à son honneur » s'est félicitée l'Avicca, l'association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel, qui appelle à « la migration rapide du cuivre vers la fibre, partout où elle sera déployée », en prévoyant des incitations économiques. « L'expérimentation de Palaiseau sera utile pour mesurer les difficultés opérationnelles de la transition et préparer sa généralisation. Elle mesurera les économies d'exploitation réalisables en évitant de gérer deux réseaux » relève l'association. Concrètement, « l'opérateur de zone », en l'occurrence France Télécom, proposera des offres de co-financement aux autres opérateurs qui achèteront des droits d'usage, payables en une fois, à la différence du système de location du dégroupage. SFR aurait dit être « très intéressé » et Free serait « très favorable. »
 

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Commentaires
a écrit le 15/03/2013 à 18:58 :
Pourquoi faites vous une fixation sur Palaiseau ? C'est en effet toute la Communauté d?Agglomération du Plateau de Saclay (CAPS) qui est concernée. Ce sont d'ailleurs les communes les moins bien desservies (telle Igny), les universités (Orsay) et les grands centres de recherche (CNRS à Gif, CEA à Saclay ...) qui seront raccordées en premier !
a écrit le 03/02/2013 à 4:37 :
Un certain nombre de services (sécurité, téléalarme, telemedecine) dépendent en partie de l'alimentation électrique fournie par le réseau cuivre.
En cas de coupure EDF, l'alimentation du cuivre est nécessaire dans certain cas.
Il sera intéressant de voir comment ces services évoluent. Qui va payer l'évolution.
Réponse de le 15/03/2013 à 19:06 :
Actuellement seuls les téléphones du réseau FT (analogique) sont encore alimentés par les batteries des centraux téléphoniques et fonctionnent donc sans le secours d'EDF (tant que les batteries en question ne sont pas déchargées). En cas de panne EDF votre téléphone (numérique) branché en ADSL ne fonctionne plus car votre box (et/ou votre téléphone sans fil ) ne sont plus alimentés par le réseau EDF !
a écrit le 08/11/2012 à 12:26 :
le terme yalta est connoté à tort concurrence déloyale, des opérateurs peuvent parfaitement être concurrents tout en étant partenaires sur des investissements, tout comme les entreprises automobiles peuvent coopérer sur la motorisantion (la forte polémique dans ce secteur est très surprenante).
Concernant la fibre, il y a deux sujets : vision technique (et vision des gains économiques) : un seul support et réseau capable de transporter tous les services actuels (à service constant, yc tel analogique avec autoalimentation, bas débits pour certains usages...), vision commerciale (FTTH) : amener plus de débits et avec le pari que tous les clients vont migrer à terme sur le service trés haut débit qui justifie la fibre (> 100M).
Si tous les interfaces techniques sont développés et satisfaisants, Il est probable qu'un seul réseau soit économiquement viable en zones très denses, et donc la problématique technique converge de fait avec le commercial, qui peut le plus peut le moins. Encore que, il est beaucoup moins coûteux en zones denses de continuer la montée en débit pour 10 fois moins cher (20 à100M, TVHD..), et donc si les tarifs sont représentatifs des coûts, le FTTH n'est pas bien positionné (l'arcep interdit cette solution aux dépends des clients et des contribuables.
par contre, en zone speu denses, il est certain que la solution technique fibre est non rentable, ce n'est pas le moment de grever un peu plus la dette colossale déjà en place, personne n'est pret à payer le prix correspondant au coût réel, sachant que c'est toujours le contribuable qui paye. La solution montée en débit est 10 fois moins chère et permet de 20 à 100M en couvrant instantanément tous les clients de la zone.
Tout ceci n'est optimisable que si le régulateur autorise les solutions optimales, force est de constater que c'est l'inverse, pléthore de règles techniques imposés, d'augmentation de coûts, d'usines à gaz qui freinent le déploiement et les offres (cf Baisse du tarif du dégroupage, mais pas pour les clients ! : http://lecercle.lesechos.fr/node/41715/, marché télecom, le grand jeu de dupes : http://lecercle.lesechos.fr//node/33430).
A ce titre, même si la solution unique fibre en zones denses est possible, il n'est pas dit qu'elle voit le jour, car si comme pour l'adsl, l'OH a l'obligation de louer tous ses réseaux numériques déployés sur investissements propres à prix coûtant, avec obligation de péréquation des tarifs quand les autres opérateurs peuvent se contenter d'écrémer les zones les plus rentables, il est probable que l'OH léve le pied sur des investissements qui profitent à 50% aux autres sans rétribution. Tout ceci ne sera possible que si ce marché passe d'un marché administré à un vrai marché concurrentiel , avec totale équité et symétrie des règles, ouvertures symétriques des réseaux, sachant que plus rien ne s'oppose à cette logique porteuse et de bon sens si ce n'est maintenir des avantages particuliers discrétionnaires en toute contradiction avec le droit du commerce et surtout en étant destructeur du développement global.
a écrit le 07/11/2012 à 17:30 :
On finira peut-être, comme en Belgique, par ne plus voir d'antennes TV sur les toits.

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