L’opérateur vient de changer ses conditions de vente, obligeant ses abonnés ADSL n’ayant pas souscrit d’option TV à payer 1 euro de plus. Ou à résilier sans frais. Une décision unilatérale qui fait grincer des dents.
Patrick Drahi avait prévenu : en rachetant SFR, il comptait bien faire remonter les marges de SFR. Le premier actionnaire de Numericable avait déploré que l'opérateur « ne propose pas d'option à valeur », à la différence du « câblo. » Mise en pratique dès janvier, deux mois après son acquisition effective : SFR vient de décider d'appliquer une option TV payante « obligatoire » à tous ses abonnés, comme l'a remarqué le site spécialisé Nextinpact. En effet, SFR a ajouté dans sa nouvelle brochure de tarifs valables au 20 janvier 2015, pour tous ses abonnés ADSL (en zone dégroupée ou non), une rubrique « TV sur smartphone, tablette et PC : +1 € / mois, obligatoire pour les clients non détenteurs d'une option TV », en plus des 29,99 euros par mois (voir page 4 de la brochure). Une hausse décrétée unilatéralement qui a provoqué des réactions acerbes et outrées de certains abonnés sur les réseaux sociaux.
« Cette nouveauté fait suite à un changement d'offres. Désormais, toutes les offres intègrent un service de télévision » indique SFR, qui assure avoir respecté « le délai de prévenance d'un mois pour en informer les clients. »
Une option TV « anti-taxe »
Interrogé, SFR ne communique pas la part des abonnés concernés mais indique à La Tribune que seule « une minorité » de ses clients sont touchés, sur ses 5 millions d'abonnés ADSL, qui ont pour la plupart une offre « triple-play » incluant déjà une option TV. Pour mémoire, SFR avait instauré en septembre 2012 une « option TV » payante (3 euros), copiant Free qui avait initié le mouvement en lançant sa Freebox Revolution fin 2011. Une astuce destinée officiellement à ne pas faire payer la télévision aux abonnés n'ayant pas le débit suffisant pour l'IP TV, permettant surtout de contourner la taxe sur les services de télévision appelée « TST », qui alimente le Centre national du cinéma (CNC). Toutefois, une réforme de cette taxe, principale ressource du CNC, avait mis fin à ce contournement au 1er janvier 2014.
Droit à résiliation sans frais
Il pourrait tout de même s'agir de près d'un million de clients concernés, avance un analyste. Le numéro deux français des télécoms pourrait alors augmenter mécaniquement son « ARPU », son revenu moyen par abonné, de 1 euro par mois, donc son chiffre d'affaires de l'ordre d'une douzaine de millions d'euros sur douze mois - un coup de pouce modeste par rapport aux plus de 11,5 milliards d'euros annuels de Numericable-SFR, mais toujours appréciable pour l'"Ebitda", l'excédent brut d'exploitation.
D'ailleurs, les supporters de Free se frottaient les mains sur la Toile, imaginant que les résiliations pourraient profiter au fournisseur d'accès contrôlé par Xavier Niel. Bouygues Telecom, qui casse les prix dans le fixe depuis mars dernier, pourrait également récupérer ces clients déçus, que Numericable-SFR préfère peut-être voir partir au profit d'abonnés plus rentables. En effet, le groupe présidé par Patrick Drahi met désormais en avant dans le fixe les seules offres très haut débit de Numericable et sa box, estampillée du logo SFR, qui rapportent en moyenne 42 euros (hors promotion), contre 32 euros chez SFR.
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