5G : les opérateurs allemands vent debout contre le régulateur

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Selon le journal Die Welt, Deutsche Telekom a engagé une action en justice contre le régulateur de réseaux allemand pour dénoncer les préconditions demandées aux opérateurs pour participer aux enchères relatives aux services mobiles 5G.
Selon le journal Die Welt, Deutsche Telekom a engagé une action en justice contre le régulateur de réseaux allemand pour dénoncer les préconditions demandées aux opérateurs pour participer aux enchères relatives aux services mobiles 5G. (Crédits : Wolfgang Rattay)
Deutsche Telekom, Vodafone et Telefonica fusillent les règles d’attribution des fréquences 5G. Ils fustigent le fait que d’autres groupes ne disposant pas de réseau propre puissent participer aux enchères, ainsi que certaines obligations de couverture.

La pilule est beaucoup trop dure à avaler. Outre-Rhin, les opérateurs mobiles ont déchanté en découvrant, récemment, les conditions d'attribution des prochaines fréquences 5G. À leurs yeux, celles-ci pourraient bien durablement plomber leurs affaires. Très remontés, Deutsche Telekom, Vodafone, et Telefonica Deutschland, les cadors allemands du mobiles, n'ont pas hésité à poursuivre le régulateur des réseaux pour signifier leur colère.

Les opérateurs dénoncent plusieurs prérequis. Le premier, c'est que les entreprises qui ne disposent, à ce jour, d'aucun réseau en propre, pourront participer à l'appel d'offres et décrocher puis utiliser des fréquences. Ainsi, des industriels d'autres secteurs pourraient disposer de licences pour développer des applications ciblées. On pense, notamment, à des acteurs de l'automobile - sachant que les réseaux 5G sont perçus comme un catalyseur pour la voiture autonome -, ou de la ville intelligente.

En France, l'Arcep, le régulateur des télécoms, affirme depuis des mois qu'il réfléchit aussi à ouvrir l'appel d'offres pour les fréquences 5G à des industriels autres que les opérateurs. Et pour cause : la 5G ne concernera pas, selon les spécialistes, que le grand public.

« De fait, la 5G va accoucher d'un changement de business model chez les opérateurs, affirmait Sébastien Soriano, le président de l'Arcep, mi-septembre dans nos colonnes. Il ne s'agira plus seulement de vendre des forfaits aux particuliers, mais d'apporter aussi des briques de connectivité sur mesure aux acteurs de la ville intelligente, de l'industrie 4.0 ou de la voiture autonome. »

Un sujet sensible

L'autre point qui fait particulièrement jaser chez les opérateurs allemands est lié aux obligations de déploiement. Le régulateur allemand a notamment fixé comme condition, pour ceux qui auront décroché des fréquences au printemps prochain, que 98% des ménages et l'ensemble des grands axes de transport disposent d'une couverture de 100 mégabits par seconde d'ici la fin 2026. Ce qui va nécessiter un énorme effort d'investissements.

L'attribution des fréquences 5G est un sujet particulièrement sensible pour les opérateurs. En France, les opérateurs sont sur le qui-vive. Outre des prix élevés, ils redoutent que l'État fixe de coûteuses obligations de couverture importantes. Alors que l'Arcep est en train de finaliser des consultations publiques au terme desquelles les modalités d'attribution des fréquences 5G seront définies, Didier Casas, le chef de file de la Fédération française des télécoms, a récemment appelé l'exécutif à faire attention.

Selon lui, si l'Arcep et le gouvernement choisissent d'organiser des enchères financières, et mettent en place des règles destinée à faire flamber le prix des fréquences, les opérateurs « n'auront pas le choix et les achèteront. Mais c'est autant d'argent qu'ils ne mettront pas dans le déploiement des technologies », a-t-il prévenu.

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a écrit le 08/01/2019 à 13:39 :
Ce que les opérateurs allemands fustigent, c'est le 'red carpet' pour le nouvel entrant qui n'aurait même pas, à la limite, l'obligation de déployer un réseau. Un super coucou...

Même Niels ne l'a pas rêvé, quoiqu'il pourrai avoir l'idée dans ces conditions d'investir en Allemagne !
a écrit le 07/01/2019 à 22:19 :
L’allemagne qui accueille un nouvel opérateur telecom alors que les vieux de la vieille français comme Richard d’Orange pleurent pour supprimer un concurrent en France. La crainte de voir leurs larges émoluments menacés par leur incompétence à entretenir la poule aux œufs d’or du business des télécoms.
a écrit le 07/01/2019 à 14:18 :
Or il est évident que plus le nombre d'acteurs économiques différents pourront s’approprier la 5g et plus les prix baisseront puisque du coup la 5g sera éclatée en diverses parties techniques et commerciales.

Drôle d'attitude de la part de ces opérateurs allemands, à trop être habitués à se faire subventionner par l'état et l'europe on fini par être incapable de se gérer soi même paniquant à la moindre secousse.

Incroyable ce réflexe de la part pourtant de multinationales ultra puissantes qui au lieu d'y voir des possibilités de stratégies différentes et donc d'exposer ses compétences ont peur de tout non ? Ça ne ferait pas que confirmer ce que je dis par hasard ?

"Tout est bruit pour celui qui a peur." Sophocle
Réponse de le 07/01/2019 à 17:35 :
" Or il est évident que plus le nombre d'acteurs économiques différents pourront s’approprier la 5g et plus les prix baisseront puisque du coup la 5g sera éclatée en diverses parties techniques et commerciales.", en quoi est-ce évident?

Ce qui permet de faire baisser les prix, ce sont les gains de performance. Une concurrence excessive entre les acteurs d'un marché se fait au détriment des salaires des personnes les moins indispensables.

D'ailleurs, n'hésitez pas à aller voir votre patron pour demander une baisse de salaire afin d'améliorer sa compétitivité et de faire baisser ses prix.
Réponse de le 07/01/2019 à 17:56 :
"Ce qui permet de faire baisser les prix, ce sont les gains de performance"

Les "gains de performance" ça ne veut strictement rien dire mon gars. Par ailleurs je parle de concurrence et vous parlez de concurrence "excessive", déjà vous déformez mes propos parce que vous n'êtes pas en mesure de comprendre ce que j'explique et c'est vraiment grave. DU coup vous essayer de le faire rentrer dans une de vos cases connues.

Merci à vous de nous démontrer que vous êtes un néolibéral à savoir un croyant en économie et non un sachant. Même si ça reste épuisant et que nos lrem sont en train de ravager le pays avec cette religion.

"D'ailleurs, n'hésitez pas à aller voir votre patron pour demander une baisse de salaire afin d'améliorer sa compétitivité et de faire baisser ses prix. "

Selon son salaire, s'il est trop gros bien entendu que sans hésiter j'irais lui dire de le baisser. Cela améliorerait sa compétitivité et lui redonnerait une meilleur crédibilité vis à vis de ses salariés que le fait de ne pas être pris pour des mulets ne peut que motiver.
a écrit le 07/01/2019 à 13:52 :
Les enchères sur les fréquences sont comme un impôt préalable et définitif sur les revenus futurs des opérateurs. Dans tous les cas, c'est une très bonne affaire pour l'Etat, mais peut devenir une très mauvaise affaire pour les utilisateurs dans au moins deux cas: 1. les opérateurs ont trop parié sur les revenus des nouvelles technologies et n'ont plus les moyens d'investir dans le réseau, 2. Des opérateurs éventuels n'ont pas imaginé l'intérêt pour eux de la nouvelle technologie et vont devoir reverser aux lauréats des appels d'offre des royalties injustifiées pour l'utilisation des réseaux, sorte de surprime aux parieurs. Dans les deux cas, l'avidité de l'Etat retarde le développement de la technologie auprès des utilisateurs.

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