Attribution des fréquences 5G : les opérateurs sur le qui-vive

Didier Casas
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C'est un avertissement. Ce lundi, Didier Casas, le président de la Fédération française des télécoms (FFT), a appelé l'État « à la raison » concernant l'attribution des fréquences 5G aux opérateurs, qui devrait intervenir à partir de la mi-2019. Son inquiétude ? Que le gouvernement utilise ce levier pour doper ses revenus, et demande, ainsi, un effort financier particulièrement important à Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Pour rappel, les fréquences sont indispensables aux opérateurs pour proposer leurs services de communications mobiles. Elles appartiennent à l'État, qui les leur loue soit contre des espèces sonnantes et trébuchantes, soit contre des obligations de couverture et d'investissements.
Or Didier Casas, par ailleurs directeur général adjoint de Bouygues Telecom, sait bien qu'en ces temps de disette budgétaire, une attribution de fréquences constitue une importante opportunité pour le gouvernement de se renflouer. C'est particulièrement vrai depuis que le mouvement des « gilets jaunes » est monté en puissance, et a contraint l'exécutif à prendre des mesures, coûteuses, pour améliorer le pouvoir d'achat des foyers les plus modestes.
Alors que l'Arcep, le régulateur du secteur, est en train de finaliser des consultations publiques au terme desquelles les modalités d'attribution des fréquences 5G seront définies, Didier Casas tire la sonnette d'alarme. Ou rappelle, plutôt, « une thèse de bon sens » : « Soit on met de l'argent dans les redevances pour les fréquences 5G, soit on met de l'argent dans les équipements [et le déploiement de cette technologie, Ndlr]. »
Selon lui, si l'Arcep et le gouvernement choisissent d'organiser des enchères financières, et mettent en place des règles destinée à faire flamber le prix des fréquences, les opérateurs « n'auront pas le choix et les achèteront ». « Mais c'est autant d'argent qu'ils ne mettront pas dans le déploiement des technologies, prévient Didier Casas. Et il ne faudra pas nous dire, ensuite, que les opérateurs sont en retard. » Ce qui pourrait être le cas, selon lui, « si on nous donne des chaussures de ski pour courir un 100 mètres ».
Car, d'après Didier Casas, les investissements liés au déploiement de la 5G seront, outre les fréquences, particulièrement élevés. « Il y aura beaucoup de choses à changer dans les réseaux mobiles des opérateurs », affirme-t-il. Ce qui n'était, selon lui, pas autant le cas lors des déploiements de la 3G ou de la 4G.
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Le président de la FFT a également balayé certaines accusations de « retard » de l'industrie française des télécoms en matière de 5G. « Les fréquences 5G n'ont pas encore été attribuées aux opérateurs, a-t-il lancé. Donc, à ce stade, je récuse l'idée selon laquelle nous serions en retard. » Une pique notamment adressée à l'Arcep. Il faut dire que son président, Sébastien Soriano, qui a la main sur le processus d'attribution des fréquences, a estimé, en septembre dernier, que certains opérateurs n'en faisaient pas assez en matière de 5G :
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