Alors que le régulateur des télécoms a donné le coup d’envoi de l’attribution de nouvelles fréquences 4G et 5G aux opérateurs de l’île, Orange et SFR souhaitent qu’elle soit repoussée en raison d’une probable interdiction totale de l’équipementier chinois Huawei. De son côté, Zeop, le dernier entrant sur le marché du mobile, tire à boulet rouge sur ces enchères. Selon lui, les règles de cette attribution menacent sa compétitivité.A La Réunion, les enchères de fréquences mobiles font l'objet d'une importante guerre d'influence. En décembre dernier, l'Arcep, le régulateur des télécoms, a lancé une procédure de vente de spectre 4G et 5G aux opérateurs de l'île. Jusqu'à présent, le gouvernement comptait sur une attribution des fréquences d'ici à la fin du printemps, pour permettre aux 900.000 habitants du département d'Outre-Mer de bénéficier de la 5G au début de l'année prochaine. Problème : ce calendrier, tout comme les modalités d'attribution du spectre, font l'objet de sévères critiques des opérateurs.
Pour Orange, SFR, Free et Zeop, le dernier entrant sur le marché du mobile à La Réunion, ces enchères sont pourtant cruciales. Elles concernent d'abord des fréquences 4G situées dans la bande basse des 700 MHz. Aussi appelées « fréquences en or », celles-ci ont la particularité de porter très loin (ce qui limite le nombre d'antennes à déployer), et de pénétrer correctement à l'intérieur des bâtiments. En parallèle, les fréquences 5G mises en vente sont les mêmes que celles récemment attribuées en métropole. Elles se situent dans la bande haute des 3,5 GHz, et permettent d'atteindre des débits très élevés.
Vers un démantèlement des antennes Huawei
Selon nos informations, Orange et SFR ont toutefois demandé au gouvernement de repousser les enchères. Pourquoi ? Parce qu'à La Réunion, les deux opérateurs utilisent des antennes et infrastructures du géant chinois des télécoms Huawei. Or, celui-ci est en passe d'être totalement banni de l'île pour la 5G. Selon une source proche du dossier, Orange n'a pas reçu les autorisations pour continuer à travailler avec l'équipementier chinois. Il est très probable qu'il en sera de même pour SFR. Mais aussi pour Zeop, qui déploie son réseau avec Huawei. Cette très probable interdiction obligerait les techniciens d'Orange et de SFR à remplacer sans délai toutes leurs antennes chinoises actuelles par celles d'autres équipementiers pour allumer la 5G. Ce qui prendra du temps, et retardera mécaniquement le lancement commercial de cette nouvelle technologie, sans doute au-delà de l'échéance de début 2022 prévue par le gouvernement... Free, en revanche, n'est pas concerné par ce problème, puisqu'il utilise les antennes et équipements du finlandais Nokia.