Attribution de la 5G : Niel alerte sur un risque d’éviction de Free

Xavier Niel, le patron et fondateur d'Iliad, la maison-mère de Free.
Reuters

Xavier Niel, le patron et fondateur d'Iliad, la maison-mère de Free.
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Après le coup de gueule de Bouygues Telecom, place à celui de Free ! Ce mardi, Xavier Niel, son patron et fondateur, a profité d'un point presse de présentation des résultats semestriels de son bébé pour dézinguer le schéma, non définitif, d'attribution des fréquences 5G aux opérateurs. Dans le sillage de Bouygues Telecom qui l'a copieusement fustigé la semaine dernière, le chef de file d'Iliad, la maison-mère de Free, a qualifié cette procédure de possiblement « mortelle ». « On a l'impression que cet appel d'offres a été mis en œuvre pour nous détruire Bouygues et nous », a-t-il canardé.
Xavier Niel estime que les règles du jeu présentées par l'Arcep à la mi-juillet, et qui font encore l'objet d'une consultation, favorisent trop Orange et SFR, aux dépens de Free et de Bouygues Telecom. Le risque, d'après le patron d'Iliad, c'est que l'opérateur historique et celui de Patrick Drahi, respectivement numéros un et deux des télécoms en France, utilisent leur force de frappe financière pour glaner beaucoup plus de fréquences 5G que leurs rivaux. Ce qui leur permettra, au final, de proposer une qualité de service mobile très supérieure. Et par voie de conséquences, de leur siphonner un grand nombre d'abonnés dans les années à venir.
Pour comprendre l'inquiétude de Xavier Niel, il faut se plonger dans la tambouille du schéma d'appel d'offres imaginé par l'Arcep, le régulateur des télécoms. Au total, quelques 310 MHz de fréquences 5G seront mises en vente à l'automne. La procédure d'attribution se déroulera en deux temps. En premier lieu, chaque opérateur pourra décrocher un gros lot de fréquences, d'une taille à définir allant de 40 MHz à 60 MHz, à prix fixe. Dans un second temps, les fréquences restantes seront vendues aux enchères, par lots de 10 MHz, avec un prix minimum. Enfin, chaque opérateur sera limité à un portefeuille maximal de 100 MHz de fréquences.
Le problème, souligne Thomas Reynaud, le directeur général d'Iliad et bras droit de Xavier Niel, c'est que « dans les consultations initiales », l'Arcep et l'État semblent privilégier des blocs de 40 MHz pour la première partie de la procédure d'attribution. Ce qui fait hurler Free comme Bouygues Telecom. Main dans la main dans ce dossier - ce qui ne manque pas de sel au regard de la forte et ancienne rivalité entre les deux groupes -, ils redoutent que dans ce cas de figure, Orange et SFR se livrent à une course à l'échalote dans la seconde partie de la procédure d'attribution, afin d'empêcher au maximum leurs rivaux d'accéder aux précieux blocs de 10 MHz. Dans cette hypothèse, Orange et SFR pourraient, par exemple, se retrouver chacun avec 100 MHz de fréquences 5G, contre seulement 50 et 60 MHz pour Free ou Bouygues.
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Un scénario noir que Xavier Niel et Thomas Reynaud veulent à tout prix éviter. Ainsi, « nous voulons a minima (des blocs de) 60 MHz » pour la première partie de la procédure d'attribution, insiste le DG d'Iliad. « Il faut impérativement éviter des enchères mortelles », renchérit-il, soulignant qu'« il y a une asymétrie en termes de puissance financière entre d'une part l'opérateur historique et SFR, et d'autre part les deux autres acteurs ». À l'en croire, si Orange et SFR devaient récupérer trop de fréquences 5G, la concurrence serait menacée sur le marché des télécoms.
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Ce serait particulièrement vrai, poursuit-il, sur le marché des télécoms professionnelles. Un segment où la 5G s'avère prometteuse, et qui est, aujourd'hui, ultra-dominé par Orange et dans une moindre mesure par SFR. « Ces discussions peuvent paraître assez techniques, enchaîne Thomas Reynaud. Mais la construction de cet appel d'offres est essentielle pour la définition du paysage des télécoms en France pour les prochaines années. »
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