Avions connectés : un marché prometteur, mais encore peu mature

 |   |  591  mots
Air France offre aujourd'hui une solution de connectivité à bord de ses Boeing 787.
Air France offre aujourd'hui une solution de connectivité à bord de ses Boeing 787. (Crédits : DR)
Au Paris Air Forum, organisé jeudi 21 juin par La Tribune, Aéroports de Paris et Forum Media, des dirigeants d'Air France, de Thales et de SES ont fait le point sur les difficultés technologiques et économiques qui restent à lever pour permettre aux passagers de surfer sur Internet en vol comme ils le font sur la terre ferme.

Il y a du pain sur la planche. Connecter des avions et permettre aux passagers de surfer sur Internet comme ils le font sur la terre ferme constitue un marché particulièrement prometteur. Mais pour y arriver, les compagnies aériennes, les opérateurs télécoms et spécialistes de la sécurité font face à de nombreux défis. Voilà, en somme, ce qu'il est ressorti d'une table ronde sur les avions connectés, organisée par La Tribune, Aéroports de Paris et SES, au Paris Air Forum, jeudi 21 juin dans la capitale.

Directrice générale adjointe client d'Air France, Anne Rigail n'y est pas allée par quatre chemins. Si connecter les avions est devenu une priorité pour sa compagnie, explique-t-elle, il s'agit d'une "grande aventure", qui reste à écrire, étant donné que "le marché est encore très peu mature".

La connectivité, "un critère de choix"

Aujourd'hui, disposer d'Internet à bord est devenu "un critère de choix d'une compagnie aérienne", souligne-t-elle. C'est pourquoi, aujourd'hui, Air France a, dit-elle, connecté ses Boeing 787 avec Panasonic.

"Cet automne, nous allons déployer une solution de connectivité avec Gogo, ainsi qu'un système de WiFi à bord pour nos Boeing 777 et nos Airbus A330", poursuit-elle.

En parallèle, Anne Rigail précise qu'Air France travaille aussi avec l'opérateur français Orange et le spécialiste des contenus Global Eagle Entertainment pour connecter ses flottes de moyen-courriers.

Outre offrir Internet au passagers, connecter les avions constitue, pour Air France, un moyen d'améliorer et d'étoffer sensiblement son offre et son expérience client. La compagnie y voit une opportunité d'apporter plus de contenus (des films, des jeux, des émissions de télévision...) au passagers - notamment dans ses avions dépourvus d'écrans individuels. Mais la connectivité en vol permet, aussi, de compléter son offre de services, comme la réservation de taxis ou d'hôtels en vol, ou de faciliter la récupération des bagages. Air France y voit aussi un moyen de proposer plus de produits dans sa boutique Duty Free, avec la possibilité, par exemple, de se faire livrer directement chez-soi.

Économies de carburant

Pour les pilotes et les membres d'équipage, la connectivité en vol peut permettre d'accéder à un grand nombre de nouvelles et précieuses informations. Celles-ci concernent, par exemple, le trafic ou la météo (pour changer de trajectoire et économiser du carburant). Des dispositifs d'aide médicale à distance, pour soigner les passagers en vol, pourraient aussi voir le jour.

Mais aujourd'hui, le chemin est encore long pour disposer de tous ces services. C'est ce qu'a indiqué Steven Collar, le Pdg de l'opérateur de satellites de télécoms SES. Son défi ? D'abord développer des satellites moins chers et plus performants, a-t-il affirmé. Outre le débit proposé, encore bien éloigné des standards des connexions terrestres traditionnelles, les prix proposés constituent aujourd'hui un frein important à la démocratisation d'Internet en vol pour les compagnies aériennes.

Besoin de normes et de standards

Pour sa part, Vincent Megaides, directeur marketing et stratégie des activités entrainement et simulation de Thales, salue le foisonnement de nouvelles technologies qui irrigue, aujourd'hui, le marché des avions connectés. Mais dans cet écosystème complexe, qui fourmille d'intermédiaires, il estime que "l'on manque encore de normes et de standards"  pour développer le marché. Anne Rigail le rappelle : dans l'aviation, "tout ce qui est installé à bord doit être certifié, et ces processus sont toujours longs et complexes".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/06/2018 à 11:59 :
l'avion connecté, c'est l'avion qui pourra être piratable à distance ?
ça fait rêver.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :