Contrôle de Telecom Italia : affrontement en vue entre Vivendi et Elliott

Telecom italia interrompt les negociations sur l'emploi
Stefano Rellandini

Telecom italia interrompt les negociations sur l'emploi
Stefano Rellandini
Cette AG, déterminante pour l'avenir de Telecom Italia, va s'ouvrir dans un contexte électrique. Ce vendredi 4 mai, les actionnaires de l'opérateur historique italien sont appelés à renouveler le conseil d'administration du Orange transalpin. Ils vont devoir choisir entre deux listes. D'un côté, il y a celle de Vivendi, le premier actionnaire de Telecom Italia avec 24% du capital, et qui a jusqu'à présent la main sur le groupe. De l'autre, il y a la liste d'Elliott, le puissant fonds activiste américain. Celui-ci, qui propose plusieurs figures indépendantes de l'économie italienne, a grimpé début mars au capital de l'opérateur historique jusqu'à en détenir 9%. Ses responsables n'ont de cesse de critiquer « la mauvaise gestion » de Vivendi. Tandis que le groupe français, lui, juge qu'Elliott n'a pour but que de « démanteler » l'opérateur pour satisfaire des objectifs à court terme.
Ces dernières semaines, les deux acteurs n'ont eu de cesse de tenter de se discréditer respectivement, à coups de communiqués ou d'interviews dans la presse. La dernière passe d'armes concerne le maintien - ou pas - de l'actuel administrateur délégué du groupe, Amos Genish. Fin connaisseur des télécoms et jouissant d'une image de dirigeant expérimenté dans le milieu, il a été installé à la tête de Telecom Italia par Vivendi à l'automne 2017. Amos Genish a reçu, en fin de semaine dernière, le soutien quasi-total des actionnaires présents lors d'une AG ordinaire. Mais ce dernier a récemment affirmé que si Elliott décrochait une majorité de sièges d'administrateurs, sa position deviendrait « intenable » à la tête de l'opérateur. Dans une interview au Sunday Telegraph, il a déclaré que, pour lui, « la question est de de savoir si oui ou non (il a) des actionnaires et un conseil d'administration qui soutiennent le plan d'affaires ».
Or à l'en croire - et comme Vivendi, qui le soutient, ne se prive pas pour le rappeler -, Elliott ne serait pas raccord avec certains points importants de son projet. L'un concerne en particulier la volonté d'Elliott de séparer le réseau Internet fixe du reste du groupe. Il y a deux semaines, l'intéressé s'est notamment expliqué au Journal du Dimanche :
Malgré cela, Elliott a plusieurs fois affirmé qu'il soutenait Amos Genish et que son « business plan » était la seule ligne à suivre. Ainsi, le fonds américain a voté, comme l'immense majorité des actionnaires, sa confiance envers le dirigeant la semaine dernière. Vivendi, pour sa part, n'a pas manqué cette belle occasion de tirer à boulets rouges contre son rival américain. La semaine dernière, le groupe de Vincent Bolloré s'est régalé dans un communiqué :
Depuis son arrivée au capital de Telecom Italia, Elliott clame que Vivendi ne gère pas correctement le groupe. Le fonds américain en veut notamment pour preuve « la sous-performance profonde et durable de l'action » Telecom Italia. Laquelle a, il est vrai, perdu 35% entre l'arrivée des membres de Vivendi au conseil d'administration en décembre 2015 et l'entrée d'Elliott. En outre, le gouvernement italien a également la dent dure à l'égard du géant français des médias. À l'instar de Carlo Calenda, le ministre italien du Développement économique, qui a qualifié Vivendi de « très mauvais actionnaire » fin mars dans La Repubblica.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

À lire également
Le géant français, de son côté, a argué que Telecom Italia était déjà en difficulté lorsqu'il en a pris le contrôle, et que l'action s'est redressée « par rapport à celle des autres opérateurs télécoms, surperformant ses pairs de plus de 17% depuis juin 2017 (sur la base de l'indice STOXX Europe 600 des télécoms) ». Quoi qu'il en soit, la balle est maintenant dans le camp des actionnaires.
(avec Reuters)