Corruption en Irak : les actionnaires d’Ericsson taclent la direction
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Börje Ekholm, le patron de file d'Ericsson.
REUTERS/Eric Gaillard.
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Börje Ekholm, le patron de file d'Ericsson.
REUTERS/Eric Gaillard.
La direction d'Ericsson va désormais travailler avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Lors d'une assemblée générale, ce mardi, Börje Ekholm et les autres membres de la direction du géant suédois des équipements télécoms n'ont pas obtenu un soutien suffisant des actionnaires pour une résolution les déchargeant de leur responsabilité juridique à titre individuel. Il s'agit, en général, d'un vote de routine. Mais les révélations récentes sur les malversations du groupe en Irak, entre 2011 et 2019, dont de forts soupçons de pots-de-vins versés à l'État Islamique, ont changé la donne. Résultat : l'état-major d'Ericsson risque d'être poursuivi en justice dans son pays.
Le résultat détaillé du scrutin n'a pas été rendu public. Mais il fallait que des actionnaires représentant plus de 10% des droits de vote votent contre pour que le vote sur la responsabilité individuelle soit perdu. Le fonds souverain norvégien, plusieurs fonds d'investissement comme Robur, Cevian, Nordea, ainsi qu'un des fonds de pension suédois AP, ont voté contre le fait de donner un blanc-seing juridique à la direction.
Cevian, qui possède 4,5% d'Ericsson a ainsi jugé que le groupe « a échoué à donner la transparence nécessaire autour de l'affaire irakienne ». « Nous manquons pour cette raison de l'information nécessaire pour faire un choix bien informé sur ce qui s'est mal passé, pourquoi, et qui doit être considéré comme responsable », a-t-il poursuivi. Ce dossier irakien a déjà coûté à Ericsson une chute de plus de 25% de son cours de Bourse, exacerbant le mécontentement actionnarial.
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Lors de l'assemblée générale, les actionnaires d'Ericsson ont toutefois reconduit la direction. Mais celle-ci est désormais très fragilisée. Fin février, au Mobile World Congress de Barcelone, Franck Bouétard, le PDG de l'antenne française du groupe suédois, a concédé que la direction était « soucieuse de ce que pourraient faire certains types d'actionnaires qui considèrent qu'ils ont perdu beaucoup d'argent ».
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