Le Mobile World Congress n'aura pas lieu. En raison de craintes liées au coronavirus, la grand-messe annuelle des télécoms et des smartphones, qui se déroule tous les ans fin février à Barcelone, a été annulée. En cette année de lancement de la 5G, les équipementiers et opérateurs télécoms ne pourront pas, comme prévu, jouer une ode à cette nouvelle génération de réseaux mobiles, qui promet de faire basculer le monde dans l'ère, dit-on, du « tout connecté ».
De fait, la 5G n'a pas été seulement pensée, à l'instar de la 3G ou de la 4G, pour connecter les hommes. Elle a été initialement développée pour prendre en charge les objets connectés, et ce de manière massive. Il y a cinq ans, Mérouane Debbah, le chef de file du laboratoire de recherche de Huawei France consacré à la 5G, détaillait cette innovation dans nos colonnes. « Les réseaux devront supporter plus de cent mille objets connectés au kilomètre carré, expliquait-il. C'est très difficile à concevoir parce qu'au final, les puces devront consommer beaucoup moins, tout en étant capable de faire à la fois du bas et du très haut débit. C'est pour cela qu'on présente la 5G comme une génération de réseaux pour les objets connectés. »
Véhicules de toutes sortes, machines-outils, téléviseurs, lampes, montres, mobilier urbain, vêtements, caméras de surveillance, drones, robots, grues, moteurs d'avions, bâtiments et routes, bétail et parcelles agricoles : une fois que la couverture 5G sera suffisante - ce qui pour les territoires ruraux prendra des années -, n'importe quel dispositif ou équipement pourra, sur le papier, être connecté au réseau. Bardés de capteurs de localisation, de température, d'hygrométrie, de mesure de vitesse ou d'usure, tous ces objets permettront d'activer des fonctionnalités à distance et d'en tirer un grand nombre de données. Une véritable mine d'or pour les industriels désireux d'optimiser leur processus de production et de gérer finement leurs actifs tout en déployant des services innovants, mais aussi pour les « villes intelligentes », qui misent sur un IoT (« Internet of Things ») mâtiné d'IA en vue d'améliorer le trafic routier, la gestion des déchets, l'approvisionnement en eau et en électricité.