Fibre optique : le deal entre l’Etat et Orange suscite la méfiance des collectivités
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Patrick Chaize, le président de l'Avicca.
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Patrick Chaize, le président de l'Avicca.
DR
Jean-Noël Barrot n'était pas peu fier de lui ce mardi à la tribune de l'Institut Pasteur à Paris. Le ministre délégué en charge des Télécoms a annoncé la signature d'un accord avec Orange pour achever la couverture en fibre de la France, lors d'un colloque de l'Avicca, association représentant les collectivités engagées dans le numérique. L'objectif est de permettre à tous les Français qui le souhaitent de bénéficier, d'ici à 2025, de la fibre optique, technologie qui fournit Internet à très haut débit. Et ce conformément à une promesse faite par Emmanuel Macron.
Devant les représentants des collectivités, Jean-Noël Barrot a rappelé que cet objectif figurait « tout en haut de sa fiche de poste ». D'après lui, ce deal avec l'opérateur historique va constituer « la pierre angulaire du droit au très haut débit pour tous », qu'il avait annoncé en fin d'année dernière. Concrètement, Orange prend des engagements pour doper la couverture en fibre des villes moyennes et des grandes agglomérations. Au total, 1,5 million de nouveaux locaux doivent, ainsi, être raccordés à cette technologie ces deux prochaines années. De quoi, d'après Jean-Noël Barrot, assurer « la généralisation de la fibre » dans l'Hexagone, et inciter les autres opérateurs (SFR, Bouygues Telecom et Free) à relancer leurs déploiements. Depuis des mois, ceux-ci ont beaucoup ralenti - ou se sont tout bonnement arrêtés -, ce qui inquiète les pouvoirs publics.
À lire également
Du côté des collectivités, en revanche, pas question de sabrer le champagne. Sénateur de l'Ain (LR) et président de l'Avicca, Patrick Chaize se montre méfiant. Interrogé par La Tribune, le parlementaire salue cet accord avec Orange. « Mais l'important, c'est qu'il soit respecté », insiste-t-il. L'un des engagements d'Orange vise à démocratiser un « raccordement sur demande ». Les particuliers qui le souhaitent pourront demander à être raccordés à la fibre dans un délai de six mois. Le problème, d'après Patrick Chaize, c'est qu'« Orange n'a pas, aujourd'hui, le modèle industriel qui permet de répondre à cet engagement ». « Il y a une révolution culturelle et interne à faire chez l'opérateur », poursuit-il. « Va-t-il y parvenir ? C'est un sacré challenge... ».