Huawei, le révélateur d’une Europe « en ordre dispersé »

Encheres 5g: d.telekom porte plainte contre l'etat allemand
Yves Herman

Encheres 5g: d.telekom porte plainte contre l'etat allemand
Yves Herman
Chaque État membre fait sa cuisine dans son coin. Alors que l'Europe s'interroge sur la place à donner à Huawei dans les réseaux 5G, sur fond de soupçons d'espionnage pour le compte de Pékin, l'Institut Montaigne critique l'incapacité du Vieux Continent à définir, puis à défendre d'une même voix, une ligne commune. Les auteurs de la note soulignent que dans les télécoms, Bruxelles s'applique essentiellement à défendre une forte compétition entre les opérateurs dans les marchés nationaux. Si cette politique est bénéfique pour le consommateur européen, qui paye moins cher son abonnement mobile, l'Institut Montaigne la juge insuffisante pour encadrer et développer correctement le marché. En témoigne notamment, selon les auteurs, la diversité des approches concernant la sécurité des réseaux 5G.
C'est la raison pour laquelle certains pays, comme le Portugal, l'Italie, l'Espagne ou la Hongrie, sont pour l'heure plutôt favorables à une participation de Huawei dans la 5G. Certains, comme le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, ne veulent pas exclure l'équipementier chinois, mais souhaitent limiter son empreinte. Tandis que d'autres, comme la Norvège, comptent bloquer le dragon chinois.
De son côté, l'Institut Montaigne appelle l'Europe à « agir en fonction du principe de précaution ».
En France, par exemple, les opérateurs n'ont déjà pas le droit de recourir à Huawei pour les « cœurs de réseaux », des infrastructures sensibles où transitent toutes les communications.
Les auteurs de la note reviennent aussi sur un autre domaine où, dans les télécoms, l'Europe avance « en ordre dispersé », et en paye selon eux les pots cassés : le marché des enchères pour les fréquences mobiles.
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L'institut Montaigne est loin d'être le seul à déplorer l'absence d'une politique européenne commune concernant l'attribution des fréquences 5G. En septembre dernier, dans un entretien à La Tribune, Sébastien Soriano, le président de l'Arcep, le régulateur français des télécoms, s'est montré déçu que les États membres n'aient pas réussi à s'entendre. Il estimait alors que si, à Bruxelles, « il y a eu une vraie prise de conscience politique » concernant l'importance de la 5G dans les années à venir, « nous sommes un peu retombés dans les travers de l'Union européenne » :
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